‹ Mon ami PiffardChapitre 10 sur 17 · LA MAISON CE CAMPAGNE DE SAINT-MAXDÉ · texte numérisé non relu

LA MAISON CE CAMPAGNE DE SAINT-MAXDÉ

Enfin !a domestique débouche d'une allée, portant un arrosoir de chaque main et le front couvert de sueur. ^P. 38.)

hO MON AMI PIFFARD

— Pourquoi n'obéis-tu pas?... Tu devrais déjà être revenu...

— Papa... c'est que... le kiosque, c'est si loin... moi j'ai peur d'aller la nuit au bout de ce grand jardin.

— Tu as peur! l'ai-je bien entendu? Est-ce que tu ne courais pas tous les soirs sur la pelouse de notre ancienne maison?

— Ah! oui! mais c'était tout près... du jardin, on vous entendait parler dans le salon.

— Eh quoi ! César, tu as peur ? Tu te nommes César, et tu es poltron? C'est une anomalie. Je t'ai donné exprès ce nom-là pour que tu sois brave.

« Ne démentez pas votre nom, mon fils. Allez dans le kiosque me chercher mon mouchoir.

— Non, je n'irai pas, na!

— Ah! tu n'iras pas?

Et monsieur Pavillon avait donné deux ou trois coups de pied au derrière de son fils, qui ne voulait pas aller au bout du jardin.

Pendant ce temps-là, madame Pavillon cherchait sa fille dans la maison. Connue il y avait deux étages et beaucoup de pièces à chaque étage, on pouvait se perdre dans ses appartements comme dans son jardin. Cela faisait double agrément.

Mais madame Pavillon, ayant fort peu de patience, et n'ayant trouvé sa fille qu'après l'avoir cherchée dans toutes les pièces de la maison, avait commencé par lui donner un soufflet, parce que mademoiselle Félicie avait eu l'air de rire en retrouvant sa mère.

C'est ainsi que l'on avait inauguré la nouvelle propriété; ce qui n'avait pas empêché monsieur Pavillon de s'écrier en se couchant :

LA MAISON DE CAMPAGNE DE SAINT-MANDÉ h\

— Dieu! que l'on est heureux d'avoir une belle maison de campagne.

Le lendemain, madame Pavillon, étant sortie pour aller reconnaître s'il y avait dans les environs un boucher, un boulanger, et tous les fournisseurs indispensables aux besoins de la vie, était revenue par le bois et avait <onné à la porte qui se trouvait derrière la maison.

Les habitants de la grande propriété étaient disséminés de côté et d'autre.

Cependant, monsieur Pavillon avait dit à sa fille :

— Il me semble que l'on sonne.

— Vous croyez, papa ?

— Oui; on sonne, Angélique.

— A quelle porte, monsieur?

— Parbleu, ce doit être à la grande porte principale... Allez donc; c'est sans doute nia femme, et elle n'aime pas à attendre.

Angélique va à la grande porte de devant, et elle ne trouve personne par la raison que sa maîtresse sonnait a la porte de derrière. Elle se décide alors à aller voir à l'entrée opposée.

Mais, impatiente de sonner en vain depuis quelques minute-, madame Pavillon vient de renoncer à entrer par la porte du bois, et elle va sonner à l'entrée principale.

La domestique a été ouvrir à la porte du bois, et elle ne voit personne.

Cependant on entend carillonner de nouveau, et monsieur Pavillon crie à sa bonne :

— Mais allez donc ouvrir, Angélique... Yom voulez, donc qu'on brise nos sonnettes!...

— Mais, monsieur, voilà deux portes que j'ouvre et je ne trouve personne.

•ftâ JION AMI PIFFAED

— Allez voir à la troisième.

La domestique va voir à la petite porte du jardin qui donne sur le sentier, et elle n'y trouve personne. Elle se décide à retourner voir à la grande entrée; mais madame Pavillon, furieuse- de ce qu'on ne lui ouvre pas, vient d'abandonner ce poste et se dirige alors vers l'entrée du sentier, où elle fait un tintamarre à tout briser.

— Qu'est-ce que cela signifie ? s'écrie monsieur Pavillon, en courant comme un furibond dans son jardin. Est-ce qu'Angélique a juré de ne pas ouvrir aujourd'hui?

— Eli ! monsieur, je ne fais que cela, moi ! je n'y comprends rien. Si, quand j'arrive à une porte, on court à une autre, ça n'en finira jamais.

— Allons, dit monsieur Pavillon, que trois personnes aillent ouvrir en même temps, chacune à une porte différente.

« Je ne vois que ce moyen pour que l'on puisse être introduit chez moi.

« Félicie ! César! allez ouvrir en même temps que votre bonne.

— C'est agréable, dit mademoiselle Félicie, en se décidant avec peine à quitter sa chaise. Il faudra avoir trois portiers ici... Quel genre!

Le petit César ne dit rien, mais comme c'est lui qui se trouve ouvrir la bonne porte, c'est-à-dire celle où est sa mère, c'est aussi lui qui reçoit la première bordée de la colère de madame Pavillon.

Elle lui applique une paire de soumets, en lui disant :

— Voilà pour t'apprendre à me laisser sonnera toutes les portes pendant deux heure-;.

Le petit garçon s'éloigne en pleurant, en disant

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