‹ Mon Ambassade en Allemagne;Chapitre 163 sur 178 · BISMARCK ET LES CATHOLIQUES ALLEMANDS · texte numérisé non relu

BISMARCK ET LES CATHOLIQUES ALLEMANDS

Berlin, dimanche 24 octobre 1875.

Le comte de Redern, dans une promenade très matutinale, m'avait aperçu hier au moment où j'arrivais de Bade. Aujourd'hui, il me fit demander de le recevoir et à une heure il vint chez moi. Bien qu'accoutumé à beaucoup d'amitié et de bonté de sa part, je ne m'attendais pas à autant d'empressement. 11 mit bientôt la conversation sur le prince de Bismarck et ses préoccupations politiques. Il commença par nier la réalité des motifs qui, suivant les journaux, auraient empêché le Chancelier d'accompagner l'Empereur en Italie. Les vrais obstacles, suivant lui, seraient, d'une part, la santé du prince, de l'autre, la terreur de la princesse de voir son mari exposé dans ce voyage aux coups d'assassins. Mais il finit par avouer qu'il se joignait peut-être à ces motifs d'autres d'une nature politique, tout en niant que l'un d'eux fût le mécontentement qu'aurait ressenti le prince de Bismarck de ne pouvoir obtenir de l'Empereur qu'il poussât son voyage jusqu'à Home. Il s'abstint au reste de me dire lesquels.

Mais l'objet principal des préoccupations du comte de Redern et celui dont il tenait, m'a-t-il dit, à m'entretenir, serait un changement qui s'opérerait, depuis quelques mois, dans l'esprit du Chancelier par rapport aux conséquences de sa politique. C'est à cause de ces dispositions qu'il aurait réclamé par deux fois la visite du maréchal de Manteuffel et même celle de M. Wagner, le directeur de la Gazette de la Croix, lequel, dit-on, lui en fait une nouvelle dans le moment actuel. Le Chancelier serait devenu inquiet de la résistance prolongée des catholiques, ainsi que de celle des protestants orthodoxes qui, au dire du comte de Redern, serait aussi vive que celle des évêques. Il se sentirait

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