‹ Mollusques méditeranéens [!]; observés, décrits, figurés, et chromolithographiés d'après le vivantChapitre 10 sur 35 · Sur ma correspondance avec M. De Férussac · texte numérisé non relu

Sur ma correspondance avec M. De Férussac

5. Enfin, sur les observations qu’il a faites sur un grand nombre d'individus de chaque espèce , dont plusieurs venant des auteurs mêmes qui admettent les deux.

Quant à l’opinion de M. Ranzani, elle n’est basée que sur l'interprétation d’un texte, et non sur la nature; conséquemment de nulle valeur.

M. Carus n’a fait qu'un court séjour sur le bord de la méditerranée et en grande partie à Nice, où l’Aldrovandi n’avait été jamais observé, où je ne l’ai eu que très accidentellement, et il faut en conclure qu’il ne l’y à point vu; car un observateur, si éclairé, l'aurait fort bien distingué. Du reste l’opinion de M. le Prof. Carus et celle de M. Risso , n'auraient de poids que s'ils avaient parlé des deux espèces et nié leur différence.

M. Rang est trop bien connu pour révoquer en doute son opinion, et puisqu'il n’admet qu'une espèce, il faut croire que l’£ledon Aldrovandi , très abondant en Italie , commun à Menton, rare à Nice, manque entièrement en Provence, en Espagne et en Afrique, pays que M. Rang a savamment exploités. Dans le cas où il s’y trouverait, il faut admettre que cet habile observateur n’a jamais eu l’occasion de l’étudier vivant.

OCTOPODES Do

Quant à ma correspondance avec M. De Férussac, je répondrai que persuadé par les pêcheurs qu’on ne rencontrait jamais à Nice d’Eledon sans odeur de muse, j'en fis part à cet auteur qui desirait avoir des renseignements sur l’A/drovandi. Mais ensuite j’eus un individu , que les pécheurs reconnurent différer du Moschatus par sa couleur et le manque d’odeur; ils me lapportèrent vivant, et j'en fis part à M. De Férussac, doutant pourtant que ce fut l’Aldrovandi; car l'individu, que j'avais sous les yeux, ne correspondait pas à la description que m'en avait donnée M. De Férussac, pour suppléer à l'ouvrage de Délle Chiaje que je ne possédais pas. C’est cette même description qui fut cause de l'erreur, que je commis en ie publiant plus tard sous le nom d’Æledon Gènéi. Mes doutes ne roulaient pas alors sur sa diversité avec le Hoschatus, mais avec l’A/drovandi décrit par M. De Férussac ; car la trouvaille, faite à Menton, de plusieurs individus, et la certitude, que j’acquis, qu’il était distingué du Moschatus par le nom de Nouscarin rous, nom qui correspond à celui qu'il porte à Gènes, ne m’avaient laissé aucun doute. :

La décision de M. D’Orbigny, provenant d'observations faites sur de nombreux individus, conservés dans l’alcool est excusable: car, je l'ai dejà dit, après la mort les deux espèces sont, si je peux m'exprimer ainsi, indéchiffrables. Je remarquerai cependant que M. D’Orbigny dit, (Pag. 74) « conservé dans l'alcool, il est le plus souvent d’une couleur vineuse et » conserve les taches. D’autres fois il est violet, sans taches, ou entièrement rose » ; et je doute fort que M. D'Orbigny ait remarqué les A/drovandi, étiquetés par M. Delle Chiaje , avec des taches ou des Moschatus entièrement roses.

Variété. E. GÉNÉ. E£. GENEI. Nerany. PI. 1.

‘VeranY. Tableau des Céphalopodes, fig. 1.

J'ai figuré (PI. 1.) comme espèce un Eledon à sac plus arrondi, à bras plus courts, à forme plus trapue, sans odeur de muse, sans bordure bleue de la membrane ombellifére, couvert de points cromophores rouge-rouille, clair-semés sur la partie supérieure, plus rapprochés sur l’inférieure, portant le long de la partie dorsale des bras une série, décroissante du centre aux extrèmités, de gros points de la même couleur. Le peu de reflet de sa peau , le manque de taches rouges, de taches brunes, de la bordure bleue et de l’odeur du muse, me l'avaient fait regarder comme espèce distincte; mais, plus tard, ayant eu l’occasion d'étudier une masse de jeunes Eledons Aldrovande, et ayant constaté que la série de points des bras s’y rencontre presque constamment, j’ai cru mieux faire de ne la regarder que comme une variété de cette espèce.

Espèces dont je n'ai pu constater moi-même l'existence dans la méditerranée.

ELEDON (P.) CIRRHEUX. £LEDONE (0.) CIRRHOSUS. Lamark.

M. Peters, de Berlin, qui a fait un assez long séjour à Nice, occupé de rechercher des objets d'histoire naturelle pour le musée de cette capitale, m'a dit avoir possédé deux individus, qu'il a reconnus appartenir à cette espèce.

Lee CÉPHALOPOL ES

M. Risso, dans un catalogue qu'il adressa au ; résient.de la section de Zoologie au Congrès de Lucques, cite l’Eledone Moschatus, Aldrovandi et Ambrosiaea : il est à regretter que ce dernier n'ait été accompagné d’aucune phrase caractèristique pour nous donner des notions sur cette nouvelle espèce. Je ne lai point rencontrée dans la collection qu’il a léguée à son neveu.

J'ai vu sur le marché de Gènes, au milieu d’autres Eledons, un individu, dont la peau était très verruqueuse comme celle du Poulpe ordinaire. Il en avait toute apparence, mais avec les caractères des Eledons, et.il était dans un tel état de dégradation que je n’ai pu

en entreprendre la description.

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