MADELON
Mou Dieu! que vous êtes vulgaire! Pour moi, un de mes étonnements c'est que vous ayez pu faire une fille si spirituelle que moi *.
Et, comme si sa pensée n'était pas assez claire, dans la scène suivante, elle dit à Cathos :
Que veux-tu, ma chère? J'en suis en confusion pour lui. J'ai peine à me persuader que je puisse être véritablement sa fille, et je crois que quelque aventure un jour me viendra développer une naissance plus illustre ^.
Est-il possible de peindre l'effet des romans mauvais, des romans extravagants, par une circonstance plus saisissante?
Quelquefois, c'est un portrait que Molière met dans la bouche d'un personnage. Les traits choisis, recueillis à cet effet, s'assemblent, se composent sous sa main en un tout d'un relief extraordinaire, et alors la figure va bien au delà de ce qu'il veut peindre. Tel est le portrait de M. Purgon ; le voici, je veux vous le lire. Voici M. Purgon, le médecin systématique.
Voire Monsieur Purgon, par exemple, n'y sait point de finesse; c'est un homme tout médecin, depuis la