CHAPITRE V
Quelque temps après ce dimanche, monsieur Pavillon était allé se promener seul à Vincennes. Involontairement il avait porté ses pas du côté de son ancienne petite maison qui donnait sur la route, et arrivé devant cette modeste habitation, il s'était arrêté pour la contempler, puis les réflexions étaient arrivées en foule, et il se disait:
— En effet, cette maison était bien petite... mais je m'y suis beaucoup amusé... mon jardin n'était pas plus grand qu'une cour, mais je ne me donnais pas îles courbatures pour l'arroser.
« Je n'avais qu'une trentaine d'arbres, mais je les connaissais tous comme d'anciens amis; enfin ma pelouse était en peluche... mais cela ne me coûtait pas des journées de jardinier pour l'entretenir!... Il est donc bien vrai que lorsqu'on a assez pour être heureux, c'est une sottise de désirer davantage !
(( Je commence à penser que je n'irai pas voir la mer, cela me jouerait aussi quelque mauvais tour! »
Après s'être dit tout cela, monsieur Pavillon va, quoique à regret, s'éloigner de son ancienne maison, lorsqu'en se retournant, il se cogne contre un individu qui passait près de lui ; les deux hommes se regardent, et s'écrient en même temps :
— Piffard!
— Pavillon !...
— Que fais-tu à Vincennes?
— Je me promène... et toi?
— Moi? je me promenais aussi... G'est-à-dire je regardais ma ci-devant maison...
— Ah! c'est vrai: maintenant tu en possèdes une grande, une superbe... tu m'as dit cela sur le bateau à vapeur, je m'en souviens... tu étais dans l'enchantement!
Monsieur Pavillon pousse un soupir et reprend :
— A propos de liteau à vapeur, je n'ai jamais pu te retrouver à Melun, toi...
<( Eh bien, voyons, Piffard, es-tu encore désolé, désespéré comme l'autre fois ?...
(( Sais-tu que tu m'avais inquiété... Que diable avais-tu donc ce jour-là !... tu étais malade, n'estce pas ? »
Piffard secoue tristement la tète en baissant les yeux, et ne prononce pas un mot.
— Il me paraît que ce n'est pas fini... que tu as toujours des chagrins ?... reprend monsieur Pavillon en tendant la main à son ami.
— Oui !... répond enfin Piffard en poussant un profond soupir.
— Est-ce que tu ne me conteras pas cela, à moi, ton ancien ami ?
— Je n'oserai jamais.
— Tu eé donc un bien grand coupable ?
(c A propos, ta femme, qui est venue une fois voir la mienne, lui a dit que tu étais en voyage.
— Ma femme ! s'écrie monsieur Piffard qui devient alors tout bouleversé. Ah ! vous avez vu ma femme p...
— Sans doute... tu ne le savais donc pas ?... Elle ne te l'avait pas dit ?
— Non... je... c'est que... tu ne sais pas ?... j'ai quitté ma femme.
— Pour aller à Melun ! je le pense bien ; mais maintenant ?
— Maintenant je ne suis pas retourné près de ma femme, et je n'y retournerai pas.
Monsieur Pavillon est tout saisi de ce qu'il entend; il regarde fixement son ami Piffard, puis s'écrie enfin :
— Mais je n'en reviens pas, moi... tu as quitté ta femme, toi, Piffard... le module des époux ! mais que t'a-t-elle donc fait ?...
— Pion...
— Alors qu'est-ce qui t'a donc pris, à toi, car enfin on ne quitte pas sa femme sans dp très fortes raisons... surtout à nos âges... nous ne sommes plus des papillons !
— Ma femme ne vous a donc rien dit à mon sujet ?
— Je ne l'ai pas vue, moi : mais elle a seulement dit à mon épouse que tu étais en voyage... et puis, elle lui a demandé si tu m'avais écrit.
— Voilà tout ?
— Sans doute.
6it MON AMI PIFFARD
Piffard semble réfléchir quelques instants, puis il dit à son ami :
— Pavillon, je me rappelle que tu m'as dit avoir dans ta nouvelle propriété des chambres pour tes amis.
Pavillon se gratte l'oreille et répond en hésitant :
— Oui... Oui, en effet... j'ai des chambres... c'est-à-dire, elles ne sont pas encore meublées, j'ai eu tant de dépenses à faire !...
— Eh bien ! mon ami, je vais t'accompagner pour rendre visite à ta nouvelle propriété dont tu es si content.
« Tu me donneras une chambre, je passerai quelque temps avec toi, peut-être tout le restant de la saison... Car, ne voulant pas retourner avec ma femme, je t'avoue qu'en revenant à Paris je ne saurais trop où aller. Je suis bien aise de t'avoir rencontré, je serai très bien chez toi. »
Monsieur Pavillon n'est pas extrêmement satisfait de la proposition que son ami vient de lui faire ; cependant Piffard est son ancien camarade de pension, il ne peut pas refuser de le recevoir.
Et puis en le gardant quelque temps avec lui, il espère l'amener à lui faire enfin confidence du motif qui lui a fait quitter sa femme; et sa curiosité était tellement excitée qu'il n'est point de sacrifices auxquels il ne se résigne pour la satisfaire.
— Allons, mon cher ami, dit monsieur Pavillon, viens avec moi... Je suis enchanté que tu me fasses le plaisir de me donner quelques jours... mais, par exemple, j'espère que tu n'auras pas de secrets pour ton hôte et que tu m'apprendras enfin pourquoi tu te sépares de ta femme ?
— Peut-être ! murmure Piffard en prenant le bras de son ami.
Les deux amis se mettent en route et arrivent
Mais Pavillon se penche vers l'oceil!
de sa femme et lui dit tout bas..
bientôt à Saint-Mandé. Monsieur Pavillon présente Piffard à 6a femme, en lui disant :
— Voilà un voyageur que je viens de rencontrer à Vinœnnes.
— Eh ! c-'o.st monsieur Piffard.
— Oui, o'est Piffard qui... qui veut bien passer ici quelques jours avec nous.
P. de K. 30 3
6G MON Ain PIFFARD
— Quelques jours ! murmure madame Pavillon en lançant des regards flamboyants à son mari.
— Quelques jours ! dit madame Laminette à Félicie. Bon ! il amène du monde coucher à présent, il ne manquait plus que cela.
— Via la maison qui devient tout à fait une auberge, dit la domestique.
Mais Pavillon se penche vers l'oreille do sa femme et lui dit tout bas :
— Il n'est pas avec son épouse... il y a un grand secret... il nous le dira.
- Madame Pavillon se hâte de communiquer à sa sœur la confidence qu'elle vient d'entendre ; celleci la communique à sa nièce qui la redit à Angélique, et tout le monde se dit :
— Voilà qui est bien extraordinaire ! Et on lance sur l'ami Piffai'd des regards remplis de curiosité.
Monsieur Pavillon emmène son ami voir son jardin ; ensuite il lui fait visiter sa maison depuis le bas jusqu'en liant, ne lui épargnant pas un cabinet, pas une armoire.
Ce sont de ces plaisirs de propriétaires qu'on ne manque jamais de se donner, et il est d'autant plus naturel de les saisir quand ils se présentent, qu'ils reviennent fort cher à ceux qui se les donnent.
En parcourant plusieurs pièces où il n'y a que les quatre murs et d'assez joli papier, monsieur Pavillon dit :
— Voilà les chambres d'amis... tu vois que j'ai de la place pour te loger .
Piffard regarde autour do lui et murmure :
— Ah ! ce sont là les chambres d'amis... mais alors... est-ce que tes amis couchent par terre ?... je ne vois pas même une chaise pour s'asseoir.
— Elles no sont pas encore meublées tout à fait, c'est vrai...
— Je le crois bien, il n'y a rien...
— Si, en voilà une qui a un porte-manteau...
— Est-ce que tu veux que tes amis se suspendent après un porte-manteau pour dormir !
— Eh ! non, non, sois tranquille. Nous te trouverons une pièce bien meublée... oh ! tu ne manqueras de rien... on a tout ce qu'il faut chez moi.
L'heure du dîner est arrivée. Piffard se met à table avec la famille Pavillon ; il est toujours taciturne, mais il mange et boit beaucoup.
Pavillon ne peut s'empêcher de lui dire :
— Il me paraît cependant que cela va mieux que quand je t'ai rencontré sur le bateau à vapeur.
— Comment, mieux ? demande Piffard en portant un énorme morceau de viande à sa bouche ; qu'est-ce que tu veux dire?
— Je veux dire que tu as moins de chagrin.
— Oh ! non... j'en ai encore plus au contraire... je vous demanderai à boire.
— Mais alors ton chagrin ne t'empêche pas, comme sur le bateau à vapeur, de boire et de manger.
— Ah ! c'est vrai... l'estomac se fait à tout !... même à la douleur.
— Il paraît que le tien a parfaitement pris -on parti.
<( A propos, ma femme, où coucherons-nous Piffard ? nos chambres d'amis là-haut ne sont pas complètement meublées.
— Nous logerons monsieur dans la petite pièce au rez-de-chaussée, contre l'écurie ; il y a un lit et tout eu qu'il faut.
— Ali ! vous avez aussi une écurie ! dit Piffard en ouvrant de grands yeux.
— Oui, mon ami, écurie et remise, c'est très agréable, même quand on n'a ni chevaux ni voitures, parce qu'enfin on peut toujours dire : « J'ai écurie et remise » ; ceux qui entendent cela) ne sont pas obligés de savoir qu'il n'y a rien dedans.
Le dîner- s'achève.
On a essayé de faire parler Piffard ; madame Laminette a fort adroitement amené la conversation sur les mauvais ménages, sur les époux qui se séparent ; le convive a poussé d'énormes soupirs, mais il n'a pas dit un mot de plus.
On l'a conduit à la chambre qui lui est destinée.
C'est une petite pièce du rez-de-chaussée qui donne sur le jardin, et qui est meublée comme pour un domestique, mais Piffard s'en contente.
Il salue tristement toute la compagnie et se retire chez lui.
Madame Pavillon revient contre la porte pour crier à son hôte :
— Surtout, monsieur Piffard, prenez bien garde au feu !...
(( Songez que vous êtes contre l'écurie, nous rôtirions tous comme des marrons.
— Soyez tranquille, madame, répond Piffard, je ne conserve jamais de lumière dans la nuit, et je ne lis pas dans mon lit.
— Quel homme singulier ! dit madame Pavillon ; je le connaissais bête, assurément ; au moins il parlait, il riait même, et à présent c'est comme une vraie momie.
— Pour que cet homme soit tombé dans cet état
de tristesse, il faut qu'il ait fait de bien vilaines choses ! dit madame Laminette.
— Ma tante a raison, dit mademoiselle Félicie, certainement c'est extraordinaire.
— Pourquoi donc a-t-il quitté sa femme ?
— Ah ! oui, pourquoi ? Voilà ce qu'il faudrait savoir.
— Il a peut-être commis des crimes, ce monsieur Piffard, avec son air bête... reprend madame Laminette. Il a peut-être tué plusieurs personnes...
— Oh! quelle idée! s'écrie monsieur Pavillon, ce pauvre Piffard, vous voulez que ce soit un grand criminel !
— Enfin, certainement il y a quelque chose... il vous a dit lui-même qu'il était perdu... Ce n'est peut-être pas prudent à nous de le loger.
Monsieur Pavillon essaie de rassurer sa famille, mais lui-même n'a pas l'air d'être parfaitement tranquille. Enfin, chacun va se coucher en pensant à l'ami Piffard.
Il y avait à peu près une heure que l'on était retiré.
La famille Pavillon commençait à goûter les douceurs du sommeil, lorsqu'elle est réveillée par un brait effrayant.
On entend des cris, on distingue les mots :
— Au secours!... à moi!... Ah! les misérables, ils veulent m'assassiner.
Madame Pavillon réveille son mari, madame Laminette réveille sa nièce, le petit César se met à pleurer, la lionne à crier.
Tout le monde s'habille à peu près, et se réunit en se disant :
— Ah! mon Dieu !
MON AMI PIFFABD
de
— Entendez-vous ces cris?
— C'est dans la chambre de Piffard.
— On dirait qu'on se bat.
— Est-ce qu'il aurait introduit une bande voleurs dans la maison?
— Mais non... c'est lui qui appelle au secours.
— Allons, allons, dit monsieur Pavillon en enfonçant son i. : fichu de nuit sur ses oreilles et en tâchant d'avoir l'air - brave, il faut voir ce que c'est...
il faut aller au secoure de Piffard...
« Angélique, donnez-moi mes armes... bien vite- — Quelles armes, mon- *\ sieur? Je ne vous en connais pas.
' lequel
moineaux.
— Il me semblait qu'il ratait toujours.
— C'est égal... donnez-le-moi... et puis la
pincette, la pelle. Vous autres, prenez chacune quelque chose... des balais... des bâtons... César, prends ton petit tambour...
« Faisons beaucoup de bruit... cela effraiera les voleurs. »
Les dames ont beaucoup de peine à se décide'' à s'armer. Cependant madame Pavillon ne veut pas quitter son mari, mademoiselle Félicie ne veut
fusil, je tire
. avec sur les
La brave madame Hortensia Laminette s'est armée de sa seringue. (P. 71.)
LA CHAMBBE D'AMIS 71
pas quitter sa mère, madame Laminette ne veut pas rester seule; ce qui fait que l'on se décide à aller enfin tous ensemble au secours de Piffa rd .
Mais dans leur frayeur, ces dames ont pris pour s'armer tout ce qui leur est tombé sous la main. — Ainsi, madame Pavillon tient un plumeau, mademoiselle Félicie a saisi son démêloir, la domestique porte une casserole à chaque main.
La brave madame Hortensia Laminette s'est armée de sa seringue, meuble dont elle se sert très souvent, et qu'elle tient alors la canule en avant, absolument comme un grenadier qui va combattre à la baïonnette.
En approchant de la pièce où couche Piffard, on l'entend de nouveau appeler du secours.
— Faisons du bruit! faisons beaucoup de bruit! dit monsieur Pavillon à sa troupe; puis, faisant sonner son fusil, en le laissant tomber contre la terre, il cric :
— Nous voilà, mon ami; nous voici. Piffard.
<( N'aie pas peur... n'aie pas peur... nous sommes dix-sept... j'ai des braves avec moi. »
Pendant ce temps, la domestique tapait ses deux casseroles l'une contre l'autre, absolument comme si elle eût voulu imiter les cymbales, et madame Pavillon brandissait son plumeau, et madame Laminette faisait jouer le bâton de sa seringue, mais il ne rendait alors aucun bruit, et le petit garçon chantait tout en tremblant l'air de la marche des Tartan -.
Lorsqu'on est tout contre la porte de la chambre, monsieur Pavillon, qui veut parler et n'a plus de salive, se '!■ cide à tirer un coup de fusil, pour mettre
en hiiie les voleurs; mais le fusil rate, comme à son ordinaire, et madame Pavillon dit tout bas :
— Mon mari n'en fait jamais d'autres.
Il s'agit alors de savoir comment on entrera chez Piffard. Naturellement, c'est monsieur Pavillon qui doit donner l'exemple, mais il n'y semble pas bien disposé.
Tout le monde se regarde en tremblant, et la troupe va se décider à faire une retraite peu honorable, lorsque tout à coup la porte s'ouvre, et Piffard paraît.
Il se» jette dans la famille Pavillon, il manque de renverser madame Laminette, il s'accroche à sa camisole, que ce mouvement brusque dénoue entièrement, ce qui met à l'air des choses qui avaient besoin d'être retenues; puis il va se fourrer derrière la domestique, en s'écriant :
— Ah! fichtre!... il était temp- que vous vinssiez...
<( Dans quel guêpier m'avez-vous donc couché F <( C'est affreux! Quand on a des amis, on ne les loge pas avec des animaux... car je commence à croire que ce ne sont pas des voleurs, mais seulement des animaux qui se promenaient sur mon visage. »
Tout le monde regarde Piffard, puis mademoiselle Félicie baisse les yeux, et par réflexion, madame Pavillon fait passer sa fille derrière elle; et comme on n'apercevait personne dans la chambre, dont la porte est toute grande ouverte, on commence à se rassurer, à penser que Piffard n'a fait que rêver, et le chef de la famille dit. en .se donnant une voix imposante :
— Ah çà, mon cher ami, qu'est-ce que cela veut
dire?... Comment, toi, un homme qui a vu la mer, tu nous réveilles tous en poussant des cris horribles, tu effrayes ces dames... tu nous exposes à te voir en chemise... ce qui n'a rien de bien séduisant! et tout cela pourquoi?... parce qu'il y a des bêtes dans ta chambre...
« Tu as eu des punaiser peut-être... c'est possible!... mais on ne crie pas au secours et à l'assassin parce qu'on a des punaises!... c'est fort inconvenant.
— Il n'est pas question de punaises, répond Fiffard, j'ai été réveillé par de forts trépignements sur mon visage... on trottait... J'ai été effrayé, il y avait bien de quoi! au reste, entrez là-dedans... vcus avez de la lumière, vous verrez ce que c'est.
— C'est juste, dit monsieur Pavillon, entrons là-dedans... entrez, Angélique.
— Vous pouvez bien entrer d'abord, monsieur.
— Ah! que les femmes sont poltronnes... hum!... hum... Je vais entrer, moi... mais au moins qu'on m'éclaire
Et monsieur Pavillon, qui n'a pas l'air content du tout d'entrer dans la chambre, s'y décide pourtant, en tenant son fusil comme s'il voulait assommer quelqu'un avec la crosse. Il n'a pas fait deux pas dans la chambre que quelque chose lui passe rapidement entre les jambes.
Il lâche alors son fusil à terre et se laisse aller dans li'- lira- d'Angélique qui l'éclairait, en s'écriant :
— Ayel... ave!... on se sauve à quatre pattes. La famille Pavillon redevient tremblante et va
fuir, lorsque la domestique, ayant plus de sangfroid qm> les autres, pose la lumière par terre et s'écrie bientôt :
(H MON AMI TIFFAKU
— Ah! madame! un lapin... deux lapins... tous nos lapins sont retrouvés.
■ — Les lapins! serait-il possible?
On se précipite dans la chambre de Piffard, et on retrouve en effet les lapins fugitifs qui, du jardin, avaient gagné l'écurie, et de là s'étaient réfugiés dans la petite pièce voisine, où ils avaient établi provisoirement leur domicile sur le lit.
Lorsqu'on est bien certain que ce sont des lapins qui ont fait peur à Piffard, les éclats de rire succèdent à la frayeur, et madame Pavillon est fort contente d'avoir retrouvé ses déserteurs.
La bonne en a déjà saisi plusieurs, les enfants prennent le reste, et on souhaite le bonsoir à l'ami Piffard.
— Tu n'auras plus peur maintenant, lui dit monsieur Pavillon, tu vois bien que ce n'était que des lapins... et, pour un homme qui a vu la mer, tu t'effrayes de peu !
— Je ne pouvais pas deviner ce que c'était, répond Piffard; je ne pensais pas que vous m'aviez logé avec des lapins... Drôle de chambre d'amis!
— S'il n'est pas content, dit tout bas madame Laminette, il peut aller ailleurs, ce brutal qui m'a défait ma camisole... et qui ne m'a pas adressé un compliment sur son bonheur.
Piffard veut encore dire quelque chose, mais Pavillon a M te de fermer la porte sur lui, parce qu'un courant d'air venait de rent. e le costume de son ami par trop décolleté.
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