‹ Mon Ambassade en Allemagne;Chapitre 3 sur 178 · DE M. DE GONTAUT-BIROX · texte numérisé non relu

DE M. DE GONTAUT-BIROX

La situation politique et religieuse en Allemagne. — Certains évêques français critiquent le Kulturkampf en leurs mandements. — M. de Gontaut signale les mauvaises dispositions du prince de Bismarck et conseille la prudence. — Circulaire du ministre des cultes aux évêques les invitant à modérer leur langage. — Le gouvernement allemand paraît d'abord s'en contenter. — Long entretien de M. de Gontaut et du prince de Bismarck : celui-ci demande des poursuites judiciaires contre les évêques. — Réponse dilatoire du duc Decazes. — Les élections au Reichstag : succès des catholiques. — Suspension de Y Univers pour deux mois. — Discours du duc Decazes à l'Assemblée nationale sur les rapports de la France et de l'Italie. — Après de nouvelles insistances pour obtenir des poursuites, l'Allemagne laisse subitement tomber l'incident. — Symptômes d'apaisement. — Une confidence du prince Gortchakoff au général Le Flô. — Réaction générale en Europe contre la politique autoritaire du prince de Bismarck. — Lettre de la reine Victoria à l'empereur Guillaume. — Voyage de M. de Gontaut à Saint-Pétersbourg : ses entretiens avec le prince Gortchakoff, le Tsar, le baron de Jomini, la grande-duchesse Marie ; ses impressions et conclusions. — Déclarations du prince de Bismarck au prince

Orlofî : guerre morale à la France. — Lettre du duc Decazes à M. de Gontaut : son attitude envers le Chancelier. — Aggravation du conflit religieux en Allemagne.

Le récit laissé par M. de Gontaut des deux premières années de son ambassade, et récemment publié, exposait, dans un dernier chapitre, les tentatives de restauration monarchique en France, les diverses impressions, dominées par la défiance, qu'elles avaient produites en Allemagne, leur échec et la prorogation pour sept ans des pouvoirs du Maréchal. M. de Gontaut avait voulu venir à Paris pour contribuer par son vote à cette prorogation. La notification en avait été faite, en son absence, par le premier secrétaire de l'ambassade au gouvernement allemand, sans aucune des difficultés que ce dernier avait soulevées pour celle de l'élection du Maréchal. Un nouveau ministère avait été constitué :1e duc de Broglie, qui en restait le chef, cédait au duc Decazes le portefeuille des affaires étrangères et prenait celui de l'intérieur. Peu de jours après, le 2 décembre 1873, M. de Gontaut regagnait son poste à Berlin.

Il constatait tout d'abord et signalait au duc Decazes une certaine détente dans les sentiments de l'Allemagne à notre endroit. Il était évident que l'échec de la monarchie ne lui avait pas déplu et qu'elle s'arrangeait mieux du système inauguré par le vote qui prorogeait les pouvoirs du Maréchal. M. de Gontaut vantait à son ministre la courtoisie et même la bienveillance du secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, M. de Bûlow. Une violation de territoire ayant été commise, non loin de Metz, par des soldats allemands, celui-ci se montrait tout disposé à nous donner la satisfaction à laquelle nous pouvions avoir droit.

Néanmoins, cette accalmie ne devait pas être de longue durée. Les préoccupations très vives que causait, en ce moment, au prince de Bismarck sa propre politique intérieure,

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