‹ Molière: son théatre et son ménageChapitre 8 sur 10 · MOU&RE · texte numérisé non relu

MOU&RE

OLiÈRE n'avait lu de Tartuffe^ à ses amis, que jusqu'à readroit où Orgon est caché sous la table. Comment le ferait-il sortir de dessous cette table? Cela excitait au plus haut point la curiosité, tant Ja chose paraissait à tous impossible. Elmire ferait-elle voir à Orgon? Ceci était bien fort.

.Au moment où nous sommes, le problème était résolu, la pièce est terminée.

Seulement quand serait-elle jouée? Là était rembarras. La cabale prenait autour de Molière, autour du roi lui-même, un développement formidable ; rhypocrisie enlaçait le monde de ses inextricables réseaux.

Tant que Molière fut occupé de la composition de sa pièce, il fut peut-être ie

plus heureux des hommes; mais maintenant qu'elle était achevée, il se sentait dans une sorte de solitude et de malaise.

L'âme veuve de cette grande œuvre, il eût eu besoin de trouver dans son domestique quelques consolations; mais, hélas!

son foyer était vide, plus que vide ; Armande, de plus en plus coquette et indifférente, entourée d'amants, n'avait plus en elle, pour lui, que raillerie amère et critique. Accablé de chagrins, de rebuts, il s'était vu forcé, quoiqu'il l'aimât encore, de rompre tout â fait avec elle. Ils ne se voyaient plus [que le soir à la comédie, mais, à la comédie même, dans le rôle d'Alceste, il lui dira ces vers :

Paisque vous n'êtes plus en des liens si doux Poar trouver tout en moi, comme moi tout en tous, Allez

Lui qui eût été si heureux de se sentir aimé, entouré, compris chez lui ; qui avait tant fait pour cela, qui s'était, durant seize années, préparé avec tant de soins une compagne suivant son cœur, il se voyait réduit à vivre seul, sans repos, sans consolations, domestiques, excepté.

peut-être, le souvenir dç son yieux grand-

i)ère \ mais quMtait-ce (jue des souvenir$^ orsque tout lui manquait à la fois dans le présent? Son petit Louis était mort.«.

Arniande, à la vérité, était encçinte; mais dç cruels soupçons....^

. . . Une lettre écrite pour Qronte (C^ait le comte A produit I mç» yQ^i^ pi* çlisgTftçe ^t 8% hç^te.

Accablé de tristesse, de soliti^de, MP' lièrç tQpiba malade. Sa poitrine,^ qui gvs^t toujours é;é faible, et qu'il avait t4Ut f$itiguée au théâtre, devint naturçllem^at le siège de la maladie. Tous, oppressions crachement de sang; il ne pouvait plus supporter autre po\irriturç qu'un peu ^ lait môle d'eau.

Malgré ces embarras et ces sdufiVanccs, nous Tavons vu donner coup §ur coup des çhefsrd'o^uyrç, poursuivre de front, et (^ Misanthrope, et Tarttiffe, et le festin i^ Pierre i cependant ses çopédiens 5e pUignaient : il les laissait lan^ir^ disaieotîls; sans cesse ils lui reproçhaieil^t sa lenteur à produire,

Molière, pour les contenter, autant que

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poseibitf, leur arrangea en cinq jours sa comédie de l'Amour médecin.

La pièce plut, fut applaudie, tout Paris y courut. Les médecins étaient depuis loâgt«ttips un grand sujet dé titt : ils coiiraietit crottés par là tilte) tû lotigMS robes fiôirès, né parlaient què lâtift^ et quelles belles choses disaienMU?^. lu se battaient chez leurs malades au sujet de la circulation et du vin èmétique. De plus, il venait d'y aVôir, à propos de lavements et de ^érfngué^, deui grands procès ridi»

cules des médecins d« Rouen et de Mai% seille contre les apèlhicaircS) dont toute la Ff âtice avait ri.

Otl sait; pà^ deux V«rd de Regnard, quelle était la prétention des médecins :

m ^èteliièHt dMigVf tous te» a^tkltairM A ftire et aettre ta place etx-mêmes lears clystères.

{te Légataire, acttf â, «c. x.)

L'Amour médecin fut joué en septembre 1665; Molière y remplissait le rôle de Sganarelle, ce jpère dans l'embarras...

c Champ^^gme l Champagne ! Champagiae.l.TÎtf^ qu'on nsi'aille quérir des méde-

cins, et en quantité. On n'en peut trop avoir dans une pareille aventure. Ah I ma fille ! ma pauvre fille ! >

Ils arrivent à quatre, en grande cérémo* nie; ils tâtent la malade, s'asseyent, toussent, causent : Tun de sa mule, Tautre de son cheval.

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