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GENRE MUREX

lusque. On a découvert à Pompéi des amas de ces Murex près de la boutique de plusieurs teinturiers. Il est comestible sur les côtes de Provence et se vend dans les marchés confondu avec le Murex brandaris. Sa longueur est de 60 à 65 millimètres.

Murex erinaceus (Lin.), Rocher hérisson (fig. 3, pl. 3).

C'est le plus connu de tous nos Murex, on le trouve sur toutes nos côtes. Sa coquille est ovale, rugueuse et plissée par des côtes transversales. Son canal est court, presque toujours soudé; son ouverture est blanche. La couleur générale de la coquille est d’un gris cendré. Elle atteint environ 40 millimètres.

Ce Murex est célèbre sur les côtes du Sud-Ouest par ses ravages dans nos parcs aux huitres ; on le désigne vulgairement sous les noms de Cormaillot, Bigorneau ou Perceur. Dans les parcs du Morbihan il faisait autrefois de si grands ravages que, sur le conseil de M. Coste, le gouvernement fit armer un bateau spécialement destiné à draguer les Cormaillots sur les bas-fonds. Ce bateau, qui était équipé aux frais de l'État, était monté par 40 hommes et commandé par un lieutenant. De 1863 à 1866 il fit une guerre acharnée à ces Mollusques et parvint à en détruire une grande quantité. Nous empruntons au docteur Fischer les intéressants détails sur les ravages des Cormaillots, qu'il à publiés dans sa Faune conchyliologique marine de la Gironde :

« Le Murex erinaceus s’est développé sur les bancs huîtriers avec une abondance déplorable. Les marins font au Murex une chasse incessante ; une grande partie de leur temps est employée à sa destruction; ils extraient

la totalité du pied, y compris l’opercule avec la pointe

de leur couteau et rejettent sur le sol le Gastéropode ainsi mutilé; ces restes deviendront la proie d’autres carnivores. .… Si on visite un parc, on apercevra cà et là des huîtres vides, mais dont les valves adhèrent encore au ligament; l'examen de la coquille montre sur une des valves, et principalement sur la valve concave, un trou arrondi, quelquefois légèrement oblong, coupant le test très nettement... La place du trou est assez constante; elle se remarque vers le centre de la coquille ou entre l'impression musculaire et la charnière ; l’ins- {inct pousse ce carnassier à choisir une place qui corresponde soit au muscle adducteur, soit aux viscères les plus essentiels de l'huitre. Les coquilles perforées cont surtout des huîtres de six à douze mois; les vieilles huîtres sont trop épaisses pour que les Murex les attaquent avec succès. Les huîtres plus jeunes sont attaquées par les jeunes Cormaillots; ainsi chaque carnivore choisit une victime appropriée à sa taille, à sa force, à son appétit.

« Quand on prend le Perceur sur le fait, on le trouve adhérant assez solidement par son pied à la valve qu'il entame, et exécutant, par moments, de légers mouvements de translation à droite et à gauche, autour d'un axe fixe qui correspond à l'orifice de sa trompe ; trois ou quatre heures lui suffisent pour percer une coquille d'épaisseur moyenne. Le trou étant achevé, le Murex fait pénétrer sa trompe à l’intérieur des valves et se repait à son aise. — Que devient l'huitre ainsi traitée ? Elle meurt ou perd ses forces et laisse bâiller ses valves; à ce moment une myriade d'animaux qui habitent les parcs : crustacés, mollusques, vers, poissons, mangent 5a chair

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morte et bénéficient de l'ouvrage du Murex, qui va un peu plus loin recommencer ses déprédations. »

Les ravages du Murex erinaceus sont considérables dans le bassin d'Arcachon; il en est de même dans la Charente-Inférieure et sur plusieurs points du littoral de l'Ouest de la France. Un fait suffira pour démontrer la prodigieuse multiplication de ces Mollusques : en une seule marée du mois de mars, douze marins de l’aviso Le Léger employés pendant deux heures ont recueilli quatorze mille six cents Cormaillots sur le crassat (1) de la Hillon (4 hectares) !

Ces Murex se réunissant pour l'accouplement à la fin de mars et au commencement d'avril, c'est l'époque la plus favorable pour les détruire. Aujourd'hui, grâce à la chasse acharnée qui leur est faite depuis vingt ans, on est parvenu à restreindre beaucoup le nombre de ces dangereux Gastéropodes.

Le Murex Tarentinus (Lam.) n'est qu'une variété du Murex erinaceus. IL est toujours plus petit, plus allongé et se distingue par le développement beaucoup moindre des varices. On le trouve, avec le type, dans la Méditerranée, mais 1l est beaucoup plus commun. Il abonde dans l'étang de Thau, où 1l vit aux dépens des nombreuses variétés du genre Zapes connues sous le nom vulgaire de Clovisses. On le vend sur le marché de Cette sous le nom de poivre ; sa coquille n'a que 30 à 35 miltimètres.

Murex Ediwardsii (Payr.), pourpre d'Edwards.

(1) On nomme crassats des bancs de sable plus ou moins émer-

gents, recouverts d'une couche de limon et d une épaisse végétation marine.

Cette petite espèce (fig. 4, pl. 3) est facile à reconnaitre à son ouverture blanche sur le bord, violette à l'intérieur, avec cinq dents sur la lèvre droite. Sa coquille est ovale, noduleuse, ridée transversalement et d’une couleur fauve ou rousse. Son canal est fermé en dessus. Ce Murex est commun sur nos côtes méditerranéennes, sur les rochers submergés, souvent près du littoral et jusqu à l’entrée des ports, comme à Port-Vendres et à Cette, où on le trouve sur les pierres au môle et au brise-lames. Il vit parmi les Fucus et autres plantes marines, au milieu des jeunes Moules dont il fait probablement sa nourriture. Sa longueur n’est que de 15 à 20. millimètres; sur nos côtes de l'Océan il est beaucoup plus rare, à l’exception de la baie de Saint Jean de Luz, où on trouve communément une variété bien caractérisée par sa taille plus petite et sa forme plus allongée.

Murex Blainvillei (Payr); M. cristatus (Brocchi), Ro cher de Blainville.

Cette espèce (fig. 5 et 6, pl. 3), très variable dans sa taille, ne l'est pas moins sous le rapport de la coloration, Sa coquille est fusiforme, sillonnée longitudinalement et ridée en travers de stries lamelleuses élevées ét aiguës. Elle est d’une couleur violacée avec l’ouverture blanche et quelquefois violette, garnie de petits tnbercules. Sa longueur ne dépasse guère 10 à 15 millimètres. Ce Murex vit dans les mêmeslieux que l’espèce précédente, mais il est beaucoup plus rare. On ne le trouve pas sur le littoral de l'Océan.

Murex aciculatus (Lam.); Murex corallinus (Scacchi), Rocher aciculé.

C'est le plus petit de tous nos Murex (fig. 7, pl. 3). Sa

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coquille est allongée, fusiforme, plissée longitudinalement et striée en travers. Son ouverture ovale est plissée à l’intérieur. Sa couleur est jaune roussâtre. Sa dimension varie de6 à 8 millimètres. Une variété plus petite, de nuance grenat, à été nommée par Deshayes Fusus minutus. Il vit sur les rochers, parmi les algues. Il à été trouvé quelquefois sur les côtes de Bretagne, sur celles de Cherbourg et plus communément sur celles de la

Méditerranée.

Genre Pisania (Bivona). Pisanie.

Les Mollusques de ce genre sont caractérisés par leur canal court, leur bérd columellaire ridé, leur bord droit crénelé. Ils ont été longtemps confondus avec les Buccins.

Deux espèces vivent sur le littoral francais et seulement sur les côtes méditerranéennes.

Pisania striata (Gmel.); Buccinum maculosum (Lam.).

Connu anciennement sous le nom de Buccin truité, il n’a que 20 à 22 millimètres. Sa coquille (fig. 8 et 9, pl. 3) est recouverte d'un épiderme fauve ; dépouillée de cet épiderme, elle est violette avec une bande blanche au centre, finement striée transversalement et ponctuée irrégulièrement de blanc jaunâtre. L'ouverture est vio- Jlacée et quelquefois blanche avec neuf ou dix dents sur la lèvre externe. Ce mollusque vit sur les rochers recouverts de végétation marine, 1l est peu commun.

Pisania d'Orbignyi (Payr.); Buccin de d'Orbigny.

Cette espèce (fig. 10, pl. 3) est plus rare que la précédente sur notre littoral, où elle vit également sur les rochers. Sa coquille est ovale, effilée, sillonnée de nodo-

nt

sités, de couleur brune avec une bande blanche sur le dernier tour. Elle atteint de 15 à 20 millimètres. L’ouverture est blanche et a 10 dents sur la lèvre externe.

Genre Ranella (Lam.), Ranelle.

Les Ranelles se distinguent par leurs coquilles à deux rangs de varices continues, dont un de chaque côté. Une seule espèce vit sur notre littoral :

Ranella gigantea (Lam.); Ranella reticularis (Lin.\, Ranelle géante.

C’est une des plus belles espèces de nos côtes (fig. 1, pl. 4). Sa coquille n’a pas moins de 15 centimètres de longueur et 6 de largeur dans son dernier tour. Elle est fusiforme, turriculée, avec des côtes plus ou moins granuleuses et des varices très saillantes. L'ouverture est blanche, arrondie, terminée par un canal assez court et légèrement tortueux. Elle est denticulée intérieurement avec le bord ridé. Sa couleur est d’un gris cendré tacheté de rougeâtre; l’épiderme est brun. Elle est assez rare, ne vit que dans les grands fonds; elle est capturée quelquefois au large dans les filets.

Cette espèce est spéciale à la Méditerranée ; elle a été cependant trouvée accidentellement sur nos côtes océani-

ques, au cap Ferret.

&enre Triton (Montf.), 'K‘riton.

Le genre Z'riton se compose de coquilles à varices longitudinales non continues, à canal saillant et ayant les bords de l'ouverture denticulés.

Triton nodiferum (Lam.), Triton nodifère.

Cette espèce: est la plus grande de nos côtes. Sa ce-

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