LE DOMESTIQUE
Aoaste est lâ-bas.
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ffé bietijjfaites monter,.^..
momsre:.
Quoi} Vùn ne peut famais tiosu parlm
[4te; à tètêl
Qîm. vers ee tumpa qno Moli^ 09«« mença le Misanthrope^ ce fut sa Q(|iisQta«
tien pendant trctti aonéca; c*eM là' qv'il aQUl4ge«it 800 âme^ qu'il àépo^ii »# ^ Vti^ têtues.
Outre IdE Critique de FÉeoh iet fmlmm^ ^u oïdis de mai ]6éi3| il a?i^t doQa4« M^ octobre suivent, l^Imprompiu dû V^rmh les; nouvelles explications chiM*ni9Qt.tl
enf'Qre, ineis évidemment fiftcf feis écrites à la h^tt» peur Aire, teice le^ %Umi9svs<
Nous avons vu à quoi cela réussit.
LB MAHQtHS.
Chevali,erJ
Quel I
SON THÉATRl |BT SCirT MÉNAGR. | \(^
Juge-nous un peu sur une gageure qu^ nous avons faite.
- k.B 6HBVALIBR.
LG. MARQUIS.
N<|us 4îf ratfflS m esï le wrcjwfî 4^ {^ GWllf »^, dç Wo^ièr^ : a g^|[e q\j,^ U'ç3|
«ii» Çt «ftQi j^ gajif w^ tfes; lui.
Et moi je juge que ce n'est ni l'ua-iii l'autre; vous èties ibys t^iis deux de.v^uleir vous Appliquer ces sortes de ehoses, et TQilà de quoi j'ouh l-^utiie jouo- se plaindre MoIidre,<parlaatâ des peisonaqfs qui le chargeaient de mèmt ehqs&.rque vous. Il disait'que rœn-nelui donne* dû déplaisir comme d'iètrei«ccuséde'i'egarder quelqu^un dans l^s ponr&its qu'il fatt.^7.
que tous les personnages qif^il' représeate sont des personnages en Pair et 'àt% hn^tomes proprement qu'il habille, a . sa fantaisie , etc., etc.
I20 MOLliUB
Les ennemis, cependant, n'en avaient pas fini; il leur restait à frapper le coup de grâce.
Dans les derniers jours de décembre i663, un Montfleury, de l'hôtel de Bourgogne, présenta au roi une requête contre Molière, dans laquelle il l'accusait d'avoir épousé sa propre fille« après avoir vécu en concubinage, autrefois, avec la mère, qui était, disâit-il, Madeleine Béjart. Et l'infôme bruit aussitôt se répandit par la ville... Que se passait-il, cependant, dans l'âme du poète? Tous attendaient sa réponse, la demandaient â grands cris..
Molière gardait le silence.
Mais le roi, qu'en pensait-il ?
Il ne venait de réponse de nul côté, et l'on commençait à être fort surpris, lorsque :1e .28 février suivant (1664), deux mois: après la requête de Montfleury, li France vit son roi, Louis le Grand, avec
phis belle et. plus aimée princesse du monde, Henriette .d'Angleterre, tenir sur les fonts baptismaux le premier -né de son grand comédien. L'enfant reçut le nom de Louis i
SON TH^iTRE ST SON MÉNAGB« 121
u commencement de 1664, il donna au Louvre le Mariage forcé, avec grand .speci;acle; Louis XIVj et ^es courtisans y dansèrent. La pièce, ^epcésente'e en trois actes devant la cour, fut réduite en un seul pour être jouée à la ville. Molière y &isait Sganarelle : encore un pauvre homme tourmenté par la coquetterie de celle qu'il aime. . -
L'amitié a bpau le détourner de ce mariage, il n'écoute que sa fantaisie. A la vérité, il n'est pas sans inquiétude sur les allures de Dorimène, Tout soucieux il rêve... la Beauté lui apparaît en songe et lui chante :
Si Tamour voas soumet à ses lois inhumaines,
Choisissez, en aimant, un obfet plein d'appas :
Portez au moins de belles chaînes.
laa uounnic
Oui! — mais serai-je point ....?
Il s'en va prendre conseil de deux philosophes. Les pauvres gens sont bien en état de l'entendre ! Il trouve les docteurs Marphurius et Pancrace enflammés de colère, hébétés de systèmes, prêts à se déchirer pour des mots ; et Tun d'eux, au lieu de l'écouter, lui soutient qu'il faut dire, non pas la fbrme, mais {« /fW^ d'un chapeau.
Après cela il voit -apparaître niiljif qU' mères dansant autour de lut : la jalousie^ les ehagrinSy les soupçofns^ plaisants et goguenards. - ^
ïl consulte, â la fin, le grand magicieny^ et la triste résilhë -se montre au fond àa théâtre. - - •
Au mois de mai suivant,' il représente la Princesse éNèlide^ pièce de circonstance, improvisée, comme la précédente, par ordre du roi, pour le royal divertissement des Plaisirs de Nie enchantée, fêtes admirables qui durèrent sept jours, avec jeux et cavalcades, où la troupe de Molière eut, bien entendu, sa part : MU« Duparc, WQAtçç $ur \m çbevftl 4'E?P#gOfti Y représentais Printemps; Dupare représen-
SON THÉATRB llT i^N MENAGE. |ft|
tant l'Été, suivait sur un éléphant > La Thorillière, sur un chameau, représentait l'Automne, et THiver, sur un ours, fut représenté par le sieur Béjart. De là l'intermède de Moron avec Tours : «Ahl Monsieur Tours, je istiis votre serviteur de tout mon cœur... »
Après la cavalcade, il y- eut des courses; le roi y remporta quatre prix. Après les courses, la nuit venue, il y eut d^s tol)ft«tions féeriques, éclairées par éei milUtit de flambeaux, «t servies par deUx e^ate officiers. Toutâ coup un théâtre chargé de musiciens s'éleva derrière les tables, «t la copdédie commença à^la clarté dç cinq cents girandoles vertes et argent qui portaient des bougies.
La Princesse d'Èiide^ commencée en vers, faute de temps, fut achevée en prose# Molière, devenu le divertisseur du roi, y joua le rôle de Moron, plaisant de la princesse.
134 mouIrk
ALGRé ces interruptions, le Mtsanthrope se continuait toujours ; mais cela ne suffisait plus à Molière : il méditait une œuvre dans laquelle il allait réfléchir, non plus seulement ses propres malheurs, sa propre maison, mais la société tout entière, et montrer, dans les types éternels de Cléante etd'Elmire, que la nature humaine est bonne. Ceux qui l'avaient trahi, qui lui avaient enlevé Célimène, il semble qu'il ne les vît plus que pour avoir pitié d'eux, que pour entrer avec compassion dans leur propre démence. Sa femme, il ne cessa jamais de l'aimer; il n'en pouvait parler sans larmes d'attendrissement, sur l'impossibilité où elle était, disait-ii, de vaincre sa coquetterie. Il sentait bien que de si faibles créatures emportées comme
des atomes, n'étaient pas des ennemis ponr lui. Il lui fallait tin adversaire plus digne de sa force et de son génie. Il avait attaqué le faux dans les sociétés du grand monde, il l'avait attaqué dans l'éducation des femmes; tout à l'heure, dans le rôle de Don Juan, par le spectacle de done Elvire en pleurs et des deux paysannes trompées, il allait flétrir Thypocrisie d'amour. Il Êdlait l'atteindre dans les choses du ciel. Aussi Molière ne préparaitil pas une œuvre de raillerie, mais une œuvre 4e fondation morale où la vertu devait briller dans sa force et sa grâce.
Cette œuvre était, d'ailleurs, pour lui, un bonheur. S'il n'avait pu jusqu'ici Êûre d'Armande la femme qu'il aurait voulue, au moins sur la scène il donnerait vie à son idéal. Il allait, par des fictions, se consoler de la réalité ; il allait voir sa femme tua instant être Elmire. Il conteu'terait encore son amour, en la faisant, sur le théâtre, aux yeux du public, ce qu'il n'avait pu la faire dans sa mai* son.
La joie d'élever le théâtre à ces hauteurs le soutint dans une telle entreprise; autre-
i%6 MPMm
m«at que i% àif&eaUM GDmiQMt souffrir
reit-on qv'ttft «om^dl&ft s'imbiii^ât, ea
quoique «t>ftt, daat^ le éodiaint de lia
religion } S*il felltit U: géflie pour feiécutcr
une teli^ Gsuvre^ quelle liabileté, <}ttelle
iAaiauatîoo, .auprès du roi, auprès dû
bi^ut (rfi^rgé, serait Rimais capable de là
faire ae^ptec ? Mate rien ne le put désoti*
ruger» Sqa <cœar et sa iràhscièiice l'empor*
talents. U&é fois laâctf dàais oette oeuTrë^
les choses aUètiSnt vite; là pièbe ^ih
attendue avte «nthousiasiitc d'ua côté)
arec rage de l'autre; ii ne fisilitiit pas tm*
guir% Dès 1^64^ i«6 trois premiers actes dtt
Tartuffe fuf&nt reptéseatés à Ver^lsi
d^Yaut le roi»
Les déYOta aiartnéi rèmuaielit^ pré»
lihaicaoLt : il fallait brûler Molièrev £s^utede quoi la âLmkie, la pèàte^ le délugt»..
Quêlqueismcis moin^ bruyaftte, âmee doft* -oes et béâignesf semaient^ A ptm brait> 1« poisdà. Il Tenait de s'imprimef un lifil UrrMé, dit Grimarest, doât Pautear, sH -éÀt étax:oiiiiù, était petidu t il^ lââinuèriftt doucement qu'il n'y avait pas à pufiir> putaque ce liimt[nèiito d'uiiieA|^te^^gé par 4te Majesté.
SON THÉÂTRE BT S«N MÉNAGE, f»^
li^lièM en était alors s^u iâemier acte eu Mlsautbrope, il 7 mit oat toiss :
tt <ie qui la jççture est maipe condapiingble.
Un Hvre à mériter la dernière riguenr,
^t If %vr<??. a If fram ^e w» «tire rautciif !
Et l|-4e5?^g OQ voit Qran^e q^i m^^m^r(L
Kt tache méchamment d'appujFcr l'imposture,
W qui (l'aa kan^ête homme à la can» tifnt leMoa
XIY
Bs choses en éiaient à ce point
I ' lorsque ,'rattention du public -fut détournée par une eomëdle que les Italiens se mirent ft jouer, intitulée le Festin de Pierre. Ils avaient imité cette pièee de TEspagnol Tirso de Molina ; elle fit ibptune paiidant quelque temps sur leup thëâtipe et les remit en vo^ue. Aussitôt toutes les aulpei troupes comiques et tpagiques (il y en
laS MOLIÈRE
avait alors cinq à Paris) se prirent à jouer à Tenvi des Festin de Pierre. Les Corné' diens de Monsieur voulurent en avoir un comme les autres, et ne donnèrent pas de repos à Molière qu'il ne les eût satisfaits.
Il mit donc de côté, pour quelques jours, le Misanthrope, qui s'achevait lentement, Tartuffe, qui s'avançait à grands pas, et, d'une main hardie, esquissa Don Juan, Seul, sous Louis XIV, il s'éleva dans cette pièce au-dessus des règles de l'école.
D'abord c'était une chose inouïe qu'une grande comédie en prose. Les unités, de lieu, de temps; l'usage de n'introduire les personnages qu'après les avoir fait connaître à l'avance, tout cela fut mis à néant.
On vit sur la scène un fantôme, un spectre, une statue marchante et parlante. Ici le lieu de l'action n'était plus un salon, une antichambre, l'angle' d'une rue, mais le bord de la mer, un palais, une forêt, un tombeau.
Molière voulait préparer le public au Tartuffe j il commença, dans le Festin de Pierre, à démasquer l'hypocrisie religieuse :
« L'hypocrisie est un vice à la mode, et
tous les vices à la mode passent pour vertus. Le personnage d'homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu'on puisse jouer. Aujourd'hui, la profession d'hypocrite a de merveilleux avantages.
C'est un art de qui l'importance est toujours respectée ; et quoiqu'on la découvre, on n'ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et diacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l'hypocrisie est un vice privilégié qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde et jouit en repos d'une impunité souveraine. On lie, à force de grimaces, une société étroite avec tous les gens du parti. Qui en choque un se les attire tous sur les bras...»
On sent bien à ces paroles de Don Juan que Tartuffe n'est pas loin.
Qu'était-ce, cependant, que le rôle de Don Juan, sinon la critique devenue plus sérieuse de ces marquis déjà châtiés peu après son mariage (dans la Critique de VÉcole des Femmes et dans l'Impromptu de Versailles) ? Cette fois il avait réuni, en un seul personnage, pour les flétrir d'un seul coup, les vices de tous ces cour-
l^O MOLlèM
tisans désOduvr^B qu'Aloeste voyait avec effroi toupbilionnep autour de Gélimèaa.
Feu de tomps auparavant, le fila de Lamothe Le Vayer éts^lt mort. Molière aimait ce jeune homme, il le fkisait v^nlr à Auteuil de teipps en temps, avec Chapelle et ses autres amis. Mourut-il de maladie? il aurait vu là les m^deeins, leur forfanterie à quelques-uns, leur impuissance à tous. Dans /e F^sim de ^Urfé il commença dt signaler leur dangenuie ignorance.
On lit, en effet, dans Guy*Patîn, que /M médecine de îa Vêyw lui aj^ant donné trois /jtM h vin émétifuê, V envoyèrent mi fays dPpii peinsonno ne revient,
Molière, peu de temps après, perdit sea petit Louis ; de là, peut-être encore, la terrible critiqué de l^Amour médeeie.
C'est un cri, comme ses autres pièces, parti du fond de âes entrailleâ.
SON THéATRB BT ^N MÉNAGE. I^I
artuffé^ malgré ee< intdrrup* tions, n'en ayançalt pas moins; mais quel scandale pour les zélés! On les voyait courir, tout ha^rds, aî^siégeant le Louvre, Versailles, debout à toutes les portes.
Louis XIV ne les laissait pas sans réponse : il dotait les comédiens de Molière d'une pension de sept mille livres, leur fiiisait de magnifiques présents : machints de théâtre, meubles, riches costumes; et, la méiae année, confierait à la frpupf le litre do Troupe du Roi,
Molière désirait ce titr« depuis long*temps : il prévoyait, au moment 4e représenter Tartufe^ qu'il serait pour lui la meilleure sauvegarde, et c'est en effet ce qui eut lieu. Louis XIV voulut montrer â tous que son cùmédien ne devait reeeveir
152 MOLIÈRS
d'ordres que de lui-même. Molière se sentit enveloppé dans la puissance royale.
Ce titre, à la vérité, ne fut pas sans lui causer d'abord un singulier embarras. Les mousquetaires, les gardes du corps, les gendarmes, les chevau- légers, s'imaginèrent, comme faisant partie de la maison du roi, qu'ils pouvaient entrer à la comédie sans payer, en sorte que tous les soirs ils venaient emplir le parterre de leurs colossales et tumultueuses personnes, ce qui était aux comédiens d'un tort considérable. Ceux-ci, qui toujours harcelaient Molière pour qu'il demandât des grâces au roi, le pressèrent d'obtenir un ordre qui interdît toute entrée gratuite chez eux. Molière fît cette demande avec quelque regret, peut-être : il avait tant besoin pour Tartuffe de toute la protection royale, qu'il lui déplaisait de l'user â ces bagatelles; mais considérant que ses comédiens, en effet, par ces entrées, étaient privés d'une partie de leur gain, il demanda cet ordre et l'obtint.
Mais messieurs les mousquetaires, les gardes du corps, les gendarmes, les chevau-légers 9e fâchèrent, prirent cela pour
SON THiATRS ET SON MÉNAGE. 133
un affront».. Ils pérorent, mettent la main à leurs sabres, s'ameutent, courent en troupe à la comédie, brisent les. portes, attaquent, tuent le portier, lui marchent sur le corps, le mettent en lambeaux et se ruent dans la salle, l'épée au poing, prêts à tout massacrer.
Les comédiens, effrayés sautaient par les fenêtres, se cachaient, criaient miséricorde.
Molière seul, s'avançant au-devant des furieux, sut les apaiser : son attitude noble et calme, les ordres du roi qu'il leur rappela avec sévérité, les firent rentrer en eux-mêmes, de sorte qu'ils se retirèrent un peu confus.
Les pauvres comédiens, assiégés ainsi à l'improviste, étaient encore tout transis; les femmes se croyaient pourfendues. Le plus eôrayé de tous fut un certain garçon nommé Hubert. Pour se sauver, sa femme et lui avaient fait un trou dans le mur du Palais-Royal, mais ils se disputaient à qui passerait le premier. Hubert laisse sa femme crier, se rue dans le trou ; mais sa tète seule et ses épaules purent passer, ce fut tout, le reste ne pouvait suivre. On le
1)4 MOLlèAB
timit pourtant é» dedans Ja Pal<ai§«RojwI jusqu'à le dAihirer, wittk a^avanfait. I) poussait des^ ofîs et faisait des gestiouladaas effiK>yabIes, dans l^ttento hopribie ^t il était d'un coup de sabre dans l€^ derrièpe.
Tout .s'apaisa. On agrandit TouvertuFe, il .en fut quitte pour la peur et pour dtn* iBQqué»
• Louis MIV, instruit de ee^ désordres, s'emporta, voulut punir; Molière luioea»
•aillant d'user plutôt 4o douceur, se chargea d'aeeommoder li|i-méaie l^alEEurt.
Ordre est donné à messieurs tes mous»
4)uetaireB de se rëunip le lenderaaia i midi précis, en un lieu désigfié, pour s^ entendre admonester par Monsieur df Molière* CeluiH3i vint, en efibt, leur foire la harangue. Il leur donna à entendre, avee beaucoup d*adresse, que tous les jours nombre de malheureux, abusant dv nom et de la bandoulière de messieurs les ^rdes du corps, venaient emplir le pai^ terre... ; qu'il ne croyait pas que des gentilshommes qui avaient l'honneur de sep* vir le roi dussent favoriser ees misérables contre les comédiens de Sa Majesté^ que d'entrer à la comédie sans payer, et peur
ftidai din ptr abftf ittf ^ évùt uac £tv«ur qui ^ouvAit plûre, sansdout») à dis indigeiitft) mûMM que ot a^étâit ptùnt nssumément une prétt»gativc que dt$ penooQcs de leur «ftimctè» diiiB»it mmbîtioaaer îuaqu'â ftf^madne 4u ^atig pour se là coiiseryer«, «t9«>% etc. Cette haraii^e eut son efSsc,à la MuCisl&cci<Mi des eotné^elis, et ptrBoniie ie*«atm plus ^t» payer.
VoOà au kniiieu de quelles scènes Molière «ashe^mit d'écrire le Tartufe^ et pfépanait le» reprtfMntfttiont 4u Misanthrope. Petv %6nne, plus que lui^ eepeâdant, n'cîoiait Ul vie tnn^uâle ; il le disait qiMfclqiiefâiâ à 4es wanis en se plaignant de ces agitations (|ui Tenlevaient à * la libre disposition de iuiHOiéaie. Mais^ quoi qu'il survînt, tout lui était sujet id^obsérvation. Ainsi, le ^eordrt oocasionaé dans «On théâtre par âès mousqueudres servie à lui faire miedic «oxtiprendre Un de tes eomédiens; ce fut «tt brave Habtrt^ dont nous venons û'etht&uàft lei prtkiessttd.
Le pauvi« p^çétk ne poutait fUèïte foewr p<mf'l'et§le tde la tt^upe, bien qu'il y cumulât plusieurs emplois; mais de sa Tîe ir n'avait réussi à s^snirer le .moindre
encouragement de la part du public : il était gauche, sans naturel. Molière, qui toujours chercha et s'entendit si bien à adapter ses personnages au caractère même de ses comédiens, ne savent jamais que faire de celui-ci. Mais, à la journée des mousquetaires, sa poltronnerie le frappa, et il vit où était le comique en cet homme; il comprit dès lors tout le parti qu'il pouvait en tirer. Aussi eût-il bientôt fait d'Hubert un de ses plus excellents acteurs. Le premier rôle qu'il écrira pour lui, après cette aventure, sera celui de Maître Jacques (dans TAvàre}^ ce risible cumulateur d'emplois (cuisinier, cocher), toujours tremblant, toujours battu, et voulant toujours, bien ou mal, arranger les affaires, de peur des coups.
Plus tard, l'ayant mieux connu encore, il lui fera jouer des rôles de Jemmes : de Madame de Sottenville, de Lucette (dans Pourceaugnac)^ de Madame Jourdain, de la comtesse d'Escarbagna^ de Philaminte.
Hubert, dans tous ses rôles, était inimitable, et il s'y attira les applaudissements unanimes.
Cependant tout n'était pas gai dans
l'histoire de messieurs les mousquetaires :
le pauvre portier y avait perdu la vie. Il semble que le sombre devait se mêler à toutes choses autour de Molière.
E roi lui avait promis toute sa protection pour Tartuffe; on voit néanmoins dans la préface combien d'avanies il lui fallut subir l Il laissa l'intrigue et la ruse à ses adversaires, et se plaça (comme Cléante dans sa scène avec Tartuffe), sur un terrain où ils ne pouvaient être que vaincus, celui de la loyauté. Dans sa conduite, dans ses démarches, dans ses paroles, pas une réticence.
Voilà pourquoi, auprès du roi, auprès du légat, auprès de plusieurs évèques, auprès des hommes véritablement pieux, il l'em-* porta sur toutes les machinations tortueuses.
Là tàbale, <iet>endAm) M tsèssàx p«â A*aglr : Un Môûsîèùf dt Rôchemont^ tout tf eftiblaiit de TttriuJ^-^ quoique ne Toiamt direl* publia des O^M^¥tfft'd}|« tuf wctf comédie de Molière^ intitulée mie Festin de Pierre, "k Titre hypocrite ! c'était à Tartuffe qu'il pensait. Il faut l'entendre s*écrier contre la hardiesse d'un farceur qui fait plaisanterie de la religion ^ qui fait métier de libertinage^ qui rend la majesté de Dieu le jouet d'un valet de théâtre!.,, La colère du gentilhomme, chose étrange!
éclaté tôntrté le pauvre Sganarelle, par la.
ttisoti q\xt MôUèf« joumt cô rôlô, et qu< C'était lui, Hu théâtre, que ces Mesfti^ttrs àùtaient voulu foudroyer du regard. U pièce tenfin est déclarée un àttèntiU cbntre kl sèuvé^iftet^ 4è JDièu^ tt, si l'auteur Hstt impufil, «1 1« roi Ad protège pas k Ctel té^ttt «a rébellion, tout est pendu lu.
Déjà quelques h<dUàétei gens effîuyési leuM crfà, ttveugiés comme Orgon, tou^
Paient tènttiè Moiièfei CroiraitM^n qûê
jpluiieurs pfétefidâieut) 4vee naïveté, que ift iku^seet la vraie dévotioa ayant au tiehori beâudocrp de ^siemblatice^ où af devait pas railler Tune par respetft pour
SON THÉATM RT SON MÉNAGE. Ijg
ï^BXLtfl Mais on knr vép<miMt V^ \^ vers de Molière :
Efi quoil voq9 ne fer^ pulU distinctiQn Entre l'hypocrisie et la dévotion.
Jamaia il ne a^ft^t vu un tfl ^eçtacle: le oomédieii prenant coQtr^ îes déyQfs la défense de la vrfiid piaif^ ^«tri^^^Ut rhypocrisie avec les apôtres, et déclarant aux ténébreux docteurs qu41 ignore leur art de confondre ensemble le bi^ 9t 1^ mal.
Les yçrs de Cléante étaient dans toutôs lea mémoires, circulaient de bpuçhç en bouche, et faisaient que la pièce était de jour en jour plus desiréç du pvblic; mais la 'cabale n'en était aussi que plu« épQUr vantéç çt plus violente.
Ils n'avaient rien a répondre ; iU pubUè<rent que Tauteur du Tc(,piuffe était mm démon vêtu de chair ^ habillé en homme^ UN libenhtj un impie digm 4'4tT0 krûlé publiquement.
L'archevêque Harlay de CbampvaUoi)) homme de mœurs perdues^ excommunia
MoUèrQ) dans un mandement fait exprès,
et quiconque lirait, entendrait lire ou verrait jouer Tartuffe,
Reportons-npus au temps : les bûchers n'étaient pas tous éteints encore; oa venait de brûler vif eu grève le Normand Simon Morin, pour quelques pensées mystiques. Boileau, sentant le danger, vint à Fappui de Molière ; il écrivit au roi sa noble Épître où parlant de ceux
Qui tout bUnc$ au dehors sont tout noirs au dedaos. il ajoute :
Ce sont eux que l'on voit, d'un discours insensé Publier dans Paris que tout est renversé, Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace De jouer des bigots la trompeuse grimace :
Pour eux un tel ouvrage est un monstre odieux; C'est offenser les lois, c'est s'attaquer aux deux. Mais bien que d'un faux zèle ils masquent leur fai- Chacun voit qu'en effet la vérité les blesse : [blesse, En vain d'un lâche orgueil leur esprit revêtu, Se couvre du manteau d'une austère vertu ; Leur cœur, qui se connaît et qui fuit la lumière, S'il se moque de Dieu, craint Tartuffe et Molière.
Molière restait en dehors de cette polémique. Sa pièce, s'il arrivait à la jouer, voilà où serait sa réponse :
Allez, tous vos discours ne me font point de pear, Je sais comme |e parle et le ciel voit mon cœur,
Il tenait seulement à bien faire connaître son intention dans cette pièce, et par les explications qu'il en pouvait donner, et par des lectures fréquentes chez ses amis et chez les personnes puissantes, démarches auprès du roi, conférences réitérées avec les dignitaires de TÉglise, il n^épargna rien.
Quelle avait été sa pensée ? Il avait vu Tartuffe menacer de s'asseoir à tous les foyers, il voulut le chasser. Un sentiment sacré, le respect de la famille, l'avait seul inspiré.
Au milieu de la variété des personnages, rien de plus simple que le fonds du sujet :
Orgon a été autrefois un homme d'activité et de droit sens; mais il a vieilli un peu, et, dans une position bourgeoise, il jouit, se repose... Alors Tartuffe arrive et s'en empare. Molière le dit fort bien :
Nos troubles l'avaient mis sur le pied d'homme sage: Et pour servir son prince il montra du courage. Mais il est devenu comme un homme hébété Depuis que de Tartufife on le voit entêté.
mais la loyauté veille dans Elmire et Cléante...
142 MOLlèRE
Ce que Rabelais disait de son Pantagruel^ on peut le dire de la comédie de Molière î JBon espoir y gtt. La nature humaine y est encouragée'', elle s'y voit par tout ce qu'elle a de bon et d'éternçl, dans les rôles de Gléante, de Damis, de Valère, d'Elmire,de Marianne, de Doriqç, et même dans celui du bonhomme Orgon, tout crédule qu'il est.
Ce qui fit l'importance de la pièce et souleva les cris, c'est que ce n'était plus seulement une étude du cœur hupaiû, mais une prQtestation contre les charlatans religieux, contre tous les esprits de ténèbres et d'hypocrisie. Cela seul les blessait ; que leur eût importé la religion, dont ils faisaient tant de bruit? Ehl que leur importait«-il que Scaramouche insultât Dieu sur ses tréteaux? Mais qu*on osât les jouer eux-mêmes, leur arracher le masque, voilà ce qu'ils ne pouvaient souffrir,
« Que l'intérêt est puissant, dit Bossuet, et qu'il est hardi quand il peut se couvrir Jiu prétexte de la religion ! n
Molière ne les attaqua pas seulement dans une compagnie; il vit qu'ils existaient
SON THéATRB ET SON MÉNAGE. 14)
partout, dans tous états, sous tous habits.
Aussi se contentera-t-il de nous montrer Tartuffe s'impatronisant dans la famille d'Orgon, ayant ses relations depuis Thuissier iusqu*au trQna; mais d'où vient-il?
qui est-il? à quelle classe appartient-il?
— Mystère.
Molière écrivit pour lui le rôle d'Orgon :
11 avait été sauvé par le roi de rjpipotture de Montfieury, il sauva Orgon dg Id nilQie manière des manœuvres de Tartvlff.
Noua vivcmi loos nn prin^f fiin^i if U fr«9<lf i
Il fit du tout puissant njoQarquç le Deus ejc machina de sa pièce. Elle n'en est pour nous que plus profondément historique, et peut-être y pourriçns-nous yolr l*averti3sement le plus fort qu'ait reçu la royauté en France, si;r le rôle qu'elle avait à jouer; mais dont elle s'est montrée $i peudigpe.