‹ Mollusques méditeranéens [!]; observés, décrits, figurés, et chromolithographiés d'après le vivantChapitre 12 sur 35 · NS · texte numérisé non relu

NS

Longueur du tube locomoteur . z : : $ , : - = : 0,018

Couleur. Pendant la vie, d’une teinte générale neutre, claire et transparente, qui laisse apercevoir les organes intérieurs, et le nuagent de bleuâtre et de jaunâtre; tout couvert

de points chromophores d’une teinte neutre, qui passe au bleu: le corps, la tête et les orbites des yeux sont nuagés de taches formées par la réunion de petits points chromophores rouges-carmin très vifs: ces points sont excessivement fins sur la partie interne des bras, et sur la base des cupules; sur la partie dorsale, ils sont de beaucoup plus gros et passent du rouge-carmin au minium. Les orbites des yeux sont d’un bleu très vif, l'iris est argenté, irisé de rouge et de bleu, et couvert aussi de points chromophores. Des reflets argentés très brillants se voient sur les côtés du corps et sur la partie dorsale des bras de la 5 et 4° paire.

Après la mort, tout le corps se couvre de points chromophores d’un rouge-anglais : ces points sont très rapprochés sur la partie dorsale du corps et de la tête, plus clair-semés sur les parties latérales et inférieures du corps: elles sont rares sur l’entonnoir et manquent entièrement vers la base; les bras en sont couverts, ce qui donne à ce céphalopode une teinte générale rougeâtre; l'ouverture des cupules et la membrane, qui borde la Louche, sont seules blanches. Les orbites des yeux conservent leur teinte blanchâtre: mais les reflets métalliques ont disparu.

Rapports et différences.

La taille et la proportion des bras entr’eux et surtout le bras hectocotyliforme font au premier abord distinguer cette espèce.

Habitation et mœurs.

Ce céphalopode, qu'aucun naturaliste n’a encore signalé, et dont j’ai déjà rencontré cinq individus sur les parages de Nice et de Gènes, paraît être voyageuse et ne s'approcher de notre littoral qu’accidentellement; tous ceux que j'ai eus, ont été pris, de septembre à avril, avec les traines, au milieu des jeunes poissons.

Histoire.

Je rencontrai, en avril 1836, sur le marché de Nice, un individu vivant de cette espèce, que je publiai dans les actes de l’académie royale des sciences de Turin; je n’aperçus pas alors les ouvertures aquifères. En septembre 1847, un second individu, parfait et plus gros, pris à Nice, m’a servi à rectifier mes observations; j'y distinguai clairement les ouvertures aquifères et l’appareil constricteur, qui caractérisent le genre Philonexis de M. D'Orbigny. Un 5.° individu s’est présenté sur le marché de Gènes le 31 décembre 1849. J'en receuillis un 4.° sur le marché de Nice, le 26 février 1850, et un 5.° à Gènes en avril de la même année; sur le premier que j'eus, le bras droit de la troisième paire consistait en un globe ovale, porté par un très petit bout de bras, ou pédoncule, qui était garni de deux cupules. Un des autres individus, que j'ai eus, n'avait que le pédoncule; tout le reste manquait. Cet individu fait partie de la collection du Musée de Francfort, l'ayant donné à M. Ruppell. Sur les trois autres, le même bras a pris un développement extraordinaire, dépassant d’un tiers les bras les plus longs : la base pédonculaire est de la grosseur normale et porte deux cupules, puis il se dilate tout-à-coup considérablement et se continue

OCTOPODES 37

en diminuant très progressivement jusqu’à l'extrémité, qui est filiforme, et se termine par un globe ovale: ce bras convexe à la partie dorsale, aplati à la partie interne, est bordé par deux rangées de grosses cupules pédiculées, d'environ 44 par rangée : elles sont très rapprochées vers la base et espacés vers l'extrémité; elles sont jusqu'aux deux tiers de la longueur des bras, réunies entr'elles par une petite membrane longitudinale, qui elle-même se réunit à la base des grandes Cupules en passant sur la partie interne des bras: quelques cupules très petites se voient aussi sur le globe terminal; et d’après les replis de la peau, on voit qu'il contient une masse filiforme pélotonnée, enveloppée d’une membrane: tout ce bras est blanchâtre, sans points chromophores, sauf une tache qu'on voit sur la base dorsale, qui en est couverte.

En 1829, j’eus le plaisir de voir de passage à Nice M. le Docteur Wagner et Valentin; ils me montrèrent quelques objets, que leur avait donné M. Risso, et je remarquai parmi eux un 0. Carena. J'ai lieu de croire que c’est l’O. violaceus du catalogue nominal, qu’il adressa au congrès de Lucques. En visitant la collection, que M. Risso a laissée, je n’ai rien trouvé qui se rapporte à cette espèce.

M. D’Orbigny, dans [a monographie des céphalopodes à la suite des espèces qu’il a décrites et constatées, a donné la phrase descriptive des espèces douteuses, qu’il à ramassées dans les ouvrages ; il n'a cependant pas parlé de celle-ci.

N. 10. P. À MAILLES. O0. CA TENULATUS. Ferussac. PI. 15.

Féruss., Monogr. des Céphal. Genre Poulpe. PI. 6 bis et ter. 1828. O. reticularis. Petagna , 1826, Communication faite à l’Acad. des scienc. de Naples. O. Verany. Wagner, (adut 1828) in Zeisch. sur. die. org. Phys. t. IL. et bullet. univ. des sc. nat. t. XIX. pag. 588. N° 5. O. Ferussaci. Delle Chiaje, 1829 Mem. etc. t. IV. pag. 41. O. tuberculatus. Delle Chiaje, Anim. invert. tav. IV. vol. L pag. 4. O. pictus. Blainville, Faune Franc. Mollusqg. pag. 8. N° 6. O. catenulatus. Verany , Tableau des Céph. fig. 9. Philonexis tuberculutus. D'Orbigny.

O0. corpore ovoidali, magno, superne laevigato, sublus tuberculato et reticulato, apertura maxima, capile brevissimo, supra parum distincto, ostiis aquiferis subtus duobus, brachiis brevibus, inaequalibus, pro magnitudine, subaequalibus pro longitudine , superioribus membrana dorsali instructis: (carinatis) acetabulis elongatis explicatis ; membrana umbellifera minima et incompleta.

Corps coriace, peu élastique, ovoïde, tronqué antérieurement un peu mitriforme pendant la vie, lisse en dessus, couvert en dessous et latéralement de petits tubercules subcutanés, qui relèvent la peau et forment sur toute cette surface un réseaü irrégulier à mailles lèches sur le centre et plus serrées sur les côtés, les tubercules y étant plus petits, moins saillants et plus rapprochés. Ouverture très grande, s'étendant en dessus de chaque côté de la tête, y compris même les orbites des yeux. Appareil constricteur formé d’un appendice

5e CÉPHALOPODES

charnu de chaque côté à la base du tube locomoteur et une fossette transverse à la partie interne du corps.

Tête très-courte, nulle à la partie supérieure, puisqu'il n’y existe qu’un faible étrangle- -ment, qui sépare la base des bras du corps: latéralement elle est très visible; les globes des yeux en occupent une grande partie. Yeux latéraux, saillants, percés dans la peau, et protégés par deux replis membraneux très minces. Iris argenté.

Bras courts et grêles, petits proportionnellement au volume du corps, coniques, subulés, plus disproportionnés entre eux en grosseur qu’en longueur. La 1."% paire, la plus longue et la plus grosse, très comprimée , s’amineit à la partie latéro-interne et forme une espèce de carène très prononcée ou membrane protrectrice des cupules , qui les déborde de beaucoup, elle porte sur sa partie dorsale une membrane natatoire ou carène très prononcée. La 4.° paire est plus mince, presque ronde, et de la même longueur de la 1." paire; elle porte aussi une petite membrane natatoire ou carène. La 2.° paire, presque ronde comme la 4°, est plus courte que la précédente, mais de la même épaisseur. La 5.° paire est plus grêle et plus courte que la 2°, et manque, comme elle, de membrane natatoire. Cupules assez grosses, pédiculées, cylindriques, distantes les unes des autres, disposées sur deux liques alternantes, réunies sur chaque rangée des bras supérieurs par une membrane intermédiaire, qui va de l’une à l’autre; cette membrane est très-prononcée à la partie externe des bras de la 1.° paire et à la partie interne de ceux de la 2. paire: elle est faible à la partie externe et manque sur les autres bras. Les cupules sont au nombe d’environ 99 sur la 1.re et la 4° paire, et de 80 sur la 2.° et la 5; elles alternent dès la 5.°; les plus grosses ont 0,010 de grosseur, leur hauteur maximum est de 0,015.

Membrane de l’ombrelle très-courte et presque nulle, elle manque entièrement à la base interne de la 4.° paire de bras.

Bouche entourée d’une double lèvre. Ouvertures aquifères au nombre de deux, placées au côté extérieur des brides, qui unissent le tube locomoteur à la base des bras inférieurs.

Tube locomoteur cylindrique, très large à la base et dépassant de beaucoup la base des bras.

Proportions.

Longueur totale . $ : : : : ; : : : ; : 0,840

Longueur du corps . à : : - ï : : : ‘ 0,280

Largeur du corps : : : s ; : : : 0,190 Orbite de l'œil . : : ; ï ; ; : : 4 : : : 0,030 .

is. : ‘ : : : : : ; : à . - 0,010

Longueur des bras mesurés de la bouch 8 he ones à | | Æ ; : : : : ; 0,520

Poids de cet individu, 3 kill. ; il arrive au poids de 7 kill.

Couleur. Toute la partie dorsale est d’une teinte bleuâtre livide, passant au blanchâtre sur les côtés; tout couvert de points chromophores , les uns très fins et très serrés , les autres : plus gros et clair-semés, d’un bleuâtre très foncé ou teinte neutre. Parties latérales et inférieures du corps, de la tête, et des bras inférieurs, d’un rose blanchâtre nuagé de rose vif et

OCTOPODES | 99

de taches rouges formées par des points chromophores disposés comme ceux de la partie supérieure, d’un rouge passant au jaunâtre. Des reflets argentés brillent sur toute la partie inférieure et latérale du corps, sur les parties latérales de la tête, sur la base du tube locomoteur, sur la base dorsale des bras inférieurs, sur toute la partie dorsale des latérosupérieurs de la 2.° paire, et sur la partie latéro-dorsale externe de la 1." paire. La membrane, qui lie les bras supérieurs, est, Comme le corps, couverte de points bleuâtres. L’entonnoir et les faibles membranes, qui lient les bras inférieurs, sont couverts de points rouge-jaunâtre. Sur la partie interne de tous les bras les points sont rouge-rouille très-fins et tous égaux, le bord des cupules est de la même couleur. La membrane, qui rattache les bras de la 1. et de la 2.° paire, la grande membrane protectrice des eupules de la 1 paire, sont, ainsi que la membrane qui lie les bras supérieurs , couvertes à l’intérieur de points chromophores très-fins, tous égaux et d’une teinte neutre. L’extrémité des bras inférieurs est très transparente et couverte de points chromophores rouge-laque brillant.

Après la mort, il se décolore très peu; mais il perd le brillant métallique, qui fait son plus bel ornement. Quoique pris vivant et sans blessures, plongé de suite dans un baquet d’eau de mer, il y meurt à linstant. Je l’ai eu très frais, et je n’ai observé aucun changement dans la disposition des tuhercules inférieurs , ni dans la réticulation, qu’ils causent à la peau. Je n’ai remarqué que l'apparition ou la disparition des points chromophores et le déplacement des taches rouges et des reflets argentés. Son encre est très noire. Ses œufs se tiennent tous à un cordon gélatineux par un petit pédoncule : ils ont la grosseur d’une graine de millet. M. Delle Chiaje les a observés et les représente (PI. LV de ses mémoires ) attachés en petite grappe à l’extrémité d’un œuf plus gros, lequel est muni d’un très-long cordon de soutien.

Rapports et différences.

Le volume de son sac, les tubercules de sa partie inférieure, mais surtout le réseau qu’ils y forment, sont les caractères tranchants, qui le font distinguer au premier abord.

Habitation et mœurs.

Ce céphalopode ne s’est encore rencontré qu’accidentellement et seulement dans la Méditerranée : il a été trouvé à Naples par M." Delle Chiaje et Petagna; à Nice par M. Risso et moi; en Sicile par M. Ruppell, à Gènes par moi: il se trouve aussi en Sardaigne, puisque des pêcheurs intelligents l’ont reconnu dans mes dessins; en Provence, d’où provenait probablement l'individu mutilé, que j'ai vu en peau au musée de Marseille; et un bel individu, receuilli à Cette par M. le Prof. Gervais, fait partie du cabinet de la faculté de Montpelier.

Ordinairement on le pêche cramponné aux poissons pris à l’hameçon à de grandes profondeurs: c'est de cette manière qu’ont été pris les trois individus, que j’ai eu à Gènes du 20 avril au 10 mai. Les deux, que j’eus en 1824 à Nice, furent pris au filet, dit Mugeliera, qu’on tend près de terre. Leur capture, faite à de grands intervalles, mais toujours de plusieurs individus ensemble, prouve que cette espèce est voyageuse et qu’elle parcourt la Méditerranée en société.

La chair de ce céphalopode est aigre, malsaine et très-coriace, ce sont les motifs pour lesquels on ne le porte pas au marché. Les pêcheurs Gènois le connaissent sous le nom de Pignata ; quelques-uns lécorchent, et de la peau de son sac se font un bonnet; les tubercules, qui réticulent la peau, en font l’ornement. En Sardaigne on le distingue sous le nom de Pulpu sepia, à Nice sous celui de Poupressa.

Histoire.

Il est très-difficile d'établir le droit de priorité pour le nom à donner à cette espèce. M. Delle Chiaje est le premier qui en ait fait mention; il signala un de ses caractères remarquables en 1822: cependant il ne le décrivit que plus tard en 1829. M. Petagna, d’après le rapport de M. le Chev. Monticelli, en a fait le sujet d’une communication à l'académie des sciences de Naples en 1826. J'en déposai un la même année au musée de Turin. Je gardai l’autre, il me frappa tellement que j'en fis de mon mieux le dessin et la description. Je le montrai à M. le Docteur Wagner de Munich, lequel, pendant son court séjour à Nice, faisait des recherches sur les -Céphalopodes pour M. le Baron De Férussac. M. Wagner m'’engagea à l’offrir à ce savant. En 1855 M. Risso me fit voir, comme une trouvaille à laquelle il mettait une grande importance, un individu de cette espèce: je le dissuadai aisément de le publier comme nouveauté, en lui montrant la planche de M. De Férussac publiée depuis longs-temps. M. Ruppell la recueilli à Messine en 1845, et j’en ai eu trois à Gènes en 1848.

Quant au nom de éuberculatus de M. Risso, qu’a adopté M. D'Orbigny attendu que quelque caractère de cette description vague s’y applique, je ne puis l’admettre, puisque j'ai vu par moi-même que M. Risso n’a connu le catenulatus qu'en 1835. Ce qui a été confirmé au congrès scientifique de Turin, à la séance du 25 septembre, quand, après la distribution que j’y fis de mon tableau des céphalopodes et la présentation des planches coloriées , je déclarai que je n’avais jamais vu le {uberculutus et pilosus. M. Risso répondit qu'aucune de mes espèces ne leur appartenait, et donna quelques éclaircissements sur elles : et dans le catalogue nominal, qu’il adressa dans la suite au congrès de Lucques, au mot O. tubereulatus , 11 ajouta la note suivante « j’ai envoyé les espèces au musée d’hist. nat. » à Paris pour qu’on s'assure qu’elles vivent dans la Méditerranée ». M. De Férussac et plus tard M. D’Orbigny, qui ont eu à leur disposition cette riche collection, l’auraient cité indubitablement; et M. De Férussac, en répondant à M. Delle Chiaje pour le remercier de l'envoi, qu’il lui avait fait de cette espèce, ne lui aurait pas écrit qu’il le tenait dèjà de moi : enfin M. Risso, qui, dans cette séance, eut entre ces mains mon dessin du catenulatus aurait déclaré avec certitude que c'était bien son fuberculatus (Atti della seconda riunione dei scienziati Italiani, pag. 255). Le nom de reticularis de M. Petagna aurait conséquemment la priorité, si sa communication avait été accompagnée d’une description imprimée dans les actes de l’académie de Naples ou ailleurs.

En février 1828, M. De Férussac, ayant recu de moi ce us le fit figurer et peu après distribua deux planches de cette espèce nouvelle, qu’il nomma catenulatus. Dans le même temps M. le Prof. Wagner, profitant des notes qu'il avait prises, et des observations que je lui avais fournies sur le Poulpe en question, en ‘fit le sujet d’une publication sous

OCTOPODES 41

le nom de ©. Verany, en août (1828 in Zeitsch, fur. die. org. Phys. t. 11. et Bulletin univ. des sc. nat. tom. XIX ).

Quant à M. Delle Chiaje, qui l’avait déjà mentionné en 1822 et ne le communiqua à M. De Férussac qu'après moi, il ne le décrivit et ne le figura dans son ouvrage qu’en 1829 sous le nom de 0. Ferussacii, Sans connaitre la publication de M. De Férussac. Il faut conclure que la découverte de cette espèce appartient à M. Delle Chiaje, qui, le premier en . 1899, l’a indiqué; à M. Petagna, qui en 1829 l’a communiqué à l’acad. de Naples; et à moi-même qui en ai deposé un exemplaire au musée de Turin, et, le premier, en ai donné communication à M. De Férussac.

Quant au nom, vu qu'il est prouvé que le catenulatus n’est pas le fuberculatus de M. Risso, ce céphalopode devrait prendre incontestablement celui de reticularis de M. Petagna; mais comme il est aussi prouvé que cette dénomination n’a pas été suivie d’une description ou figure publiée, j'ai adopté le nom proposé par M. De Férussac, que je crois, antérieur ou de même date à celui de M. Wagner, observant aussi, que c’est sous ce nom, que cette belle espèce figure depuis longtemps dans la monographie des céphalopodes.

N. 11. P. (TREMOCTOPE) VIOLET. O. (TREMOCTOPUS) VIOLACEUS. Deuur Crus. | Pl. 14. fig. a, 15, 16.

Delle Chiaje, Mem. PI. LXX. Anim. invert. PI. 8. pag. 6. O. velifer. Féruss., Monogr. Genr. Poulp. PE 18. 19. O. violaceus. Férussac, Monogr. PI. 20.

Philonexis velifer. D'Orbigny , Monogr. PI. 29. O. velaitus. Rang, Mag. de Zool. 1855.

O. corpore ovali, anticae truncato, laevigato, supra caeruleo, sublus argenteo, brachiis inaequalibus, superioribus membrana amplissima, inferioribus minima junclis ; ostiis aquiferis duo supra, duo infra et sex ad latera capülis.

Corps ovale, tronqué, et très-élargi à sa partie antérieure, lisse, molasse et un peu flasque en dessus: ouverture fendue sur toute sa partie ventrale et au dessus, y compris même l'orbite des yeux, très baillante ; appareil constricteur formé par un appendice charnu de chaque côté à la base du tube locomoteur, et d’une fossette transversale peu profonde sur la partie interne du corps.

Tête courte, peu distincte du corps, les étranglements étant peu visibles, surtout l’anterieur. Yeux latéraux assez grands, globes peu saillants, ouverts dans la peau et protégés par deux replis membraneux de la peau.

Bras très inégaux: la 2, paire trois fois et demi plus longue que le corps; la 1.%, d’un tiers plus courte que la 2.°; la 4°, plus courte que la 1%; la 5°, un peu plus courte que la 4°, et environ la moitié de la 2. paire: les bras supérieurs sont gros, aplatis et creusés en gouttière à l’intérieur; la 1. paire s’amoindrit assez promptement et finit par se confondre avec la membrane, qu’il ne dépasse jamais ; la 2.° paire est comme la 1.® aplatie,

creusée en gouttière à l’intérieur, mais beaucoup plus grosse, et s’amoindrit aussi insensiblement jusqu’à son extrémité; la 3.° et la 4.° sont plus petites et plus courtes, elles sont aussi un peu aplaties à l’intérieur et s’amoindrissent jusqu’à leur extrémité, qui est filiforme. Les cupules sont très saillantes, pédiculées, cylindriques, un peu espacées et placées sur deux rangées très-distantes l’une de l’autre et tout-à-fait sur le bord des bras. Sur les bras supérieurs elles alternent dès la 4°, qui est la plus grosse, diminuent progressivement jusqu’au premier quart de leur longueur, où elles sont très petites et sessiles, et se continuent jusqu'à leur extrémité, où elles ne sont visibles qu'à la loupe; la distance, qui les sépare entr’elles , augmente progressivement à mesure qu’elles diminuent de grosseur. Sur les bras inférieurs les cupules sont toutes cylindriques, allongées et très-saillantes (pédiculées), et diminuent progressivement jusqu’à leur extrémité, où elles sont très-visibles. Le long de ces bras, les cupules sont toutes placées presque à égale distance: mais comme elles diminuent progressivement de grosseur, l’espace, qui les sépare, augmente proportionnellement. :

Membrane de l’ombrelle très inégale: les trois membranes, qui réunissent les bras supérieurs , très développées et formant une large voile, dont la forme varie à cause de leur prolongements, découpures et échancrures : celles qui réunissent les bras latéraux entre eux, et les latéraux-inférieurs avec les inférieurs, petites et bien développées: celle qui reunit les inférieurs, plus petite, mais bien marquée: elles se prolongent le long des bras, jusqu’à la moitié de leur longueur. | |

La membrane vélifère, qui réunit les bras supérieurs, se prolonge sur son centre en une longue expansion plus ou moins angualeuse, qui est divisée par une fente perpendiculaire plus ou moins profonde: alors la voile se termine par quatre angles, dont deux internes formés par la seule membrane médiane et deux externes plus longs et plus aigus, formés par les membranes latérales, qui réunissent la 1. paire de bras avec la 2.° et sont bordées jusques sur leur extrémité par cette 2° paire (PL. 15 e 16). Cette découpure est la plus normale, ainsi que je l’ai presque toujours observée sur un bon nombre d'individus, que j'ai receuillis à Gènes depuis deux ans: un individu cependant m’a présenté la même fenté de la voile médiane: mais les angles de la voile, au lieu de se prolonger en long, car le bord était coupé horizontalement, s’étendait en large, de manière que les deux angles de la voile dans le plus grand épanouissement se recouvraient encore: deux autres fentes parallèles aux bras de la 1."°, paire se voyaient près des bras de la 2.° paire; de manière que, arrivée aux deux tiers de sa hauteur, la membrane vélifère était partagée carrément du côté des bras de la 1." paire et-très-étroite le long de La 2. paire. M. Delle Chiaje parait avoir vu les trois membranes fendues ou fortement échancrées : M. Risso semble les avoir observées sans fentes ni échancrures.

Bouche entourée de deux lèvres aplaties , dont l’interne ciliée ; ouvertures aquifères au nombre de quatre sur la tête, deux en dessus rondes, placées un peu plus haut que les yeux à la base des bras de la 1.° paire; deux en dessous rondes, situées très-près de l’extrémité du tube locomoteur. Six autres ouvertures, plus petites et inégales, se trouvent au premier pli latéral de la tête, au dessous des orbites des yeux.

Tube locomoteur court, conique, très large à sa base.

OCTOPODES 45

Proportions.

de taille moyenne. grande. anomalie.

Longueur totale . : x ; : à : 0,260 : 0,300 Longueur du corps en dessus ; ë è : 0,060 : 0,070 Longueur du corps en dessous : È : : 0,050 ; 0,052 De ee ns 008 0050... .

[ 1. paire 0,120 0,130 : 0,180 as. rss 0,200 0,215 : 0,210 Longueur des bras mésurés de ji bouche | Re 0,095 : 0,100 | 0120 ne 0,100 0,110 : 0,120 Hauteur des membranes latéro-inférieures : ; 0,030 : 0,037 Longueur du tube locomoteur : 0,029 : 0,036

Couleur. La partie supérieure est d’un blanc très brillant sur le centre du corps, de la tête et le long des quatre bras supérieurs, passant au rose-clair sur le côté: le tout nuancé de pourpre par l'effet de points chromophores de cette couleur les uns très fins et très rapprochés, les autres plus gros et clair-semés: la peau qui ferme les ouvertures aquifères est blanchâtre, couverte des mêmes points: le bleuâtre interne est transparent sur les orbites des yeux. La partie inférieure de tout le corps, de la tête, des quatre bras inférieurs et des petites membranes ombellifères, est d’un blanc argenté à reflets métalliques très brillants, entièrement couvert de points chromophores très fins, pourpres, rouges-anglais, ou rouges-orangé; elle est clair-sémée et nuagée de taches produites par les mêmes points plus rapprochés, dont quelques-uns sont plus gros. La membrane, qui ferme les trous aquifères de cette partie, est blanchâtre sans reflets métalliques. Les bras à l'interieur sont d’une teinte lilas, couverts de points chromophores très fins et rouges-pourpre: la voile est à l’extérieur d’une teinte rose-jaunâtre, passant au marron vers les extrémités anguleuses, et entièrement couverte de points chromophores rouges-rouille : à l'interieur elle est plus jaunâtre, et les points chromophores sont plus petits. Toutes les petites membranes ombellifères sont à l’intérieur blanchâtres, et toutes couvertes de points chromophores rouges très fins, sauf celle qui lie entr'elle la 4.° paire, qui en est dépourvue. Les lèvres en portent aussi quelques-uns. Les cupules saillantes, ainsi que leur base, sont d’un blanc transparent. :

Après la mort, le bleu de la partie dorsale perd sont brillant, passe au bleuâtre, puis à la teinte neutre claire ; l’argenté de la partie inférieure perd aussi son brillant, et les reflets disparaissent; la voile devient plus obscure, passe au rouge-rouille et au marron très foncé. M. Delle Chiaje représente toute la partie dorsale bleue, couverte de points bleus plus obscurs, la membrane vélifére à l’extérieur d’un bleu-cendré nuagé de taches plus obscures, et couverte de points rouges. M. Risso figure la voile à l'extérieur d’une teinte jaunâtre, passant qu marron au centre de chaque membrane, et couverte de points chromophores très gros, marrons très-obscurs et pourpres ; à l’intérieur jaunâtre , sans points. M. Rang figure la membrane d’un rouge-jaunâtreelair et les bras rougeâtres à l'extérieur.

44 CÉPHALOPODES Rapports et différences.

La grande voile, dont est fourni ce céphalopode; la disposition des bras; les reflets argentés, qui parent toute la partie inférieure; le bleu brillant de la partie dorsale, et les ouvertures aquifères sont des caractères si tranchants qu’il est impossible de ne pas le reconnaître au premier abord. |

Cette espèce parait habiter toute la Méditerranée: elle a été trouvée une seule fois à Naples par M. Delle Chiaje; à Nice, un peu plus tard, par moi-même et puis par M. Risso ; par M. Ruppell, Krobhn et Koelliker, en Sicile; par M. Nardo, à Venise; par M. Rang, en Espagne et en Algérie; à Gènes, par moi encore et en assez bon nombre; finalement en Sardaigne, par M. le Prof. Defilippi.

On le rencontre dans toutes les saisons ; il s'approche, par des temps calmes , des plages de galets, où il est pris à la drague. Il paraît voyager en compagnie, car presque toujours j'en ai recueilli plusieurs individus à peu d'intervalle Pun de, Pautre; du 1.” au 9 septembre 1845, j'en ai eu trois; en mai 1848 j'en eus quatre, et à la même époque un autre fut pris à Nice. Il semble que M. le Prof. Koelliker la trouvé plus abondamment en Sicile, puisqu'il a fait des études sur ces céphalopodes, qu’il a constatés tous femelles ; et il a aussi recueilli sur eux un Hectocotyle différent de celui de l'Argonaute. Dans tous les individus, que j’ai rencontrés, il m'a été impossible de trouver cét intéressant parasite.

Histoire.

M. le Profess. Bonelli de Turin a vu le premier ce céphalopode, qu’il avait eu parmi les objets marins, que, de 1822 à 1825, je recueillais pour lui. Le second fut aussi péché à Nice en février 1850; j'en pris le dessin sur le modéle frais, et j’adressai l’un et l’autre à M. le Baron De Férussac, qui le figura plus tard dans la monographie sous le nom d’O. velifer. Dans la même année M. Delle Chiaje publia dans ses mémoires, ce céphalopode sous le nom de Tremoctopus violaceus, PI. LXX. M. De Férussac, dans la continuation de sa monographie, regarda le 7. violaceus comme différent de VO. velifer et reproduisit la figure de M. Delle Chiaje sous le nom d’O. violaceus. Plus tard en 1855, M. Rang publia ce céphalode et le nomma 0. velatus. M. D’Orbigny, dans la continuation du texte de la monografie des céphalopodes, a réuni très-à-propos toutes ces espèces et en a fait son Philonexis velifer. En 1840 M. Risso présenta au congrès scientifique de Turin la figure d’un céphalopode , qu’il croyait nouveau, sous le nom d’Ocytoë mezaro. Je fis connaître alors que c'était le Tremoctopus de M. Delle Chiaje, ainsi que j'ai pu le constater, M. Risso m’ayant permis de prendre la copie de son dessin.

M. Rang a figuré son O. velatus avec les quatre bras supérieurs égaux, quand il dit dans la description : « bras latéraux supérieurs étant les plus longs ». Puis comparant ce céphalopode avec le velifer, il ajoute: « Il s’en distingue par l'absence des palmures entre » les bras inférieurs ainsi qu’entre ceux des côtés ». Si ce caractère était bien constaté ,

OCTOPODES 45

il devrait former une nouvelle espèce : mais M. D’Orbigny, qui a verifié l'individu de M. Rang, déclare (pag. 95) qu’il a reconnu l'identité de cette espèce avec le velifer de M. De Férussac.

M. Rang, dans sa description, ne parle pas de la couleur argentée, qui brille sur toute la surface inférieure; M. Risso, de même, ne l’a pas observée; et je suis persuadé de ne point l'avoir vue sur l'individu, que j'envoyais en 1830 à M. De Férussac. Je n’ai pas vu aussi, la belle teinte bleue de la partie dorsale, et je dois même avouer que je n’aperçus pas alors les ouvertures aquifères, qui m'avaient tant frappé sur l’O. catenulatus: probablement l'individu était jeune ou déjà décoloré. La fig. a. (PI. 1%) est la reproduction du dessin, que je fis alors. Cependant si les quatre séries symétriques de taches oscillées et de grosseur progressive et inverse, qu’on voit sur les membranes vélifères latérales, se rencontrent de nouveau, je crois que le nom de velifer pourrait se conserver à cette espèce.

La figure de M. De Férussac (PI. 18 et PI. 19. fig. 1), ainsi que le dessin de M. Risso, représentent les bras inférieurs, dépassant en longueur les bras supérieurs: sur les nombreux individus, que j'ai examinés, je les ai toujours trouvés plus courts; et j'ai vu constamment la première paire se perdre dans la membrane, sans jamais la dépasser, comme le pense M. D'Orbigny: cette opinion ne peut s'appuyer que sur le dessin de M. Rang, déjà reconnu par M. D’Orbigny peu en harmonie avec la description.

La figure, que présenta M. Risso, a les trois membranes vélifères entières: j'ai lieu de croire que M. Risso a cru la découpure du centre une déchirure accidentelle et l’a corrigée dans le dessin: j’ai vainement cherché dans la collection de M. Risso ce mollusque, pour pouvoir constater ce fait; je n’ai pu le trouver. -

La figure de M. Delle Chiaje, faite sur l’unique individu qu'il a eu, nous représente, comme il le décrit, la 4.° paire de bras plus courte que la 5.°: quant à moi, sauf un cas unique, où je les ai vus égaux, j'ai toujours observé le contraire. La voile est normale, sauf les échancrures des membranes latérales; quant aux cupules, qu’on y voit à la base des bras inférieurs, dépasser la membrane ombellifère, ainsi que les cupules trop grosses des bras supérieurs, c’est une mégarde du dessinateur. Les yeux, que M. Delle Chiaje dit inférieurs, et que M. Risso figure à cette place, je les ai toujours constatés latéraux ; ce n’est que par la contraction de la peau inférieure, qui est plus coriace que la supérieure, que les orbites prennent cette position.

Le nom générique de Philonexis ne datant que du 1835, comme l’avoue M. D'Orbigny page 85 de la monographie, et le nom de Tremoctopus de M. Delle Chiaje portant la date du 1850, il n’y a plus lieu à contestation; et je crois que si la division générique est définitivement acceptée par les naturalistes, le nom générique de M. Delle Chiaje doit ètre adopté. ;

Espèce que je n'ai jamais rencontrée.

P. TUBERCULÉ. 0. TUBERCULA TUS. BLainviue.

O. tuberculatus. Blainville, 1826. Dict. des Sc. nat. pag. 6. PI. 1. fig. 5. Faune Franc. Moll. p. 8. PI 1. fig. 5.

Féruss. et D'Orbigny , Monogr. PI. 21. fig. 1 à 7. et PI. 53. fig. 1. pag. 58. O. Ruber ? Raïlin., Précis des découv. sémiol. pag. 28. N° 70.

O. corpore curto, rotundato, verrucoso, cirrhis ornato >; capile curlo, cirrhis binis, supra oculis ; brachiis granulosis, cirrhosis, curtis, inaequalibus, ordo longitudinis parium brachiorum 2, 5, 4, 1, vel 3, 2, 4, 1, acetabulis dilatatis compressis.

A l’article rapports et différences, M. D’Orbigny dit (monogr. pag. 39) que l'espèce peut ètre comparée, avec plus de raison encore, à l'O. vulgaris, parce qu’elle porte à peu près les mêmes cirrhes au dessus des yeux et sur le corps, qu’elle a les mêmes proportions rélatives des bras, pour l’ordre de longueur ; mais qu’elle s’en distingue par des bras beaucoup plus courts, proportion gardée, par une couronne beaucoup plus large transversalement, par des bras toujours repliés sur la tête, par sa membrane fortement colorée et granuleuse entre les bras supérieurs; au surplus, comme nous l’avons déjà dit, ce sont deux espèces tellement rapprochées, que, surtout dans les grands individus, il est facile de les confondre.

Espèces douteuses.

P. TUBERCULÉ. 0. TUBERCULA TUS. Risso. pag. 5. n.° 4.

O. corpore ovato oblungo, rotundato, tuberculato, supra livido, lateraliter argentato, fasciis rubescentibus ornato, infra marginato, punctulato, pedibus brevibus. Long. 0,250. De Nice.

P. POILEUX. O0. PILOSUS. Risso. pag. 4. n° 5.

O. corpore rotundalo, lolo griseo, cinereo, fusco, pilis ruffescentibus, fasciculatis, supra ornato, pedibus brevissimis. Long. 0,310. De Nice. |

P. GRÉNU. O0. GRANOSUS. BLAINVILLE. Diet. des se. nat.

Corps très-petit, globuleux, un peu transverse, finement granulé en dessus comme en dessous, appendices tentaculaires huit fois aussi longs que le corps, assez peu palmés à la base, allant graduellement en décroissant depuis la première paire inférieure jusqu’à la 42 supérieure; couleur d’un brun-rougeâtre en dessus, et couleur de chair sale en dessous. Long. tot. 14 à 15 pouces. De Sicile.

P. FRAYEDIEN. O0. FRA YEDUS. Rarmin. Prée. des dée. sémiol. Palerme. 1814.

Appendices tentaculaires égaux, presque six fois aussi longs que le corps, et n’ayant pas de suçoirs à l'extrémité; couleur du dos rougeàtre. De Sicile.

P. DIDYNAME. O0. DIDYNAMUS. Rarrin.

Appendices tentaculaires inégaux; la paire supérieure , la plus longue et égalant presque cinq fois le corps: couleur du dos brunâtre. De Sicile.

OCTOPODES 47 P. HÉTÉROPODE. 0. HETEROPODUS. Parnin.

Appendices tentaculaires inégaux, fort courts, égalant à peine la longueur du corps; la paire supérieure , la plus longue: dos rougéatre. De Sicile.

P. ROUGE. 0. RUBER. Rarmi.

Appendices tentaculaires environ le double de la longueur du corps, qui est entièrement rouge. De Sicile.

P. TÉTRADYNAME. O. TETRADYNAMUS. Rarrin.

Appendices tentaculaires égalant cinq fois la longueur du corps, inégaux et alternativement plus longs. Couleur grisätre. De Sicile.

P. MUSQUÉ. O0. MOSCHA TUS. Rare.

Appendices tentaculaires de même grandeur, égaiant quatre fois la longueur du corps. Couleur blanchâtre. De Sicile.

Espèces nominales.

O. ALBUS. NIGER. MACULA TUS. RarriEsQuE, loco cilato. O. TRITENTACULA TUS. RUFUS. NIGER. COCCO. VIOLACEUS. Risso.

Catalog. nominal présenté au congrés de Lucques.

Dans la collection, qu’a laissée M. Risso, je n’ai trouvé aucune espèce sous cette dénomination.

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