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GENRE SÉPIA

FAMILLE DES SÉPIIDÉS.

Corps oblong, à nageoires latérales aussi longues que lui. — Bras à quatre rangs de ventouses.)

Genre Sépia (Lin.), Seiche.

Les Seiches sont excessivement communes sur les côtes de France ; elle se rapprochent du littoral au printemps pour la ponte, qui atteint jusqu'à une centaine d'œufs en 2% heures ! Ces œufs ou raisins de mer (voir fig. 14) sont attachés aux Zostères et autres plantes marines. Les Seiches se nourrissent de poissons et de crustacés qu'elles saisissent au moyen de leurs bras tentaculaires déroulés brusquement. La Seiche, comme les autres Céphalopodes, possède une poche à encre qui communique à l'extérieur par un petit canal. Lorsqu'elle est poursuivie ou menacée, elle lance une partie de cette liqueur qui trouble l’eau et elle en profite pour s’échapper. Avec l'encre des Seiches on prépare la Sépia de Home employée dans la peinture à l'aquarelle. Les beaux dessins qui accompagnent une partie des mémoires de Cuvier sur l'anatomie des Mollusques ont été exécutés avec l'encre fournie par les individus qu'il disséquait. On a prétendu pendant longtemps que les Chinois composaient l'encre de Chine avec la liqueur des Seiches. Il est certain aujourd'hui que cette encre est surtout composée de noir de fumée.

Dans l'intérieur du dos de la Seiche se trouve ce corps plat, léger et friable (fig. 16) nommé sépion ou sépiostaire et plus vulgairement os de Seiche. Cette pla-

que se termine par une pointe saillante nommée mucro, qui sert, d’après d'Orbigny, à protéger les Seiches contre les chocs fréquents auxquels elles sont exposées en nageant en arrière. Ce sépion, que l’on trouve à certai- nes époques en grande quantité sur nos plages, est employé par les orfèvres. On le donne aussi à becqueter aux serins.

La Sepia officinalis (Lin.) (fig. 6, pl. 2) ou Seiche officinale est l'espèce la plus commune. Elle est répandue sur toutes nos côtes et est mangée par les habitants du littoral. Son sépion était jadis employé par les pharmaciens comme une base ; aujourd'hui on l'utilise pour fabriquer la poudre

de sandaraque, des poudres dentrifrices et

Fig. 16. — Sé- pour prendre des empreintes. pion de Sepia |

hs. La Sepia Filliouxi Lafont)estune grande

et belle espèce dont l'animal et le sépion se rapprochent de la Sepia officinalis. Le sépion s'en distingue par les caractères de sa face ventrale ; il est moins bombé, et les stries transversales, ondulées et concentriques à la pointe, commencent en avant de sa longueur totale. Cette Seiche arrive au printemps dans le bassin d'Arcachon, tandis que la véritable Sepia officinalis parait en automne. Elle a été signalée par Vérany dans la Méditerranée (docteur Fischer).

La Sepia Orbignyana (Fer.) Sepia elegans (Nérany) est abondante sur toutes nos côtes du Sud-Ouest ; elle est commune dans la Méditerranée.

La Sepia rupellaria (d'Orb.) Sepia biserialis (Vérany) est une petite espèce bien distincte de la précédente

par son sépion. On la trouve quelquefois dans le bassin d'Arcachon, où M. Lafont à signalé aussi une espèce plus rare, la Sepia Fischeri (Lafont).

FAMILLE DES SPIRULIDÉS.

(Corps oblong avec de petites nageoires verticales. — Coquille

enroulée, placée dans la partie postérieure du corps.)

Genre Spirula (Zam.), Spirule.

Les Spirules ne vivent que sous les tropiques, mais une espèce, la Spirula Peroni (Lam.

doit être mentionnée dans la faune de nos côtes. Sa coquille (fig. 17) est blanche, nacrée, fragile et divisée en plusieurs cloisons. Elle est amenée par le courant du Gulf-Stream et rejetée fréquemment sur nos plages de l'Océan. On

Fig. 17. — Co- À | ’ Ti quille interne de nom vulgaire de cornets de postillon. Sparte eEer

désignait autrefois ces coquilles par le

GASTEROPODES

Les Gastéropodes ont été ainsi nommés parce qu'ils sont pourvus d'un disque musculaire ou pied. Ge pied, généralement en forme de semelle aplatie, sert à ramper sur le sol par une sorte de glissement. Ce mode carac-

téristique de locomotion est celui que l’on voit chez l'Escargot de nos jardins, qui rampe par l'expansion et la contraction successive de son pied musculaire,

Les Gastéropodes ont généralement une coquille externe ou interne ; quelques-uns cependant sont sans coquille : ce sont les Gastéropodes nus. La tête de ces Mollusques est plus ou moins distincte ; ils ont aussi quelquefois des tentacules par paires sur la partie antérieure de la tête ; ce sont des organes de tact et d'olfaction.

Quelques Gastéropodes sont remarquables par leur mâchoire, qui se compose de plusieurs pièces constituant quelquefois trois mâchoires, une supérieure et deux latérales. Ces mâchoires sont cornées, dures et tranchantes. « La langue est cartilagineuse, recouverte d'une membrane sèche, striée, guillochée, garnie de papilles ou de crochets. Cette langue est presque toujours en mouvement; elle lèche, lape, frotte, lime avec beaucoup de force » (Moquin-Tandon). |

La membrane de la langue, à laquelle on a donné le nom de ruban linqual ou radula, est recue en arrière de la bouche dans une poche en forme de talon recourbé, où elle s’enroule sur elle-même. « À mesure que la partie antérieure de la membrane s’use par l'exercice ou perd ses denticules, le ruban est poussé en avant par un mécanisme spécial, à peu près comme la lame de fer dans le rabot du menuisier, de telle sorte que la partie agissante est toujours neuve et dans les meilleures conditions pour fonctionner » (Moq.-Tandon).

D'autres Gastéropodes n’ont ni mâchoire ni langue; mais ils sont armés d’une trompe musculeuse et mobile, tantôt charnue, tantôt coriace, avec des denticules pour

entamer les corps les plus résistants; aussi ces Mollusques détruisent-ils une grande quantité de bivalves, dont ils percent les coquilles pour dévorer l'animal.

La plupart des Gastéropodes sont androguynes, c'est-àdire mâles et femelles à la fois. Ils pondent des œufs très différents selon les espèces : les uns sont isolés, mous, gélatineux ; d'autres sont agglomérés ou pédiculés. Ceux de la Bulle cornée forment un ruban autour des varecs: plusieurs sont entourés d’une matière gélatineuse qu’on nomme nidamentum, ou enfermés dans une capsule membraneuse appelée oothèque (fig. 18). On trouve sou-

Fig. 18. — Capsules nidamentaires de Buccin.

vent sur les plages des paquets formés de capsules nidamentaires ayant renfermé des œufs de Nasses ou de Buecins; chaque capsule peut contenir au moins 5 ou 6 œufs ; on a compté jusqu'à 540 capsules réunies! Lorsque ces paquets ont été jetés sur la côte et roulés par le vent, ils ressemblent à des corallines ou à de grossiers spongiaires.

L'ordre des Gastéropodes est le plus nombreux en espèces: il renferme des Mollusques marins, fluviatiles et terrestres. On l’a divisé en deux groupes naturels : les

Gastéropodes pulmonifères; ce sont ceux qui respirent l'air en nature, et les Branchifères, qui respirent Pair dissous dans l’eau. On admet aujourd’hui lesquatre ordres suivants :

Ordre des Prosobranches;

Ordre des Pulmonifères;

Ordre des Opisthobranches;

Ordre des Nucléobranches.

ORDRE DES PROSOBRANCHES

Première section. — Siphonostomatés.

(Gastéropodes carnivores, marins, pourvus d'une trompe rétractile. — Coquille spirale à ouverture échancrée et prolongée en un canal en avant. — Opercule corné.)

FAMILLE DES MURICIDÉS.

(Animal à pied large. — Coquille à canal antérieur droit.)

Genre Murex (/in.), Rocher.

Les Murex sont caractérisés par leur coquille ovale ou oblongue ornée de varices longitudinales continues et en nombre variable. Ils sont répandus dans toutes les mers, surtout dans les mers des tropiques, où ils acquièrent leurs plus brillantes couleurs; ce sont ces belles coquilles généralement à ouverture rose, que l'on vend dans tous les ports de mer sous les noms vulgaires de rocher ou chicorée. Ceux des côtes de France ne sont pas remarquables par la coloration de leur coquille, mais ils sont employés à la nourriture des habitants du litto-

GENRE MUREX. Di

ral, et deux espèces, les Murex trunculus et brandaris, figurent sous le nom de Pious dans les préparations culinaires des Provencaux.

Les Murex sont des carnivores d'une grande voracité, aussi font-ils une consommation incroyable de bivalves dont ils percent les coquilles. Le Murex erinaceus est la trreur de nos ostréiculteurs. Si les Murex sont des ennemis redoutables pour les bivalves, ils trouvent un en-

‘nemi non moins acharné dans un Crustacé bien connu sous le nom de Bernard-l'Hermite, Ce Crustacé s'empare

fréquemment de leurs coquilles après en avoir dévoré l'habilant.

Les Murex étaient connus dans la plus haute antiquité et 1ls étaient employés, avec les Pourpres, à la confection de cette admirable couleur dont on n’a pu retrouver les procédés de fabrication. On à ignoré jusqu'à ces derniers temps quelle partie de l'animal produisait la pourpre. Cest à M. Lacaze-Duthiers que la science est redevable de cette découverte. L'organe purpurifère est une glande placée à la face intérieure du manteau du Mollusque ; elle a la forme d’une bandelette. La matière de la pourpre est d’un blanc jaunâtre. Soumise à la lumière, elle devient jaune citron, verte, puis violette. tte dernière coloration, sous l'influence du soleil, est indissoluble et inaltérable.

On trouve sur les côtes de France les espèces suivantes de Murex :

Murex brandaris (Lin.).

Cette espèce, désignée vulgairement sous les noms de Rocher mässue où droite Épine (fig. 1, pl. 3), ne se trouve que Sur nos Côtes méditerranéennes, On la recon-

nait facilement à sa forme en massue termigée par une queue allongée, à son ouverture jaune, aux épines en nombre variable disposées sur les tours de sa coquille. Très commun sur les côtes du Roussillon, ce Murex vit dans les fonds sablonneux, où les pêcheurs en capturent de grandes quantités dans leurs filets. Il est comestible et se vend en abondance sur le marché de Gette ; ce mets coriace et d'une saveur qui n’a rien d'agréable justifie peu la faveur dont il jouit parmi les habitants du littoral Il atteint généralement de 70 à 80 millimètres. C'était une des espèces employées par les anciens pour la fabrication de la pourpre, comme le témoignent les amas de ces coquilles que l'on trouve encore aujourd'hui sur les côtes de Morée.

Murex trunculus (Lin.\; Rocher fascié (fig. 2, pl. 3).

La coquille de ce Murex est plus ventrue que celle du précédent, elle est finement striée transversalement; sa queue est recourbée et légèrement ascendante. Dans le jeune âge, la coquille est rayée de bandes obscures, rousses et blanches; à l’ouverture ces bandes sont plus visibles et deviennent d'un blanc rosé et d’un beau violet; mais dans les individus adultes la coquille est presque toujours recouverte d'un épiderme verdâtre et encroûtée de concrétions calcaires. Assez commun dans la Méditerranée, il vit dans les fonds vaseux, et après sa capture, il exsude abondamment un liquide visqueux d'une belle couleur violette. 11 était employé aussi pour la fabrication de la pourpre. On voit encore aujourd’hui eur la côte de Tyr des monceaux de coquilles brisées du Murex trunculus et des trous en forme de chaudrons creusés dans les rochers pour la préparation de ce Mol-

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