‹ Molière. PréfChapitre 31 sur 58 · Ibid., se. V : « Cathos · texte numérisé non relu

Ibid., se. V : « Cathos

tête jusqu'aux pieds, un homme qui croit à ses règles plus qu'à toutes les démonstrations des mathématiques, et qui croirait du crime à les vouloir examiner; qui ne voit rien d'obscur dans la médecine, rien de douteux, rien de difficile, et qui, avec une impétuosité de prévention, une raideur de confiance, une brutalité de sens commun et de raison, donne au travers des purgations et des saignées, et ne balance aucune chose. Il ne lui faut point vouloir de mal de tout ce qu'il pourra vous faire; c'est de la meilleure foi du monde qu'il vous expédiera, et il ne fera, en vous tuant, que ce qu'il a fait à sa femme et à ses enfants, et ce qu'en un besoin, il se ferait à lui-même *.

Ce n'est pas seulement le médecin systématique qui est peint ici : ce portrait, devenu, tout en restant particulier, si général, c'est celui de l'esprit de système : il s'y trouve peint, saisi, exprimé en toute chose. On y voit, non seulement l'entêtement dans la médecine, mais encore l'entêtement dans tous les genres et dans tout le domaine de l'esprit humain.

Même sûreté, même puissance de Molière à recueillir, à rassembler, par le jeu du dialogue, autour d'une de ces figures qu'il crée toutes

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