‹ Mon ami PiffardChapitre 7 sur 17 · LA FAMILLE PAVILLON · texte numérisé non relu

LA FAMILLE PAVILLON

— Pavillon, combien ton gazon te coûtoe-t-il l'aune ?

— Qu'est-ce qui t'empêcherait d'avoir un gazon comme cela l'hiver, à Paris, dans ta chambre à coucher.

— Ton jardin est-il une cour, ou est-ce ta cour qui est un jardin?

— Quand il vient six personnes te voir en même temps, où les mets-tu?

Etc., etc., etc..

Et mille autres plaisanteries du même genre.

Pour des amis, c'était assez méchant ; mais ceux qui nous aiment le plus ont encore du plaisir à se moquer de nous ; jugez donc ce que ce doit être pour les amis qui ne nous aiment pas.

Monsieur Pavillon riait de toutes ces plaisanteries ; mais au fond du cœur il en était vexé, humilié, et se disait souvent en soupirant:

— Ah! que je serais heureux si j'avais une belle maison de campagne et un grand jardin!...

« Alors je pourrais recevoir beaucoup de monde... Alors on ne se moquerait plus de moi quand je parlerais de ma propriété. »

Et madame Hortensia Laminette lui répondait :

— Vous êtes bien bon de vous occuper de ce que disent les autres! est-ce que votre maison n'est pas assez grande pour vous et votre famille?... Est-ce que vous ne vous y plaisez pas?... Est-ce que votre jardin ne vous donne pas assez à faire?...

« Enfin est-ce que vous n'êtes pas heureux ici?... Quelle nécessité d'acheter une plus grande maison ? n

P. de K. 30 S

La belle-sœur raisonnait assez juste quelquefois.

Mais l'héritage de l'oncle était arrivé, et, au lieu d'écouter les conseils de madame Laminette, M. Pavillon s'était hâté de vendre sa petite maison de Vincennes et d'en acheter une fort belle à Saint-Mandé.

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