DEUXIEME PARTIE
Ainsi, vous comprenez déjà sur quelle forme se modèle mon travail.
Je me propose d'examiner la science scénique au point de vue où elle a une action avantageuse sur l'ordre public; ce n'est qu'alors qu'elle intéresse les honnêtes gens.
J'envisagerai donc l'art de Molière sous les diverses physionomies caractéristiques qu'il a revêtues en France.
D'abord employé dans toute sa valeur sous Molière, et brillant dans tout son jour, quand il vint en aide aux desseins de haute civilisation d'un grand Prince.
Après Molière, nous l'observons dans la rapide décadence qui suivit ce premier élan, dès que l'art cessa d'aider de ses spirituelles leçons la cowr et l'autorité, qui ne s'en passèrent qu'en perdant beaucoup de leur force et de leur considération.
Nous le verrons ensuite encore plus humilié, mais se relevant aussi fier que sous Louis XIV, auxiliaire d'un principe contraire à la monarchie (le parti philosophique, Beaumarchais, etc.).
Puis nous l'apercevons éperdu dans les tempêtes politiques, et sans espoir de faire entendre sa voix au milieu de vices qui se tachent de sang !
Il est peut-être plus à plaindre encore sous la censure impériale, car il n'ouvrit la bouche qu autant qu'il le fallait pour respirer sans mourir. ,
Enfin, après un coup d'œil sur les révolutions littéraires de la Restauration, nous résumerons les réflexions qui naissent pour nous de l'aspect plus stable de l'époque actuelle.