‹ Mollusques éocéniques de la Loire-inférieure (volume 2)Chapitre 8 sur 51 · SECOND FASCICULE · texte numérisé non relu

SECOND FASCICULE

PROSOBRANCHIA TA

Terebra plicatula, Lamk. PI. IV, fig. 1-2.

(1889. Catal. Éoc., IV, p. 301).

R.D. Cette espèce est trop variable dans le bassin de Paris pour qu'il soit possible d’en séparer les individus de Bretagne, qui présentent eux mêmes des variations assez profondes. En général, la forme de ces derniers est plus trapue : il résulte de mesures prises sur un très grand nombre d'échantillons des deux bassins que :

dans le bassin de Paris, le diamètre de la coquille oscille entre le ct et le cinquième de sa largeur, et que la hauteur du dernier tour dépasse rarement les trois septièmes de cette longueur totale ;

dans le bassin de Nantes, le diamètre est généralement égal aux trois

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dixièmes de la longueur, et la hauteur du dernier tour atteint près de la moitié de cette longueur.

Cependant, dans les sables moyens d’Auvers et du Guépelle, les proportions de certains individus sont presque les mêmes que celles des échantillons du Bois-Gouët.

De même, en ce qui concerne l’ornementation, particulièrement à Coislin, les plis axiaux, droits et écartés, se succédant d’un tour à l’autre, persistent sans s’effacer jusqu’au dernier tour ; dans le bassin parisien, la moyenne des individus a la partie antérieure de la spire tout à fait lisse, les plis axiaux des premiers tours sont un peu sinueux, plus épais au milieu, pincés vers la suture inférieure ; mais il est bon de remarquer que la taille de ces derniers est, le plus souvent, de beaucoup supérieure à celle des Terebra de Bretagne, qui ne dépassent pas 15 millimètres.

Les caractères de l'ouverture sont identiques : canal large. court, peu profond ; bord columellaire calleux et bien limité ; bourrelet obsolète enroulé sur le cou du canal; c’est à dire les caractères du sous-genre Hastula, Schum.

En résumé, je ne puis admettre comme une espèce distincte la forme de Bretagne ; tout au plus pourrait-on lui attribuer le nom de var. armoricensis, nobis, à cause de sa taille inférieure, de ses proportions plus trapues, de son dernier tour plus grand, de ses plis plus droits et plus persistants.

PLésioType. PI. IV, fig. 1-2, coll. Dumas. — Bois-Gouët.

Loc. Bois-Gouët, Coislin, la Close, peu rare. Un individu sénestre au Bois-Gouët, coll. Bourdot.

Surcula transversaria, [Lamk.] PI. IV, fig. 31. (1889 — Catal. Éoc., IV, p. 259).

R.D. — Je ne connais, au Bois-Gouët, qu’un seul échantillon très jeune de cette intéressante espèce, mais il est absolument identique aux premiers tours des individus adultes, provenant du calcaire grossier parisien : ces tours sont convexes en avant, excavés en arrière, leurs sutures sont bordées d’un double filet assez saillant et finement plissé par les accroissements ; tout le reste de la surface est régulièrement sillonné, toutefois le dernier tour porte, sur la convexité, deux filets plus saillants que les autres cordonnets et séparés par des sillons, ce qui contribue à le rendre subanguleux, tandis que les individus adultes sont, au contraire, arrondis. Mais cette petite différence s’atténue probablement, à mesure que la coquille avance en âge, de sorte qu’il n’y a aucun doute à avoir sur l'assimilation du fossile breton à l’espèce parisienne.

Dim. Longueur 10 1/2 mill. ; diamètre, 4 mill.; hauteur de l’ouverture | et du canal 6 1/2 mill.

PLésioryPe et Loc. PI. IV, fig. 31, coll. Dumas.— Bois-Gouëêt, unique.

Surcula dentata, [Lamk.] PLV fe vAR. Dumas, nob.

(1889 — Catal. Éoc., IV, p. 261).

R.D. Cette forme ne m'est connue, dans la Loire-Inférieure, que par deux échantillons dont l’un n’a pas le canal complet, et dont l’autre est encore plus mutilé : aussi je les rapporte provisoirement à l’espèce de Lamarck, bien qu'ils paraissent s’écarter des individus parisiens par leur forme plus trapue, par l'effacement de leurs tubercules dentiformes sur le dernier tour, à tel point qu’on peut les caractériser en disant qu'ils sont intermédiaires entre S. transversaria et S. dentata; cependant ils s’écartent de la précédente par l’existence de petites costules obliques qui persistent jusqu’à l’avant-dernier tour, et qui forment sur la convexité des dentelures obsolètes, moins carénées que celles de S. dentata typique. Le fragment de Coislin conserve ses dentelures sur le dernier tour et il a des filets spiraux plus saillants, moins fins que la forme parisienne ; quoiqu'il manque entièrement de canal, il paraît aussi trapu que celui du Bois-Gouët.

Pour tous ces motifs, je crois qu’il serait prématuré de créer une nôuvelle espèce pour la forme bretonne ; je me borne à la désigner sous le nom de variété Dumasi, qu’elle conservera comme espèce, si la découverte ultérieure d’autres échantillons vient confirmer la constance des différences ci-dessus signalées.

Dim. Longueur probable, 24 mill. ; diamètre, 8 mill. Type. PI. V, fig. 1, variété Dumasi, coll. Dumas. — Bois-Gouët.

Loc. Bois-Gouët, Coislin, unique dans chaque gisement, coll. Dumas.

Pleurotoma uniserialis, Desh. PE VE RE AE:

(4889 — Catal. Éoc., IV, p. 268, pl. IX, fig. 25).

R.D. Cette espèce à spire conique, à base excavée et à canal droit et court, se distingue aisément de Bathytoma crenulata qui a presque les mêmes crénelures sur les tours de spire : ces crénelures forment une rangée antérieure, traversée par deux cordons spiraux, séparée de la suture supérieure par un large sillon ; en arrière est une rampe peu excavée, puis deux filets spiraux accompagnent la suture. Ces caractères sont exactement ceux des individus de Mouchy et de Grignon, auxquels j'ai minutieusement comparé ceux du Bois-Gouët : il n’y à donc aucune hésitation sur cette détermination. Section Hemaipleurotoma.

PLÉSIOTYPE et Loc. PI. V, fig. 44, coll. Dumas.— Bois-Gouêt, peu rare.

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Pleurotoma plebeia, Sow. PI. V, fig. 8.

(4889 — Catal. Éoc., IV, p. 268, pl. IX, fig. 34).

R.D. Ainsi que je l'ai fait remarquer dans mon Catalogue de l’Éocène des environs de Paris, cette espèce est extrêmement voisine de la précédente et elle ne s’en distingue que par l’angle plus saillant que forme la rangée des crénelures de chaque tour et par son canal plus infléchi. L'individu de Coislin que je rapporte à cette espèce est à peu près identique à celui de Selsey qui me sert de type authentique de comparaison, ets’écarte au contraire sensiblement des échantillons du Bois-Gouëêt dont les crénelures sont moins saillantes, et qui appartiennent à P. uniserialis. Dans ces conditions, il faut bien admettre que, de même que dans le bassin de Paris, les deux formes sont également représentées aux environs de Nantes. Section Hemipleurotoma.

PLÉsioTYPE. et Loc. PI. V, fig. 8, coll. Dumas. — Coislin, unique. — La Close, deux individus, Musée de Nantes.

Pleurotoma undata, Lamk.

(1889 — Catal. Éoc., IV, p. 272, pl. IX, fig. 46).

R.D. Espèce facile à reconnaître à cause de son ornementation obsolète, de sa forme un peu ventrue et de son dernier tour supérieur à la moitié de la longueur totale, quand on le mesure de face. La plupart des échantillons du Bois-Gouëêt sont encore plus ventrus que ceux de Grignon et se rapprochent à la variété evanescens, dans laquelle les crénelures obliques de la convexité des tours, ainsi que les perles bordant la suture, ontune tendance à s’effacer sur les derniers tours. Le canal est court, infléchi comme celui d’un Bathytoma, et muni d’un bourrelet un peu apparent sur le cou; de sorte que si l’on n’y regarde pas minutieusement on confond aisément ces individus à ceux de B. crenulata : pour les distinguer, il suffit de constater qu'ils portent une rangée de perles à la suture et que l’embryon est beaucoup plus court; en outre, les crénelures sont plus obliques, recourbées en avant, et les filets spiraux sont beaucoup plus fins et plus serrés. Section Eopleurotoma. C’est probablement à cette espèce qu'il y a lieu de rapporter les échantillons figurés par Vasseur sous le nom brevicula (loc. cit., pl. II, fig. 50): il y a erreur évidente, attendu que P. brevicula est une Drillia.

PLÉSIOTYPE et LOC. Bois-Gouët, assez rare ; coll. Bourdot. Pleurotoma rudiuscula, Desh. ESA d' PAR TETE (1889 — Catal. Éoc., IV, p. 271, pl. IX, fig. 44-45).

R.D. On trouve, le dans bassin de Campbon, non seulement la forme typique, à tours convexes et à granulations grossières, à filets très iné-

gaux, mais aussi la variété fercurtensis qui se distingue par la régularité de son ornementation, par ses tours moins convexes, par sa spire subulée. Les stries qui croisent les crénelures médianes et la rampe postérieure de chaque tour de spire, sont beaucoup plus fines et plus serrées queles deux ou troissillons qui existentsur la partie antérieure des tours : il en résulte un aspect dimorphe, qui ne se rencontre jamais chez LP. undata dont tous les filets sont fins et égaux ; d’ailleurs P. rudiuscula a toujours le dernier tour plus court que celui de l’autre espèce. En conséquence, quoiqu'’elles soient l’une et l’autre très variables, ilest néanmoins assez aisé de les reconnaître. Section Æopleurotoma.

PLÉsroTypes. PI. V, fig. 5, coll, Dumas. — Coislin. Variété fercurtensis (fig. 6-7) coll. Dumas. — Coislin.

Loc. Coislin, la Close, coll. Dumas, Berthelin, Musée de Nantes.

Pleurotoma pachyozodes !, nov. sp. PI. V, fig. 3.

Section Eopleurotoma ; forme trapue ; spire turriculée, à galbe conique ; embryon paucispiré, globuleux, à nucléus obtus ; 6 tours excavés au milieu, saillants aux sutures qui sont profondes et ondulées; côtes noduleuses, interrompues sur l& dépression médiane, plus saillantes en avant que près de la suture inférieure, traversées par des stries fines et serrées. Dernier tour supérieur à la moitié de la longueur, à base excavée et ornée de plis d’accroissement deux fois plus nombreux que les côtes, et de filets spiraux dont les deux premiers sont crénelés par les plis d’accroissement. Ouverture piriforme, terminée par un canal étroit et assez court, à peine infléchi, sur le cou duquel s’enroule un étroit bourrelet ; sinus du labre situé sous la rangée de nodosités ; columelle à peine infléchie.

Dim. Longueur, 10 1/2 mill. ; diamètre, 4 mill.; hauteur de l’ouverture, 5 mill. d

R.D. Il n’est pas possible de confondre cette coquille avec les variétés les plus aberrantes de P. rudiuscula ; ses nodosités sont situées tout contre la suture antérieure, les tours sont excavés au milieu, au lieu de l'être en arrière, enfin la base est excavée au lieu d’être convexe, et le canal est presque droit. D'autre part, je ne connais, dans le bassin de Paris, aucune forme qui s’en rapproche; son canal et son ouverture

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