‹ Mon Ambassade en Allemagne;Chapitre 168 sur 178 · M JULES SIMON · texte numérisé non relu

M JULES SIMON

— C'est une œuvre difûcile, en effet, répondis-je, et, il y a soixante ans, M. de Maistre disait : « Il n'y aura jamais de répu- « blique dans un grand État, par la raison qu'il n'y en a jamais « eu qui aient pu jusqu'ici s'établir et durer. »

— En effet, reprit le prince de Bismarck, les républiques que nous avons vues dans le monde existaient dans de petits États, et, si elles ont prospéré pendant un temps, comme à Venise et en Hollande, c'est qu'elles renfermaient une aristocratie, et c'est grâce à cet élément qu'elles ont fait de grandes choses. »

Et puis, faisant allusion à la France, il dit en riant encore : « La république ne peut marcher que tant qu'elle est gouvernée par des hommes qui ne sont pas républicains.

— Je le crains, dis-je, et j'ajoutai : Enfin, il faut que nous (monarchistes), nous soyons républicains pour rendre la république conservatrice et nous n'avons pas aujourd'hui d'autre voie à suivre. »

Il approuva de la tête et de la physionomie, et nous nous quittâmes.

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