PREMIER SOUS-ORDRE
OCTOPODES. ee OCTOPOD 14. Leacu.
Octopouda, Leach , Férussac, D'Orbigny. — Octoceres, Blainville. — Octopodia, Raffinesque. Octobrachidé , Blainville. — Anastophora, Gray. — Acochlides et Gymbicochlides, Latreille. |
Corps bursiforme, arrondi, conique, rarement conique-allongé, lisse, granulé, verreux ou cyrrheux, uni à la tête par un large ligament, sans nageoires, sauf dans le genre Cirrhoteuthis d'Echrit; pourvu quelquefois de l'appareil constrieteur ; tête plus petite que le corps, yeux petits latéraux ou latéro-supérieurs, saillants, percés dans la peau, et pouvant se couvrir par deux replis membraneux, dont le supérieur s’avance sur linférieur; bouche pourvue de deux lèvres charnues, bec très comprimé, fortement recourbé à l’extrémité des mandibules, l’inférieure recouvrant la supérieure; ouvertures aquifères, quand elles existent céphaliques; bras sessiles au nombre de huit, symétriques, presque toujours plus ou moins inégaux, libres ou réunis plus ou moins par une membrane ombellifére, garnis d’une ou deux rangées de cupules sessiles ou saillantes, (pédiculées); tube locomoteur (entonnoir) assez allongé, sans valvule intérieure ; corps sans osselet médian, quelquefois une coquille.
Les Octopodes vivent généralement auprès de la terre et sont organisés pour la marche. L'élasticité de leurs membres facilite leurs mouvements er les aide puissamment à s’introduire dans les trous et crevasses des rochers, où il font leur demeure habituelle ; quelquesuns sont bons nageurs et se rencontrent en haute mer.
Les Octopodes peuvent marcher en tout sens, mais ordinairement ils le font par côté, c’est-a-dire à l’aide des bras latéraux; en marchant ils tiennent les bras déployés, la tête relevée, le corps toujours un peu penché sur les bras de la 4.° paire, et l'extrémité de l’entonnoir retournée sur un des côtés (PI. 2. 8. 10). Ils se cramponnent à terre par les ventouses de la partie inférieure des bras; puis, ils allongent la partie flottante des deux latéraux du coté où ils veulent se diriger , et raccourcissant les deux opposés, s’attachent à terre au moyen des ventouses de ces parties des bras; ensuite, cessant de se tenir avec celles de la rosace, ils relevent le corps et le déplacent par un mouvement de contraction; pendant cette manœuvre les bras supérieurs et inférieurs ne font qu’un service secondaire , approprié aux exigences du terrain. La marche des Octopodes n’est point lente; elle s'opère hors de l’eau, comme dans l’eau, quand ïls s’y trouvent accidentelle. ment ; Car jamais ils ne quittent leur élément, quoique certains d’entr'eux puissent vivre plusieurs heures à sec. Tous les renseignements que j'ai recueillis me prouvent que l'opinion contraire, émise par les anciens, est erronée. L'instinct, qui porte ces mollusques à regagner la mer lorsqu'ils en ont été éloignés par accident, est vraiment admirable : je me suis amusé bien des fois à placer des Poulpes assez loin du rivage, sur des points où l'approche de l’eau était difficile et barrée par des rochers escarpés; je les ai vus prendre constamment la ligne droite et s’acheminer lestement vers leur élément. |
OCTOPODES 7
Les Octopodes nagent, le sac en avant, les bras tendus en arrière, les trois premières paires sur une ligne horizontale, les deux autres rapprochés en dessous. Ils prennent un mouvement saccadé par le refoulement de l’eau de l’entonnoir, qu’ils augmentent bien souvent en resserrant avec force l’entonnoir formé par les bras garnis d’une membrane ombellifère.
Quant à la vie de ces animaux, elle doit être assez longue, à en juger par les dimensions de quelques individus. Leur croissance est assez prompte; car on voit un grand nombre d'Eledons, de 5 à 10 décimêtres de longueur en juin, dépasser 15 centimètres en septembre et 20 en novembre : le plus grand n’arrive Jamais à 50 centimètres.