‹ Molière's Les précieuses ridiculesChapitre 21 sur 46 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

marques. Tâtez un peu, de grâce; vous sentirez quelque coup, c'était là.

CATHOS

Il est vrai que la cicatrice est grande.

MASCARILLE

Donnez-moi un peu votre main, et tâtez celui-ci, là, justement au derrière de la tête: y êtes-vous? 5

BCADELON.

Oui: je sens quelque chose.

C'est un coup de mousquet que je reçus la dernière campagne que j'ai faite.

JODELET

Voici un autre coup qui me perça de part en part à l'attaque de Gravelines.* lo

MASCARILLE, mettant la main sur le bouton de son haut-de-chausses.

Je vais vous montrer une furieuse plaie.

MADELON

Il n'est pas nécessaire: nous le croyons sans y regarder.

MASCARILLE

Ce sont des marques honorables, qui font voir qu'on est

CATHOS

Nous ne doutons point de ce que vous êtes.

MASCARILLE

Vicomte, as-tu là ton carrosse?

JODELET

Pourquoi?

MASCARILLE

Nous mènerions promener ces dames hors des portes,^ 5 et leur donnerions un cadeau.^

Nous ne saurions sortir aujourd'hui

MASCARILLE

Ayons donc les violons pour danser.

JODELET

Ma foi, c'est bien avisé.

MADELON

Pour cela, nous y consentons; mais il faut donc lo quelque surcroît de compagnie.

MASCARILLE

Holà! Champagne,' Picard, Bourguignon, Casquaret,

Basque, la Verdure, Lorrain, Provençal, la Violette! Au

diable soient tous les laquais! Je ne pense pas qu'il y

ait gentilhomme en France plus mal servi que moi. Ces

15 canailles me laissent toujours seul.

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