‹ Mollusques méditeranéens [!]; observés, décrits, figurés, et chromolithographiés d'après le vivantChapitre 9 sur 35 · E ALDROVANDE. £. ALDROVANDI. Deus Ca PI · texte numérisé non relu

E ALDROVANDE. £. ALDROVANDI. Deus Ca PI

Delle Chiaje, mesn. sul. st. et not. degl. anim. sens. vert. del Regn. di Nap. tom. 4. pag. 45 à 57. (av. 56. 1. 2.

Anim. invert. della Sic. citer. tom. 1. pag. 5. & 5. p. 66. Cantraine, Malac. méditerr. pag. 20.

Philippi, Ænum. moll. Sic. vol. 1. vol. 2. pag. 202. Poulpe Aldrovandi. Montfort, Buffon, moll. 111. 55. & XXXIL 111. 67. LL XXXHL. Ozoena Aldrovandi. Raffin., Prec. de sémiol. pag. 29. n.° 73. Octopus Leucoderma. Sangiovanni, Ann. des sc. nat. pag. 515. vol. XVE

E. Corpore oblungo glabro vel minutissime granulato , oculis unicirrhatis, brachiis elongatis gracilibus sub-aequalibus, corpore rubro nebulato, membrana wmbellae non limbata ; non moschato.

Corps bursiforme, oblong ou ovoïde , lisse ou granuleux à volonté, ouverture large s’apercevant en dessus.

Tête médiocre, plus étroite que le corps: globes des yeux proéminents, munis sur leur partie supérieure d'un ecyrrhe ou petit tubercule. Yeux saillants petits pouvant se recouvrir entièrement par les deux replis mémbraneux de la peau, munis d’un iris argenté contractile. Bouche pourvue de deux lèvres, dont l’interne eiliée.

Bras élastiques, eflilés, conico-subulés, un peu comprimés, presqu’égaux et garnis sur leur face externe d’une rangée de cupules, au nombre d'environ 100 à 110, visibles, qui augmentent de grosseur jusqu’à la septième et diminuent ensuite progressivement. Membrane de lombrelle bien développée, embrassant environ un einquième des bras, et se continuant très visible jusques aux deux tiers de leur longueur. Tube locomoteur conique.

OCTOPODES 15

Proportions.

Longueur totale . | : | | 0,400 Longueur des bras ; à ; | 0,290 Longueur du corps . 0,090 Largeur du corps , . é 0,060 Largeur de la tête | ; CRE : : ; 0,020 Hauteur de la membrane interbrachiale supérieure ; : j 0.070

» EL » inférieure , Pa 2 i Ë : 0,050

Couleur très variable par l’action des points cromophores, qui sont bruns et rouges, passant du jaunâtre au laque. Dans létat de tranquillité, il est d’un blanc lilas ou perle très irisé, nuagé ordinairement, sur la partie dorsale, de rose jaunâtre-clair, tout couvert de petites taches subcutanées et blanchâtres. Tout le contour du corps est fortement irisé d’un bleu très brillant; la tête l’est aussi sur les côtés et en dessous; les globes des yeux sont, à cause de la transparence de la peau, colorés d’un bleu assez vif sur leur partie supérieure. Toute la partie supérieure da corps est couverte de points cromophores bruns et très fins ; nuagée de rose plus ou moins vif, passant au laque, au violet et voilée quelquefois d’un jaune doré, extrêmement brillant. La partie inférieure est d’un blanc bleuâtre irisé, couverte de points cromophores bruns et microscopiques, plus clair-semés que sur la partie dorsale: quelquefois il est d’un rose rougeâtre général, tout couvert de taches blanchâtres, subcutanées ; les côtés du corps sont fortement irisés: les globes des veux, bleuûtres, et l'iris couvert de points cromophores vermillon (PI. 2). Alors la partie inférieure est nuagée de taches rougeâtres et jaunâtres, produites par l’agglomération de points eromophores plus ou moins dilatés qui sont toujours ronds, plus gros et plus clair-semés que sur le dos. Ces points se voient sur la partie inférieure des bras, près de l'ouverture de l’entonnoir et manquent sur la partie médiane inférieure de la tête.

Dans l’état d’irritation, sa peau est finement granuleuse en dessus et d’un rouge vif, passant au brun et au laque, irisé de jaune, également vif. En dessous , elle est d’une teinte plus claire et fortement nuagée de taches rouges ou jaunâtres; les reflets bleus des côtés du corps brillent toujours; mais ils sont couverts par les points cromophores.

Hors de l’eau il est ordinairement d’une teinte rose-jaunâtre générale, couvert de taches blanchâtres ; irisé de bleu sur les côtés du sac et nuagé de grandes taches de rouge-cinabre, passant au laque et au jaunâtre (PI. 3). Quand il commence à perdre de sa vitalité, les reflets dorés disparaissent les premiers; puis le rouge perd de son éclat et devient jaunâtre: bientôt après on ne voit presque plus que les points cromophores, sauf le bleu du bord de l’ombrelle, qui caractèrise l’£. Moschatus; il se confond avec lui. Quand toute vitalité a cessé, il est d’un blanchâtre livide et parfaitement semblable au Moschatus. L’encre, qu’il ne lance jamais pendant sa captivité, quoique fortement irrité, est d’un noir parfait.

Rapports et Différences.

Cette espéce, toujours confondue avec le Moschatus par les naturalistes, qui ne l'ont étudiée que morte ou conservée dans l'alcool, diffère de ce dernier par sa peau, qui ne se couvre jamais, autant que j'ai pu m'en assurer sur plusieurs individus que j'ai gardés vivants et

que j'ai soumis aux mêmes observations, par Sa coloration plus ou moins rougeàtre, jamais brune ou noirâtre, par le manque absolu, en quel état de vie que ce soit, de grandes taches noires, de la bordure bleue de l’ombrelle et de l’odeur de muse, qui caractérisent le Moschatus ; caractères constants dans les jeunes comme dans les adultes de tous les sexes.

Habitation et mœurs.

Cette espèce était très rare à Nice, où je n’en ai eu qu’un seul individu, que des pêcheurs m'apportèrent, parcequ’ils avaient reconnu qu'il différait du Moschatus. Depuis quelque temps des pêcheurs de Villefranche fréquentent quelques localités, où ‘on la trouve : en février et en mars de 1850, je l’ai rencontrée plusieurs fois sur le marché. Elle est commune dans les parages de Menton; très abondante à Gènes, à Livourne, à Naples et en Sicile : Îles pêcheurs savent la distinguer. Elle vit sur les fonds vaseux de 100 à 200 mètres de profondeur, toujours plus profondément et plus au large que le NMoschatus. Quand les dragues travaillent à 100 mètres de profondeur, elles ramènent les deux espèces; un peu plus au large, elles ne prennent que des A/drovandi, et plus près de terre, des HMoschatus. Aussi abondant que ce dernier, lA/drovandi lui est préféré en général, parce qu’il n’a pas l'odeur du muse.

IL porte le nom de Nouscarin rous à Menton; de Moscardino rosso à Gènes; de Polpo Asinisco à Naples ; de Purpu di scogghiu, Purpu di siceu en Sicile; et de Purpu en Sar-

daigne.

Histoire.

M. Delle Chiaje, et peu après M. Sangiovanni, ont, les premiers, bien déterminé cette espèce déjà indiquée par Montfort et Raffinesque. Malgré ces autorités, M. D'Orbigny la nie, dans sa monographie des Céphalopodes, appuyé

{. Sur l'opinion de Ranzani.

2. Sur les publications de Carus et Risso, qui ne citent qu’une seule espèce d’Eledon.

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