SECOND GENRE
POULPE. OCTOPUS Lama.
Polypus, Plisius, Belon, Rondelet, Salvianus, Gesner, Aldrovandi, Leach, — Saepia, Linné, Gmelin, Muller, Bosc, Oken. -— Octnpus, Lamark, Cuvier, Duméril, Blainville, Carus, Férussac, D’Orbigny, Delle Chiaje, Risso, Cantraine, Philippi.
Animal ayant le corps arrondi, oblong , rarement conique, muni quelquefois d’un appareil constricteur, portant sur la tête huit bras égaux ou très inégaux, symétriques, garnis de deux rangées de ventouses sur la face interne, et réunis à leur base par une merñbrane interbrachiale, ombellifère, plus ou moins développée.
N. 1. P. COMMUN. O. VULGARIS. Lamark. PI. S.
Lamark , Wém. de la soc. d'hist. nat. de Paris. V. 1. p. 18. Anim. sans. vert. 2.° edit. Vol. 11. pag 161. Carus , Jcon. sep. loc. cit. t. XI 1." part. tab. XXXL pag. 519. D'Orbigny , Tableau des Céph. p. 52. n. 1.0 Blainville, Dict. des Sc. nat. t. XLIL. pag. 188. Risso , ist. nat. des prince. prod. ae l’Europe mérid. 1. IN. Payr., Cal. desc. et method. pag. 170.
Delle Chiaje, Mem. et Anim. invertebr. etc. vol. 1. pag. 2. & 1. Rang, Mag. de Zool. p. 62.
Féruss. et D'Orbigny, Monogr. des Céphal. Genre Poulpe PI. 11. pag. 97. Polypus. Salvianus, De Aqual. p. 160.
Gesner, De Aqual. 1. IV. p. 870.
Aldrov., De Mol. 14-16.
Polypus octopodia. Leach, Journal de Phys. t. LXXXVL pag. 594. Savigny, Descript. de l'Egypt. hist. nat. & LL. pl. 1. fig. 1. Sepia Octopus. Linn. eur. Gmel., Syst. Nat. VE 1149. n. 1. Brug., Enc. meth. t. LXXVI. 1-4.
OCTOPODES 17
E. Corpore ovali rotundalo, verrucoso et tuberculato, oculis tricirrhatis, pedibus inaequalibus validis, membrana ampla conjunctis.
Corps ovale, arrondi, petit comparativement au volume de la tête et des bras, tout couvert de verrues applaties, plus ou moins marquées, et muni, dans l'état d’irritation, sur sa partie supérieure, de tubercules coniques inégaux, plus ou moins saillants, toujours symétriquement disposés; partie inférieure, légèrement granuleuse sur les côtés, et lisse vers le centre: ouverture fendue sur toute la largeur du corps, un peu baillante et visible en dessus.
Tête assez grosse, moins large que le corps et couverte en dessus des mêmes verrues : globes des yeux très proéminents et munis de trois cyrrhes coniques, allongés, inégaux ; dont l’antérieur, plus petit; le postérieur, un peu plus gros, et le médium beaucoup plus gros que le précédent. Il n’est pas rare de rencontrer des individus sur lesquels ce tubercule manque. Yeux latéro-supérieurs, percés dans la peau qui peut les recouvrir par les deux replis membraneux; pupille ronde; iris très contracté, argenté.
Bras élastiques, très épais, conico-subulés, un peu comprimés latéralement, diminuant graduellement jusqu’à leur extrémité, couverts en dessus de verrues irrégulières comme le reste du corps, et, dans l’irritation, de tubercules coniques et courts, iñégaux entr’eux et médioerement longs; les supérieurs, plus courts; les latéraux, plus longs: proportion normale, 3, 2, 4, 1 ; rarement 2, 5, 4, 1, garnis, sur leur face interne, de deux rangées alternantes de cupules proportionnées à la grosseur des bras.
Cupules grosses, peu saillantes et très élastiques ; rapprochées, dans l’état normal des bras, mais espacées sur leur longueur, quand les bras sont allongés par le mouvement, ou, après Ja mort, quand ils ont perdu leur contraction musculaire : celles qui entourent la bouche, très petites, augmentent brusquement jusques à la 4€ qui est le double de la première, et insensiblement jusques à la 15.° qui est ordinairement fa plus grosse, et souvent très disproportionnée avec celles qui la touchent, surtout sur les bras de la 5° paire; puis diminuent insensiblement jusqu’à l’extrémité des bras, où il est très difficile de les compter ; elles sont au nombre de 230 à 250 sur chacun. |
Membrane de l’ombrelle très développée, un peu irrégulière; celle qui réunit les bras supérieurs, plus courte: elle embrasse un septième des bras les plus courts, et un huitième, des plus longs ; se continue sur le côté supérieur des bras, presque jusqu’à moitié de leur longueur; est plus dévèloppée sur le côté inférieur, et se continue jusqu’à leur extrémité.
Bouche pourvue de deux lèvres, dont l’interne ciliée; tube locomoteur conique, assez court, arrivant à-peu-près à la hauteur des yeux.
Deux osselets cartilagineux dans la peau en dessus du corps.
Proportions.
Longueur totale . < ; : : ; 5 . : S ; : 0,640 Longueur du corps ; 5 : . : - 0,090 Largeur du corps. ; : À ; : ; , 0,070 Largeur de la tête : : : : Ë ; . * : À : - 0,045 L . 0,370 Longueur des bras mesurés de la bouche . .
QI
Couleur. Dans l’eau, il est généralement d’un blanc grisätre, passant du verdâtre au jaunâtre, entièrement couvert de points cromophores bruns, très fins et très rapprochés, qui circonscrivent les verrues, et forment plusieurs cercles là où se relèvent, pendant Pirritation , les tubercules : souvent il se nuance de jaunâtre qui passe, par l'effet des points cromophores, au brun très foncé, au rouge-vineux, au jaune brillant et au rouge-anglais très vif. Ces taches parcourent toute la surface du Céphalopode, paraissent, disparaissent et sont constamment plus claires sur les parties inférieures. La partie interne des: bras et de l’ombrelle est blanchâtre, ordinairement sans taches: on y voit souvent des points cromophores rouges-vineux, très fins; souvent de belles taches rouge-vineux ou rouge-orangé s’y nuagent, et le bord des cupules èst aussi de la même couleur ; souvent, tout ke mollusque est d’un bleu livide, nuancé de bleu et de lilas, parsemé, non de verrues, mais de taches blanchätres qu’on dirait subcutanées; taches, qui sont très visibles sur la membrane ombellifère et sur ses prolongements, le long des bras.
En état d’irritation, sa coloration est en général la même , mais plus vive : toute la partie supérieure du corps se couvre de longs tubercules coniques, symétriquement disposés. Ceux du centre sont ordinairement les plus gros ; quelquefois ils sont tous égaux et plus petits (PI. 8) ; d’autres fois ils sont disposés presque circulairement et onguiculés : des tubercules de cette forme se voient aussi le long des bras. Ceux du corps sont ordinairement de la même couleur que le reste de la peau; mais quelquefois, surtout lorsqu'ils sont plus petits, et onguiculés, on les voit d’un vert-anglais brillant ou d’un jaune-orpiment très vif: ceux qu'on remarque le long des bras sont constamment de cette couleur.
Au sortir de l’eau, il est toujours très coloré ; les verrues sont très prononcées, et quelquefois même visibles sur la partie inférieure et sur la partie latéro-inférieure des bras, où elles arrivent jusqu’à la base des cupules; elles sont ordinairement d’un brun roux-vineux, nuagé d’autres teintes plus obscures: la partie interne des bras, la face inférieure du sac et de la tête sont couvertes de points eromophores, rouge-orangé , très brillants. L’extrémité des bras est d’un rouge-vineux, très obscur.
On en rencontre, mais assez rarement, qui portent sur leur tête cinq taches blanches, dont une entre les globes des yeux, un peu en avant; deux, assez rapprochées entr’elles, un peu en arrière des globes des yeux, et deux autres un peu plus en arrière presque sur la base de la première paire de bras: la première et les deux dernières sont formées par l’agglomération de plusieurs points blancs ; les deux autres, par un point blane, cerclé régulièrement d’autres points semblables. J'ai observé ces taches sur des individus de toute taille, de tout sexe et sur de très jeunes; j'en ai vus à Nice, à Gènes et sur la marché de Pozzuolo près de Naples, où les pécheurs les conservent vivants dans des baquets d’eau.
Rapports et différences.
Le poulpe commun se distingue facilement de tous ses congénères de la Méditerranée , quand il est en vie, par les trois grands cyrrhes qu’il porte sur chaque globe des Yeux, caractère qui n'appartient à aucune autre espèce; il se distingue également par sa peau verruqueuse el par la grosseur de sa taille, qu'aucune autre espèce n’atteint. Les jeunes individus se distinguent de l'O. Cocco par le manque de verrues et la proportion des bras;
OCTOPODES 19
de l’O. Salutii par l’irrégularité des taches verruqueuses et l’unique tubercule des orbites des yeux qui le caractérisent ; de l°O. Wacropus et Philippi, par la longueur proportionnée des bras et la peau lisse de ce dernier.
Habitation et mœurs.
Le Poulpe commun est répandu dans toute la méditerranée, et se trouve sur les côtes de l'Océan, aux Canaries. D’après les faits recueillis par M. D’Orbigny, on l’a rencontré à Haïti, à Cuba, à Bahia, à l’île de France, aux Indes et dans la mer rouge: on le pêche sur les côtes rocailleuses de la Ligurie en toute saison, mais plus abondamment en été. Ce céphalopode habite presque toujours au milieu des rochers, et se cache ordinairement dans les trous et dans les crevasses, où il pénètre avec une grande facilité, son corps étant très souple et fort élastique: c’est dans ces retraites qu’il reste à l’affüt des animaux, dont il se nourrit. Dés qu'il les apercoit, il sort avec précaution de sa tanière, s’élance comme un dard sur la victime qu’il enveloppe , l’enlace dans ses bras serpentiformes et la fixe au moyen de ces cupules. Quand il s’élance sur sa proie, il part le corps en avant; arrivé près d'elle, il se retourne, ouvre ses bras, se éramponne à elle avec une telle promptitude qu’à peine a-t-on le temps de l’observer. Quelquefois il s'établit sur des terrains sablonneux, à peu de distance des rochers, et a soin de se fabriquer une retraite pour se cacher : à cet effet, il entasse en rond une quantité de cailloux qu’il transporte, en les fixant dans ses bras au moyen’ des ventouses, puis forme une espèce de cratère, s’y blottit dedans et y attend patiemment le passage de quelque poisson ou crustacé qu’il saisit avec adresse. J'ai eu plusieurs fois l’occasion de vérifier ce fait dans la rade de Villefranche.
En été, les jeunes Poulpes s’approchent aussi des plages de galets, et on les rencontre quelquefois sur les fonds vaseux, d’où les traînes les ramènent conjointement avec des masses d'Eledons. On le pêche ordinairement à la ligne, sans hamecon; à la place de ce dernier on fixe un morceau de squale, un bras de céphalopode, un poisson blanc, un os, un morceau de suif, enfin un corps voyant, lesté d’une petite pierre. Le batelier tient une ligne de chaque main, les promène très lentement sur les bas fonds rocailleux; à peiñe le Poulpe les voit-il, qu’il s’y jette dessus et enveloppe l’appât de ses bras: le pêcheur, sentant la résistance, retire doucement la ligne tout près de lui, puis le fait entrer dans un petit filet, emmanché d’un bâton qu'il tient de l’autre main, et le saisit. On le prend aussi avec un petit rameau d’olivier, fixé à l’extrémité d’un roseau et armé d’un hameçon, qu’on promène devant l’ouverture des trons et des crevasses des rochers. Les pêcheurs au trident en prennent quelques uns de très gros. Quand les jeunes Poulpes se répandent, en été, sur les plages de galets, on les pêche au moyen d’une ligne, lestée d’un plomb et garnie d’un bouchon de liége, armé de plusieurs hameçons recouverts d'un morceau de drap écarlate, taillé en lanières , qu’on lance aussi loin que possible et qu’on retire ensuite très doucement. Le Poulpe s’y jette avidement dessus; le pêcheur, averti par le mouvement et par la résistance, donne une forte secousse, accroche presque toujours l’animal et le retire précipitamment. Gette pêche fournit, à Nice, un agréable passe-temps dans les belles soirées d'été. Les Poulpes conservent assez long-temps
leur vitalité hors de l’eau; aussi les pêcheurs sont-ils obligés, pour ne pas les perdre, de les tuer sur le champ; ce qu’ils font, en mordant leur tête, ou en y plongeant un couteau chez ceux qui sont très gros. Le Poulpe commun est bien plus abondant sur le marché de Nice que sur celui de Gènes. Lorsqu'il est jeune ou petit, c'est un morceau friand; s’il est de moyenne grandeur et pesant moins d’un demi kilogramme, sa chair , encore tendre, est estimée des gens du peuple ; mais, s’il est plus gros, il perd beaucoup de sa valeur, parce que sa chair est coriace: ceux qui l’achètent ont la précaution, avant de le faire cuire, de le battre assez long-temps avec un roseau ; d’autres, les grees surtout, ont soin de le trainer quelque temps sur une pierre, en le tenant par l’ouverture du corps, et cela probablement pour briser les fibres de leur chair. Cette chair a un goût particulier, assez marqué, ce qui fait qu’on lui préfère celle de la Sèche et surtout du Calmar commun; mais elle est plus estimée que celle de l’Eledon. À Naples, les marchands de coquillages de S.* Lucia le vendent cuit; sur les côtes de la Ligurie on l’apprête de différentes manières. Le plus grand Poulpe, que j'ai vu, avait environ trois mètres de longueur et pesait 25 kilogrammes: un vieux pêcheur adroit et très intelligent le rencontra contre le môle du port de Nice, le saisit de ses propres mains en se baissant sur sa nacelle, lui retourna le corps et finit par s’en rendre maitre, mais non sans beaucoup de fatigue. Les Poulpes de 15 kilogrammes ne sont pas rares à Nice, et ceux de 10 kilogrammes yÿ sont communs. L'action des ventouses du Poulpe sur la peau, quand elles sy appliquent ; le mouvement serpentiforme de ses bras, sa force musculaire , son aspect hideux, ont fait, je crois, exagérer les méfaits de ce Céphalopode , qui est stupide et incapable de nuire.
Histoire.
Le Poulpe, déjà connu par Aristote, décrit et figuré très médiocrement par les naturalistes , qui se sont sueccedés jusqu’à nos jours, a été bien déterminé par Lamark, qui en a fait son genre Octopus; Bose et Oken lui ont conservé le nom Linnéen de Sepia Octopodia, et M. Leach à proposé celui de Polypus; qui, quoique basé sur le nom ancien, n’a pas été adopté. Cuvier, Blainville, Delle Chiaje, Risso, Payredeau, Cantraine, Férussac et D'Orbigny ont suivi Lamark. Les figures que nous trouvons dans les anciens ouvrages sont mauvaises; celle du grand ouvrage de l’expédition d'Egypte, que nous devons à M. Savigny, est parfaite; et M. De Férussac l’a reproduite très à propos dans sa monographie PI, Z. La Planche 5 bis d’après Carus est médiocre: la Planche 11, faite sur mon dessin, a été horriblement rendue: le caractère des verrues ayant été négligé par le litographe; on a voulu y suppléer par un coloriage linéaire chargé, qui a fait perdre à ce dessin toute sa vérité.
N. 2. P. DE SALUCES. O0. SALUTII. Verany. PI, 9.
Verany, Mém. de l'Acad. Royal. des se. de Turin. Clas. des se, nat. et Phys. tom. 1. 22 série. PI. 5. 1856.
O. corpore rotundato glabro, et irregulariler verrucoso, capite mediocri et rotundato , brachiis elongatis, sub-aequalibus, umbella mediocri.
OCTOPODES 21
Corps arrondi, lisse, très irrégulièrement verruqueux; ouverture grande, un peu baillante , très visible à la partie dorsale. |
Tête arrondie, peu distincte du corps; globes des yeux peu saillants, portant un petit tubercule, situé sur la partie médiane. Yeux assez grands, ouverts dans l'épaisseur de la peau qui peut les recouvrir entièrement au moyen de deux replis membraneux.
Bras longs, cinq fois plus que le corps; très peu inégaux ; la 3° paire plus longue, et la 1. plus courte que les autres ; (la 2.° paire étant mutilée, son épaisseur fait supposer qu’elle était égale à la 3°). Conico-subulés et arrondis, garnis de deux rangées de cupules sessiles, alternantes, qui n’occupent pas toute la face interne des bras.
Membrane de l’ombrelle bien développée, embrassant un cinquième de la longueur des bras, se prolongeant très peu le long de la partie supérieure ; mais jusqu’à l'extrémité le long de la partie inférieure. Cette membrane est très développée sur la première paire de bras, et diminue progressivement sur les autres.
Tube locomoteur médiocre, conique et très évasé à sa base.
Proportions.
Longueur totale . : : , : ; 3 : 0,270 mill.
Longueur du sac. : . : : - : - * $ 0,040 Longueur de la tête . ; : : - - : ; ; , ; - 0,030 Longueur des bras, 3. paire : ù : : ‘ : : . ; ; 0,200 EL) ” 4. * . = . , : ; see : : 0,185 Longueur de la membrane interbrachiale . : : : 0,040
Couleur. Dans l’état de langueur, la partie supérieure est d’une couleur lilas, passant au bleuätre et au jaune-citron, nuagée de rouge-jaunâtre, très vif par la réunion des points cromophores de cette couleur; toute parsemée de taches ou points verruqueux blanchûtres, trés irréguliers: ces taches sont plus grandes, plus clair-semées et moins marquées sur les bras, et disparaissent entièrement sur la partie inférieure. Celle-ci est d’un blance-rose, couverte de très petits points cromophores d’un rouge-laque. Ces points sont rares sur la partie inférieure de la tête, et très nombreux sur le bord du tube locomoteur. Les bras, a insi que l’ombrelle, sont à l’intérieur d’une belle couleur lilas, nuagée de quelques taches rougeûtres, produites par les points cromophores de cette couleur.
Dans l’état de vie et au sortir de l’eau, d’après ce que n'ont affirmé les pêcheurs, il est d’une belle couleur citron, tacheté de blanc et nuagé de rougeâtre.
Pi
Rapports et Différences.
Cette espèce reconnaissable au premier abord par ses taches verruqueuses blanches et très irrégulières , diffère beaucoup de l'O. Vulgaris par la forme de son corps plus arrondi, par la longueur proportionnée des bras, qui est moindre dans celui-ci; par la bien moindre disproportion des bras entr’eux, par la différence du nombre des tubercules qu’il porte sur les globes des yeux. Il diffère aussi de l'O. Cocco par la longueur des bras proportionnée au corps, plus longs dans l’O. Cocco, qui a aussi le corps plus long, tuberculeux ou granuleux.
29 CÉPHALOPODES Habitation, mœurs et histoire.
Cette espèce a été péchée à l’hamecon, en haute mer, dans la soirée du 22 décembre 1835. Les pêcheurs, surpris de sa belle couleur, me l’apportèrent : je le coloriai tel que je le vis: mais ils m’assurèrent que, pendant sa vie, il était d’un jaune plus brillant, que les taches rouges étaient errantes, et que les verruqueuses blanches étaient trés visibles. Cette espèce pourrait bien être le petit Polype tacheté d’Aristote, que M. De Férussac dit, dans son histoire naturelle, générale et particulière des mollusques « n’être pas encore connue ». Je n'ai plus revu cette espèce qui parait habiter dans les grandes profondeurs du golfe de Nice. Jen communiquai la découverte à l’Académie Roy.® des sciences de Turin. C’est à tort que M. D'Orbigny l’a considérée comme une variété de couleur, tantôt de l'O. Vulgaris (pag. 53), puis de V0. Tetracirrhus (pag. 58). Les observations, que j'avais communiquées à son collaborateur, sur la variabilité de couleur de ces animaux, auraient dû le rendre moins défiant à mon égard; car ces observations ont été appréciées et publiées par M. D'Orbigny dans le cours de l’ouvrage, qu’il a malheureusement laissé inachevé pour la science.
N. 5. P. DE COCCO. 0. COCCO. Veraxy. PI. 12 et 12 bis.
Verany, Act. du Congr. de Napl. pag. 794.
Guide de Gênes. Vol. 1. Part. 2.° tab. 4. pag. 109. O. Unicirrhus. Delle Chiaje, Lettre à M. De Féruss. Férussac, Monogr. Esp. incertaines , pag. 70. N.0 19.
O. corpore ovali, tenuissime granulato et tuberculato, lateribus et membrana caeruleo marginatis : brachiis sub-acqualibus.
Corps ovale, à extrémité un peu acuminée, finement granulé sur toute la partie supérieure, tuberculé le long de la partie médiane et des quatre bras supérieurs : ouverture fendue sur la moitié du corps et très visible à la partie supérieure.
Tête peu distincte du corps; globes des yeux, peu saillants, portant chacun un seul tubercule, conique, assez gros, situé un peu en arrière. Yeux médiocres, ouverts dans l'épaisseur de la peau qui peut les recouvrir au moyen de deux replis membraneux.
Bras médiocres, longs deux fois et demi comme le corps, très légèrement inégaux ; la seconde paire, la plus longue; la quatrième, la plus courte; conico-subulés , comprimés latéralement et munis de deux rangées de cupules alternantes : proportions, 2. 3. 1. 4. cupules à base un peu allongée, subpédiculées , assez grandes , très rapprochées, au nombre de 150 sur chaque bras, augmentant de grosseur jusqu’à la douzième, qui à ÿ millimétres, et diminuant ensuite très insensiblement : elles couvrent toute la face interne des bras et n’alternent que vers la septième.
Membranes de l’ombrelle bien développées presque égales entr’elles, embrassant un cinquième des bras, se continuant très visiblement, à la partie supérieure, jusques à moitié de leur longueur; et à linférieure, jusques à leur extrémité.
OCTOPODES 25 Tube locomoteur court, cylindrique et petit proportionnellement au corps. Peau assez ferme, peu élastique, un peu transparente à la partie inférieure du corps.
Proportions.
Longueur totale . , : ; : ‘ ; : | ; ; , ; 0,220 Longueur du corps . { : - : : , ; ‘ ; 0,060 Largeur du corps ; : , s ; : î ; k = ; 0,040 Longueur de la tête . | + : 0,030 Distances d’un tubercule à l’autre : : : ; = ë : à r 0,015 1. Paire : ; : - DÉS : ; 0,135 Longueur des bras nes ‘ : : : : ; : H ee FR ee à : ; ; = ; : ; 0,138 RS RE Ra
Couleur. Dans l’état d’irritation (PI. 12. fig. b. c.), il est finement granulé sur la partie supérieure du sac, sur la tête, sur la première et la seconde paire de bras et sur les membranes qui les rattachent. Ces granulations sont presque tuberculeuses sur les globes des yeux. On voit des tubereules oblongs et peu relevés, épars sur la partie médiane du corps et le long des bras supérieurs : la partie supérieure est d’un gris de souris, passant au rouge-brun, avec des reflets verdâtres, ou au jaunätre: les granulations sont plus claires et les tubercules blancs; leurs interstices sont couverts de points cromophores très fins, d’un rouge-rouille : les granulations disparaissent sur la partie latérale du corps; elles sont remplacées par des taches blanches sur le centre des trois membranes ombellifères supérieures et vers leurs bords: les membranes sont bordées d’un bleu-verdâtre ehatoyant, comme l'Eledon moschatus; la ligne latérale du corps est marquée par une bordure rélevée, bleubrillant, passant au vert anglais qui se fond insensiblement avec le jaunâtre dont est colorée la partie supérieure. Une ligne semblable, d’un bleu chatoyant, se voit aussi le long de la partie latéro-inférieure des bras supérieurs, et la même teinte occupe la partie postéroinférieure des globes des yeux. Toute la partie inférieure est d’un blanchâtre livide, passant, sur le corps qui est très finement granulé, au jaune ou au bleuâtre par la semi-transparence de la peau qui laisse apercevoir les organes intérieurs. Le tube locomoteur, les bras et les membranes ombellifères qui lient la troisième paire de bras avec la quatrième, sont couverts de points cromophores rouges-brun, à peine visibles à la loupe; la membrane, qui lie la quatrième paire avec les autres, est blanche et transparente; les points cromophores sont plus clair-semés, un peu plus gros et rougeätres, sur la partie interne des bras : l’ombrelle est bianchâtre à l’intérieur sans points cromophores.
Etat de tranquillité (PI. 12 bis). Toute la partie supérieure est d’un jaunâtre, passant au brun par l’effet des points cromophores rouges-bruns; les granulations disparaissent et font place à des taches claires, marquées par l'absence des points cromophores bruns; les tubercules oblongs sont très marqués et blancs; la ligne latérale et relevée du sac n’est plus apparente, mais sa Couleur bleue-verdâtre subsiste toujours, et est aussi très visible sur le bord de la membrane ombellifère. Toute la partie inférieure conserve, comme dans l’état d’irritation, sa couleur d’un blanc livide, couverte de points eromophores rouges, passant au jaunâtre , les uns très fins, les autres ovales et plus gros; mais il n’y a plus de granulations.
Dans l’état de langueur (PI. 12. f. a), la couleur jaunâtre a disparu ; les petits points cromophores rougeâtres sont plus visibles et très rapprochés des membranes ombellifères dorsales ; la place des granulations est toujours marquée par labsence des points cromophores rougesbruns; toute trace de tubercules (sauf ceux des globes des yeux), ainsi que la teinte bleueverdâtre, chatoyante, des côtés du corps ont également disparu : cette teinte subsiste pourtant encore sur la bordure des membranes ombellifères. Toute la partie inférieure reste comme dans l’état de tranquillité à l’exception des points cromophores, qui sont invisibles, même à la loupe.
Hors de l’eau, la partie dorsale se colore d’un brun rougeâtre; la teinte bleue-verdâtre, si brillante des côtés du corps, devient verdàtre; toute la partie inférieure est marqué de taches d’un jaune-vert, passant au rouge-laque. Plongé vivant dans lalcool, l’animal prend une couleur rouge-brune, quelquefois laque: les granulations subsistent quelquefois; mais les tubercules disparaissent toujours, et la ligne latérale du corps reparait relevée.
Rapports et différences.
Cette espèce se distingue au premier abord de l'O. Vulgaris par une moindre disproportion des bras entr'eux, par la forme du corps, qui est plus allongé, et par le nombre constant des tubercules que portent les orbites des yeux. Ce Poulpe diffère de PO. Tetracirrhus, avec lequel il a, au premier aspect, une certaine affinité, par les reflets bleus-verdâtres et brillants de la bordure de sa membrane ombellifère, couleur qu’on voit briller aussi sur l’ombrelle du Tetracirrhus; par la consistance, la forme et l'ouverture de son corps; par les granulations et les tuberculosités de sa partie dorsale. I] diffère de l'O. Salutii par la forme du sac, par la constance de la Lordure bleue-verdâtre; mais surtout par sa peau granulée, tuberculeuse etc. qui n’est pas irrégulièrement verruqueuse. Il diffère de l'O. Tuberculatus de Blainville, figuré et décrit dans la monografie des Céphalopodes, par la forme et l’ouverture du corps, par la disposition et la forme des tubercules, et par la différence de proportion des bras entr'eux.
Habitation.
J'ai trouvé abondamment, en juillet et aôut 1849, cette espèce, que je n'avais eue auparavant que très accidentellement, Elle parait vivre sur les fonds vaseux, à environ 100 mètres de profondeur, en compagnie des Eledons, et on le prend toujours avec la drague. Il est possible qu’elle ne fréquente ces terrains que dans celte saison ; car les dragues qui y travaillent constamment depuis le mois de septembre jusqu’au mois de mai n’en rapportent jamais. |
Histoire.
En avril 1850, j'avais chservé et dessiné un petit individu vivant de cette espèce, que
j'avais rencontré sur le marché de Gènes : M. De Blainville, ayant jeté un coup d'œil sur mes cartons, pendant le congrès de Florence, crut reconnaitre dans ce dessin son 0. tuberculalus ,
OCTOPODES 29
et, d’après cette déclaration, je le figurai (PI. 12. fig. b. c.) en lui donnant cette dénomination. Plus tard, en avril 1848, j’eus un autre Poulpe mort: la forme ovale de son sac, la longueur presqu’égale de ses bras, l’unique tubercule de ses yeux, le manque absolu de granulation et de tubercules, tout me persuada que c’était une nouvelle espèce. Je la décrivis au congrès de Naples, et je la figurai sous le nom d’O. Cocco dans le guide de Gènes Vol. 1.% Part. 2.° tab. 4. (PI. 12. fig. a). En juillet et aôut 1849, cette espèce, étant plus abondante sur le marché de Gênes, je pus m’en procurer plusieurs individus vivants, et je me suis assuré que ces deux Poulpes ne sont qu’une différence d’état du même Céphalopode, dont l’un, observé dans l’état d’irritation; et l’autre, dans un état de langueur voisin de Ja mort.
Cependant la découverte de cette espèce remarquable est dûe à M. Delle Chiaje, qui en avait communiqué une note à M. De Férussac, en la désignant sous le nom d’0. unicirrhus. M. D’Orbigny a cité cette communication dans la monographie, et l’a comprise dans la série des Poulpes incertains (Pag. 70). M. Delle Chiaje ne l'ayant pas encore décrit, le caractère spécifique indiqué par cet auteur étant commun à plusieurs autres espèces, et le nom de Tuberculatus, donné par M. de Blainville, étant appliqué par M. D’Orbigny à une autre espèce, je conserve à celle-ci le nom que je lui avais donné moi-même, non par droit de priorité, mais dans la persuasion que le célèbre anatomiste Napolitain agréera la dédicace que je fais, de cette espèce, au savant ictyologue de Messine.
N. 4. P. À QUATRE CIRRHES. O0. TETRACIRRHUS. Deus Case. PI. 7. et 7 bis. fig. a.
Delle Chiaje, Anim. invert. V, 1. P. 4. tav. 4. Ç Féruss. et D'Orbigny, Monogr. des Céph. Genr. Poulp. PI. 22. pag. 56.
O. corpore flacido, ovali rotundaio glabro rubescenti, apertura mediocri, oculis bicirrhatis.
Corps ovale, arrondi, bursiforme, lisse; consistance flasque ; ouverture un peu baillante, fendue presque jusqu’à la moitié du corps, ne paraissant pas en dessus; quelquefois à l'extrémité du corps une espèce de tubercule conique, produit par Pélasticité de la peau.
Tête assez large, par rapport aux globes des yeux qui sont assez saillants, et portent deux cirrhes coniques dont l’un, en avant, et l’autre, en arrière. Yeux assez grands, ronds, ouverts dans l’épaisseur de la peau , qui peut se refermer sur eux, au moyen de deux replis membraneux.
Bras, ayant trois fois la longueur du corps, inégaux ; la seconde paire, la plus longue; la première, plus courte que la seconde de bien peu; la troisième, plus courte que la seconde, d’un quart; la quatrième, un peu plus courte que la troisième : proportions 2, 1, 5, 4. Ils sont conico-subulés, un peu comprimés latéralement et munis de deux rangées, très rapprochées, de cupules sessiles, très petites, assez distantes l’une de l’autre au nombre d'environ 150 sur les bras les plus longs.
Membrane de l’ombrelle, très élastique et très développée, presque égale entre tous les bras, sauf celle qui réunit entre eux, ceux de la quatrième paire, laquelle est un peu plus
courte : elle embrasse un quart des bras, s’étend bien visible jusqu’à leur extrémité et est très développée sur le côté externe. |
Tube locomoteur, court, cylindrique et assez gros en proportion du corps.
Peau flasque, très élastique et un peu transparente.
Proportions.
Longueur totale . : à ; : : : ‘ : - ; ; 0,200 mill. Longueur du corps . ee ; : ; ; ÿ 0,040 Largeur du corps ; : ; : : - : : : : ; À 0,036 Largeur de la tête : : : : : : : ë ‘ 5 ; - 0,032 Ée: : : : : en ; 0,128 2 : ; ; ; : : ‘ = 0,130 Largeur des bras ee PE .. : : : ; : : À 0,102 &:.: : ; : : 0,096 Largeur de la membrane ombellifère . : 0,033
Couleur. Partie supérieure, rose-vineux, sale, avec des taches rondes et blanchûâtres, formées par la réunion de points blancs, ou mieux, par l’absence des points cromophores rouges. Ces taches sont nombreuses sur le sac, rares sur la tête, disparaissent sur les orbites des yeux, sur la membrane de l’ombrelle et sur les bras. On voit des points bleuâtres, très brillants, sur les membranes supérieures de l’ombrelle. Des points cromophores rougesvineux, très petits, couvrent toute la partie supérieure du corps, cerclent les taches blanches, au millieu desquelles on en voit.un un peu plus gros. On remarque à travers la peau, qui est très transparente, une série de points cromophores plus gros et de couleur rouge-anglais qui sont placés en dessous de la peau. Les globes des yeux sont blanchâtres par rapport à la transparence de la peau; l'iris est blanc, nuagé de jaune d’ocre. |
La partie inférieure est d’un rose-clair, irisé de rose et de bleuâtre : elle est couverte de points cromophores rouges-carmin, très petits, plus agglomérés vers l'extrémité de l’entonnoir et sur le bord de l’ouverture du corps, mais très rares sur le centre de la tête. On voit quelquefois sur les parties latéro-inférieures du corps des petites taches, d’un bleu-brillant égales à celles qu’on aperçoit sur les membranes supérieures. Les cupules sont bordées d’un rouge-bleu ; la partie interne des bras est rose-clair, couverte de points cromophores semblables à ceux de la partie inférieure du corps; mais un peu plus gros.
J'ai rencontré parfois, mais très rarement, quelques individus qui avaient la partie supérieure nuagée de jaunâtre, comme le décrit M. Delle Chiaje.
Rapports et différences.
Cette espèce est caractérisée par sa consistance très flasque ; par sa peau très élastique, en partie transparente; par son ouverture invisible en dessus; par deux tubercules sur chaque globe des yeux; par la proportion des bras entre eux; par l’ampleur de la membrane ombellifère, qui est très développée jusqu’à l'extrémité de tous les bras, et surtout par la disposition particulière des points cromophores, que M. Delle Chiaje a si bien caractérisée et qui n'appartient à aucune autre espèce connue. |
OCTOPODES 24 Habitation et mœurs.
Cette espèce a été découverte dans le golfe de Naples, où elle porte le nom de Polpo tunnale, Polpo incamiciato ; mais y est fort rare. Je l’ai rencontrée assez cammurément sur le marché de Gènes, pendant le mois de février 1849 : elle n’y avait jamais été vue avant cette époque, et parait vivre dans la vase, en société avec les Eledons: on l’a péchée avec la grande drague, que trainent deux barques à voile (balancelle). J'ai lieu de croire qu’elle vit enfoncée dans la vase, d’où elle a été déterrée par cette drague pesante ; car les plus petites qui, à la même époque, font tous les ans la pêche dans les mêmes localités, n’en ont jamais ramené. Peut-être, aussi, l’espèce est-elle voyageuse, et ne s’est-elle présentée que par hasard dans cette circonstance.
Histoire.
Nous devons la connaissance de cette espèce remarquable à M. Delle Chiaje, qui la communiqua à M. De Férussac, la décrivit et la figura plus tard dans son ouvrage : Animali invertebrati etc. Vol. 1. pag. 4. PI. 4. La courte description, qu'il en a donnée, est très exacte; mais le dessinateur, qui a été chargé de le figurer, n’a pas eu le même mérite : ma planche 7. est la fidèle reproduction du dessin coïorié, que M. Delle Chiaje a bien voulu me communiquer; Car, d'après l’examen que j'avais fait du type, que M. Delle Chiaje possède, il ne me restait aucun doute sur la valeur spécifique de ce Poulpe. Le hasard m'ayant offert largement l’occasion d’en faire moi-même un dessin d’après un modèle vivant, je l'ai reproduit (PI. 7. bis. fig. a). La description, que donne M. D’Orbigny de cette espèce (pag. 57), faite, comme l’avoue l’auteur, sur un individu conservé depuis long-temps dans l'alcool, a dû nécessairement être fort incomplète, surtout lorsqu'il s’agit d’une espèce très délicate. La planche, figurant ce Poulpe, sous le N.° 22 du même ouvrage qui à été publiée sous la direction de M. De Férussac, est encore plus loin du vrai que celle de M. Delle Chiaje.
N. 5. P. À LONGS BRAS. O0. MACROPUS. Risso. PI. 9.
Risso, Hist. nat. des prince. prod. de l’Europe mérid. N° 5. Delle Chiaje, Mem. Vol. IV. pag. 40 et 56. Anim. invertebr. PI. 2. fig. 2 pag. 5. Q. Macropodus. Sangiovanni , Ann. des sc. nat. t. XVI. Bull. des sc. nat. t. XX. pag. 558. O. Ruber. Cantraine, Malacol. Pag. 18. N° 2.
Philippi, Enum. molluse. pag. 201. N.° 2.
O. corpore ovali apice acuminato, granulato, tuberculato, verrucoso vel glabro, cirrhis sub oculos nullis, accidentaliter unus posticus; brachiis longissimis.
Corps ovale avec l’extrémité un peu acuminée pendant la vie, arrondie après la mort; tuberculeux ou verruqueux dans l’état d’irritation ; granuleux dans l’état de tranquillité, et lisse dans l’état de langueur. Ouverture largement fendue, béante et visible à la partie supérieure.
Tête, plus étroite que le corps, séparée en avant et en arrière par un étranglement très marqué, couverte comme le corps de verrues et de granulations, jamais de tubercules. Globes des yeux saillants; yeux également saillants, latéraux, ouverts dans la peau qui peut les recouvrir entièrement par ses repiis membraneux: globes portants plusieurs taches verruqueuses, blanchâtres, qui ne se relèvent jamais en tubercule; très rarement cependant un tubercule conique et allongé, très prononcé, se remarque sur la partie postérieure du globe.
Bras très longs et inégaux, arrondis et comprimés latéralement, presque quadrangulaires dans l’état d’irritation, diminuant graduellement jusqu’à leur extrémité, qui est filiforme. La première paire est la plus longue et la plus grosse; les autres diminuent progressivement jusqu’à la 4°, qui est la plus petite, la plus courte, et n’arrive ordinairement qu'aux deux tiers de la longueur de la première paire; quelquefois pourtant aux trois quarts: j’en ai vu très accidentellement quelques-unes, toutes égales en grosseur et en longueur. Les bras sont toujours garnis de deux rangées de cupules alternantes et très rapprochées.
Cupules saillantes, subpédiculées, assez espacées, au nombre de 280 sur les bras les plus longs, et de 260 sur les plus courts. Elles commencent à alterner dès la 4.°, augmentent très sensiblement de grosseur jusques vers la 20, qui est six fois plus grosse que la première sur les bras supérieurs et quatre fois sur les inférieurs. Elles diminuent ensuite très insensiblement jusqu’à l'extrémité filiforme des bras, où il est très difficile de les compter.
Membrane de l’ombrelle très développée, et plus grande entre les bras supérieurs, embrassant sur les individus ordinaires un quatorzième des bras longs, et un dixième des bras courts ; et sur les individus à bras fort longs, embrassant un dix-huitième des bras longs et un douzième des courts. Cette membrane se continue en avant le long des bras: elle est très étroite dans l’état de tranquillité, se contracte, devient linéaire et forme une espèce de bourrelet latéral, le long des bras, dans l’état d’irritation : elle est assez large après la mort, lorsque toute la peau du Mollusque est devenue flasque.
Bouche entourée de lèvres larges et épaisses. R
Tube locomoteur conique, assez long, dépassant de bien peu les orbites des yeux.
La peau de ce Poulpe, grêle et très élancé, est un peu élastique pendant la vie, et très flasque à l’approche de la mort; c’est à ce caractère qu'est dù l'espèce de tubercule qu’on remarque souvent à l'extrémité du sac de quelques individus morts: tubereule qui se conserve dans l’alcool.
Proportions.
Longueur totale . : , ; à : ‘ : : 0,720 ; 1,140 Longueur du corps À À : : : à à ; 0,082 : 0,070 Longueur de la tête . ; : ee * ‘ : ; 0,057 : 0,040 Largeur de la tête * : ; : ; ; 0,040 j 0,025 | É. Paire ; : $ 0,610 : 1,000
Léa di de: 2. .» : : : à É : 0,550 : 0,960 | D
Hauteur de la membrane supérieure . : : , é : 0,050 ; 0,070
» » inférieure : : ; ; , : 0,030 : 0,050
OCTOPODES 29
Couleur. Dans l’état de tranquillité toute la partie supérieure est granuleuse, d’un rouge vineux passant au marron brillant, tantôt irisé de jaunâtre, tantôt rouge-laque, très vif, par lPeffet de points cromophores, tellement nombreux et rapprochés, qu’on ne peut les distinguer à la loupe. Ces teintes sont plus claires sur les parties inférieures, parce que les points cromophores y sont moins abondants: sur la partie interne des bras et de la membrane ombellifère, ces points étant très fins et clair-semés, cette teinte passe au lilas clair : près de la bouche, où ils manquent entièrement, cette partie devient blanchâtre. La partie interne des bras est quelquefois nuagée de taches rouges-vineuses vers la partie supérieure. Parfois on aperçoit aussi sur le rougeàtre de la partie supérieure des taches blanches, irisées de bleu, assez symétriques (PI. 24.° de la Monog. des Céphal. de Férussac et d'Orbigny d’après mou dessin) et on en voit d’égales sur la partie latérale des bras, sur la base de chaque cupule, et sur le bord des membranes ombellifères. Parfois, encore, ce Poulpe est d’une teinte lilas-sale, sur laquelle se nuagent, paraissent, disparaissent de grandes taches d’un rose-rougeâtre. Souvent aussi, la peau est lisse ou entièrement couverte de taches irrégulières, oblongues, verruqueuses, disposées longitudinalement et comme subcutanées.
Etat d’irritation. La couleur est constamment rouge-marron, ou rouge-laque, très vif. L'iris, qui est argenté, se couvre de points cromophores, vermeils et bruns : on remarque alors sur le corps plusieurs séries de taches blanches, formées par la réunion de points blanes, saillants ; placées un peu sur les côtés de la partie dorsale; dont quelques-unes sont distribuées un peu irrégulièrement sur les orbites des yeux, plusieurs sur la tête; trois symétriquement sur les membranes ombellifères, une série double sur le premier tiers des bras, et simple sur le second tiers. Quelquefois on voit sur le centre de toutes ces taches, sauf sur celles des orbites des yeux et de la membrane ombellifère, se relever un petit tubereule obtus et blanc. Dans cet état, la bordure étroite de la membrane ombellifère, qui se prolonge le long des bras, se contracte, devient linéaire, forme un rebord arrondi et relevé. Elle est très régulièrement annelée par de très petits traits blancs: ces mêmes traits se voient aussi sur toute la bordure de la membrane ombellifère (PI. 9.°).
Etat de langueur. La peau est quelquefois lisse, quelquefois couverte de taches verruqueuses: celles-ci disparaissent après la mort; mais souvent subsistent aussi. Peu de temps avant de mourir, le rouge général de la peau se réduit en grandes taches errantes, qui se fixent peu à peu et perdent de leur intensité : puis, elles disparaissent entièrement, lorsque cesse le jeu des points cromophores. Si la mort a lieu dans l’eau, la couleur devient d'un blanc livide, la peau reste très flasque; et la membrane, qui longe les bras, est large. Si ce mollusque est mis à sec, il perd bientôt la vie; mais sa coloration subsiste pendant plusieurs heures; il se décolore ensuite peu à peu, et la peau, quoiqu’assez élastique, ne devient flasque que lorsqu'il commence à se décomposer.
Conservé dans un grand baquet d’eau de mer, il y vit plusieurs jours sans nourriture. Je ne l'ai jamais vu, dans l’intervalle de sa captivité, ni sortir, ni tenter de sortir de l’eau comme le font constamment le Poulpe ordinaire et l'Eledon. Je n’ai jamais pu saisir l’occasion de le surprendre en état de sommeil; mais M. Peters, de Berlin, l’a très bien observé, dans cet état, pendant son séjour à Nice: il m'a communiqué que dans cet état, bien constaté par la tranquillité de l’animal, par la lenteur, et la faiblesse des aspirations, ce Poulpe était d’un gris-vineux, ou lilas sàle uniforme, et que sa peau était toute couverte de taches irrégulières, oblongues et verruqueuses.
tir
30 ù CÉPHALOPODES Rapports et différences.
Ce Poulpe, grêle et très allongé, se distingue au premier abord de tous ses congénères par sa forme et par sa couleur rouge-vineuse, qui n’appartient à aucune autre espèce. Il se distingue de l’O. Defilippi par sa couleur et par la forme du sac.
Habitation et mœurs.
Cette espèce habite toute la Méditerranée, et, d’après les observations de M. D’Orbigny, dans l’océan atlantique, dans le grand océan et dans la mer rouge: elle a été notée et décrite dans l'Encyclopédie japonnaise. Ce Poulpe vit dans les cavités des rochers un, peu profonds, et se rencontre aussi sur les fonds vaseux , mais plus fréquemment sur ceux qui avoisinent les rochers. Son apparition sur le marché de Gènes est subordonnée à la pêche aux dragues ; car on ne le prend que par ce moyen. Il ne parait pas vivre en société, puisqu'on ne le voit jamais qu’en bien petit nombre, ,et qu’on lé prend toujours isolé. Sa chair est médiocre, coriace, moins estimée que celle du Poulpe commun.et même que celle des Eledons. Les plus grands individus, que j'aie observés, avaient 1200 mil. de longueur; leur poids ne dépassait pas un demi kilogr. A Nice, il porte le nom de Poupressa; à Gènes, celui de Scorrià; en Sardaigne, celui de Purpu arrabicu, et en Sicile, celui de Fraiddu T'USSU.
Histoire.
Nous devons à M. Risso la première description de cette espèce, à laquelle il donna le nom de Macropus. M. D’Orbigny fit imprimer et distribuer, dans la même année, deax planches appartenant à la même espèce, sous le nom de ©. Cuvieri et O. Lechnauldii. M. Delle Chiaje, Blainville, Wagner et Rang ont adopté le nom de M. Risso; M. Philippi et M. Cantraine le citent sous le nom de O. Ruber de Raffinesque: cet auteur lui a assigné pour caractère antenopes égaux environ le double du corps. M. Sangiovanni l’a décrit sous celui de O. Macropodus. M. De Férussac voulait, d’aprés des individus à bras plus longs, créer une nouvelle espèce sous le nom de Longimanus; mais M. D’Orbigny a rectifié toutes les erreurs, reconnu l'identité du Macropus, du Cuvieri, du Lecnauldii et Longimanus, et les a réunis sous le nom de O. Cuvieri. Ce nom n’ayant été adopté que par M. Guérin, et n'ayant pas une priorité constatée sur celui de M. Risso, j'ai suivi l’exemple de la grande majorité en adoptant le nom de HMaeropus.
N. 6. P. DEFILIPPI, O. DEFILIPPI. Verany. PL 11. fig. deg | Rd di O. corpore rotundato, glabro ; brachiis longissimis inaequalibus ; oculis unicirrhatis.
Corps arrondi, lisse, ouverture largement fendue et béante, très visible en dessus; tête plus étroite que le corps, un peu oblongue, séparéè antérieurement et postérieurement par un a ee Li prononcé. Yeux saillants, ouverts assez largement dans la peau ; pupille très dilatée; globes des yeux peu proéminents, portant un petit tubercule conique :
OCTOPODES 51
bras très long, diminuant d’un manière graduelle jusqu’à leur extrémité, qui est filiforme, comprimés latéralement, inégaux entre eux, et non symétriques dans l'individu que j'ai observé : la grosseur correspond à la longueur ; cependant il n’y en a aucun de la paire inférieure, qui le cède en grosseur au plus gros de la paire supérieure. Ils sont tous munis d'une double rangée de cupules alternantes.
Cupules saillantes, légèrement allongées ou pediculées, alternantes dès la cinquième, augmentant en grosseur jusqu’à la huitième, qui n’arrive pas au double de celle de la première, et diminuant ensuite progressivement jusque sur l'extrémité des bras, où il est impossible de les compter sur le dernier quart.
Membrane de l’ombrelle bien développée, embrassant un septième des bras les plus courts; et un dixième des plus longs. Les membranes, qui réunissent les paires inférieures, sont moins développées que celles des bras supérieurs, et se prolongent sur ces derniers jusqu’à moitié de leur longueur.
Tube locomoteur, conico-allongé, assez gros, dépassant presque le globe des yeux.
Proportions.
Longueur totale . : : : 0,524 Longueur du sac . ; : : 5 à , 0,040 Longueur de la tête . Ë Ë , à : : 0,034 Le — : : . : ; 0,300 : 0,390 Se 2. : : : 0,330 0,450 … : : : - 0,370 : 0,500 ne : ; : 0,390 : 0,410 Hauteur de la membrane ombellifère supérieure . ; : 0,043 » » » inférieure : : ; : 0,028
Couleur. Partie. supérieure d’un blanc-livide, passant au bleuâtre, au jaunâtre, au rose, par l'effet de la transparence de la peau et la réunion des points cromophores, très fins, qui disparaissent sur les côtés du corps et sur la tête; mais qui sont plus marqués et rouges-jaunâtres sur le globe des yeux. Membrane de l’ombrelle, blanche-jaunâtre sur la base et passant au lilas sur les bords. Les bras sont nuagés de taches jaunâtres à l'extérieur et sont à l'intérieur d’une teinte lilas, couverts de points très fins, teinte neutre. La partie inférieure est d’un blanc-livide, passant, sur le corps, au bleuâtre et au jaunètre , par rapport à la transparence des organes intérieurs. Les points cromophores sont à peine visibles à la loupe.
Rapports et Différences.
Cette espèce diffère du Macropus, avec le quel elle peut se confondre par la longueur des bras, par sa forme grêle et élancée, par la forme bien prononcée de son sac arrondi, par sa couleur blançchâtre, par sa peau lisse, par un étranglement moindre à la tête; mais surtout par la régulière proportion des cupules, lesquelles ne présentent pas cette grande disproportion qui caractérise le Macropus, comme. la très bien observé M. D’Orbigny; elle se rapproche de l'O. Aranea de M. D'Orbigny ; mais elle s’en distingue par sa tête plus allongée et par la membrane de son ombrelle plus développée.
32 CÉPHALOPODES Habitation et mœurs.
Cette espèce paraît habiter les fonds vaseux de 150 à 200 mètres, de profondeur, où elle a été prise par là drague.
Histoire.
Le seul individu, que je possède de cette espèce, a été pris sur les parages de Pegli en septemb. et m'a été apporté comme une nouveauté. Je l’ai publiée, malgré l’anomalie qui existe dans la non-symétrie des bras, parce que je suis persuadé que ce Poulpe est identique à plusieurs individus recueillis à Livourne par M. Portier marchand, naturaliste français, qui pendant le congrès de Florence, m’en montra un qu’il venait offrir, avec d’autres produits marins, pour la collection du Gabinet du Grand-Duc. Je remarquai alors le caractère frappant de la rotondité du corps, et la couleur blanchätre, que M. Portier m'assura être . constante dans ces Poulpes, qu’il avait possédés vivants. Je le crus alors l'O. Cuvieri De Férussac, me réservant de l’étudier plus tard sur les individus, que me promit M. Portier. Malheureusement il ne m’a pas tenu sa parole; et quand j'ai demandé à examiner l'individu, que je croyais déposé au Musée de Florence, M. le Directeur m’annonça qu’il ne pouvait me salisfaire, puisque cette espèce n'existait pas dans la collection. J’invite par conséquent les naturalistes, qui ont recu des envois de M. Portier, de Livourne, à étudier ce Poulpe et à suppléer aux lacunes, que j’ai laissées dans la description de cette espèce.
N. 7. P. D’'ALDER. O0. ALDERII. Verany. PI. 7. bis fig. b, c.
O. corpore conico elongato et acuminato, glabro, capite parvo rotundato , brachiis mediocris, umbella minima.
Corps ovale, allongé, un peu fusiforme, lisse, ouverture ampie et très visible en dessus. Tête @etite, arrondie: globes des yeux peu saillants, sans tubercules ; yeux petits, latérosupérieurs, percés dans la peau et protégés à volonté par deux replis membraneux. Bras courts proportionnellement au corps, longs une fois et demie comme le corps, gréles, arrondis, un peu comprimés latéralement, inégaux, dont la paire la plus longue dépasse la plus courte d’un cinquième; proportions 2, 1, 5,4, munis de deux rangées, très rapprochées, de cupules sessiles, un peu espacées entr’elles, au nombre de 80 environ sur chaque bras.
Membrane de l’ombrelle rudimentaire, ne rattachant qu’une très petite portion des bras.
Tube locomoteur, assez gros, et se terminant au milieu de la tête.
Proportions.
Longueur totale . : . ; j > : ; : : : : 0,080 Longueur du corps ; ; ; : : ; : : : 2 ; î 0,028 Largeur du corps : ; : : . : : ; à 0,013 Largeur de la tête À : È ; : ; : : : ; , : 0,009 + ; : : ; : à : : < 0,040 hatlr du ble ; ; , : ; ; 0,044 - : - ; ; ; À 0,038 Po RE SR RS
Hauteur de la membrane ombellifère . - : : 2 : ; : 0,003
OCTOPODES 99
Couleur. Partie supérieure, d’un rose passant au bleuâtre, teinte neutre, par la transparence des organes intérieurs, et au bleu sur les orbites des yeux ; tout couvert de points chromophores d’un rouge-anglais: ces points sont plus obscurs, plus petits et plus clair-semés le long des bras. La partie inférieure est de la même couleur ; les points chromophores y sont plus rares, plus clair-semés, manquent entièrement sur la tête et sur l’ombrelle: on en voit quelques-uns sur le bord de l’entonnoir.
Rapports et différences.
Cette petite espèce a quelques rapports de forme avec l’O. catenulatus; mais son sac plus allongé et lisse, ses bras bien plus courts, ses cupules sessiles et le manque d'ouverture aquifère détruisent tout rapprochement. Il se distingue de toutes les autres espèces par la forme conique-allongée et pointue de son corps, par le petit volume de sa tête, par Ja médiocrité de ses bras grêles, mais surtout par l’exiguité des membranes ombellifères et le manque de tubercules sur les orbites. Son caractère le plus frappant est son facies de Calmar, avec lequel il a de commun la consistance du corps et la coloration de la peau ; caractères qui me l'ont fait certainement passer inobservé au milieu d’eux.
Histoire.
J'ai rencontré cette nouvelle espèce au milieu de jeunes sardines, le 23 avril 1849. Tout me fait supposer qu'elle n’est pas rare, et qu’on la rencontrera, si on la cherche attentivement dans les masses de jeunes poissons, que l’on prend au printemps.
N. 8. P. DE KOELLIKER. O. KOELLIKERI. Veranv. PI. 11. fig. à. b. c. Verany , Atti dell’ oltavo congresso dei scienziali ilaliani. Pag. 515.
O. corpôre bursiformi, conico-rotundato et postice acuminato; brachiis inaequalibus, acetabulis sessilibus, membrana exigua super, nulla subtus conjunctis.
Corps bursiforme conico-arrondi, légèrement acuminé postérieurement , entièrement lisse ; ouverture grande, visible en dessus, sans trace d’appareil constricteur.
Tête médiocre, peu distincte du corps; globes des yeux, très saillants; yeux médiocres percés dans la peau.
Bras courts et très inégaux; la 1. paire la plus longue, égale à la longueur du corps, y Compris la tête ; la 2.° paire, plus courte que la 1." d’un tiers; la 4°, ayant environ un tiers de la 1." paire ; et la 5°, un peu plus courte que la 4. Les bras sont garnis de deux rangées de cupules.
Cupules bien distinctes, sub-pédiculces , alternantes dès la troisième, qui est la plus grosse, et diminuant ensuite: elles sont peu ‘espacées. La première paire de bras en porte 50; la seconde, 58; la troisième, 12: la quatrième, 16.
[ra
Membrane de l’ombrelle très peu développée à la base de la première et seconde paire des bras, nulle sur les bras inférieurs.
Tube locomoteur, petit, arrivant à peine à la moitié de la tête.
Proportions.
Longueur totale 0,022 Longueur du corps . à - 0,008 Largeur du corps 0,007 Largeur de la tête 0,006 Hauteur de la tête È 0,003 if 0,011 2. 0,008 Longueur des bras 9. 0,003 4. 0,004
Couleur. Dans l'alcool, d’un rouge jaunâtre; bleu très prononcé sur les orbites des yeux. Partie supérieure du sac, couverte de points chromophores rougeàtres, assez gros. On en voit aussi de disposés en rangées régulières le long des bras, et qui bordent l’ouverture du corps; mais ils manquent entièrement sur l’entonnoir et sur le centre de la partie inférieure du corps.
Rapports et différences.
Ce Poulpe a quelque ressemblance avec le Philonexis microstoma et atiantica de M. D'Orbigny , et avec le Poulpe douteux de M. Eydoux et Souleyet: ces trois espèces appartiennent au genre Philonexis de M. D'Orbigny. Je n’ai pu retrouver, dans aucun des nombreux individus que je possède, les caractères de ce genre; ils en ont cependant le facies: peut-être des observations, faites sur les individus vivants, arriveront-elles à ce résultat.
Histoire.
La découverte de ce petit Poulpe est dûe à M. le D. Krohn, qui la receuilli dans le golfe de Messine, où il ne paraît point rare: d’après le vœu de ce savant naturaliste, je le publiai au congrès de Gènes uniment à toutes les nouveautés qu’il m’a généreusement cédées.
N. 9. P. DE CARENA. O. CARENA. Vera. PI. 14. fig. 2. 3.
Verany. Mém. de l’Acad. Royal. des sc. de Turin. tom. 1. série. 2. PI. 2. Genre, Philonexis. D'Orbigny.
O. corpore rotundato, postice acuminato , capite brevi ; brachiis inaequalibus, ace-
tabulis Subpediculatis explicatis, membrana umbellifera exigua et incompleta ; ostiis aquiferis subtus duobus.
Corps bursiforme, presque rond, un peu acuminé en arrière, extrémement lisse : ouverture large, fendue jusques y compris les orbites des yeux; appareil constricteur, consistant en
OCTOPODES 99
un appendice charnu, terminé par une espèce de bouton ou de crochet oblique, situé de chaque côté à la base du tube locomoteur, et d’une espèce de boutonnière fendue latéralement dans l’épaisseur de la peau, au bord interne du corps.
Tête médiocre, écrasée, peu marquée en dessus, le sac se prolongeant fort en avant sur la tête, presque entièrement occupée par les globes des yeux, et entièrement couverte en dessous par le tube locomoteur. Yeux latéraux ; globes gros, saillants et applatis, entièrement couverts par ure membrane transparente, qui est la continuation de la peau, et, comme elle, couverte de points chromophores, percée d’une ouverture oblongue, sans repli membraneux supérieur.
Bras conico-subulés, très inégaux ; la première paire implantée sur la tête, à moitié de la hauteur des globes des yeux; la 4. et la 1. paire plus longues que les autres, ayant environ quatre fois la longueur du corps ; les 2° et la 3° paires, beaucoup plus courtes, mais deux fois plus longues que le corps: le bras droit de la 53 paire est toujours anormal ; sur les cinq individus que j'ai examinés, il est représenté par un petit pédicule garni de quelques cupules ; parfois ce pédicule porte un globe ovale, et le plus souvent il porte un bras fort gros terminé par ce globe ovale, ayant la forme de l’Hectocothyle de M. Cuvier. Tous ces bras sont munis de deux rangées de cupules alternantes.
Cupules assez grosses, très saillantes, cylindriques et pédiculées, distantes les unes des autres, alternantes dès !a troisième, et diminuant progressivement jusqu’à l’extrémité des bras, où elles sont très visibles, La 4.° paire en porte 50; la 1."°, 40; la 2, 50; la 3.°, 26: ou la 4, 52; la 1.®, 50; la 2, 35; et la 5°, 30.
Membrane de l’ombrelle rudimentaire; elle manque entre les bras inférieurs.
Bouche entourée de deux lèvres, dont l’intérieure ciliée.
Tube locomoteur, gros, long plus que la moitié du corps et Gépassant de beaucoup la base des bras.
Deux ouvertures aquifères, petites, placées à la base des bras de la quatrième paire, au point d’attache de la partie latéro-dorsale du tube locomoteur et du globe des yeux; très difficile à apercevoir quand le mollusque est frais.
Proportions.
Longueur totale compris le bras anormal. . ; : : ; : : 0,170 Longueur totale non compris le bras anormal. . ; ë ; ; : : 0,125 Longueur du corps dessus . ; : : - : : À ë : : 0,030 Longueur du corps dessous : ; ; : : : : ; : 0,024 Largeur du corps ; * ; ; à * - . ; : 0,020 Largeur de la tête : : ; ; ; : ; 3 à $ 0,018 F1. pate : ; : = : ; : : ; 0,072
Longueur des bras 9 : : : ; ; : 0,040 3. anormal. ; ; : : : = : : 0,135