ACTE II, SCÈNE XIII I
i le fredonner.) Vous connaissez, madame? C'est gentil?
MADAME ROU CHER, très agacée.
Oui, oui!
MADELEINE
Spirituel, hein ?
MADAME ROUCHER
Oui.
MADELEINE, sur un geste plus violent de M"* Roucher.
Ca se danse, vous savez.
MADAME ROUCHER
Ma chère petite, je vous en prie, laissez un instant cette musique.
MADELEINE, cessant de jouer.
Vous n'aimez pas, madame?
MADAME ROUCHER
Si, mais j'ai à vous parier très sérieusement.
MADELEINE, Wès ironique.
Je VOUS demande pardon, madame, je ne savais pas... J'ai dû vous agacer beaucoup avec mon petit air.
MADAME ROUCHER
Venez vous asseoir près de moi.
MADELEINE
Voilà, madame.
MADAME ROUCHER, se décidant.
Ma chère enfant... Nous sommes femmes toutes les deux.
MADELEINE
Sûrement, madame...
MADAME ROUCHER
Qu'elle est amusante! — Je suis votre aînée... vous voyez que je n'y mets aucune coquetterie... je suis votre aînée, c'est entendu... j'ai donc une certaine expérience qui me permet de vous dire certaines choses. (Brusquement.) Ma chérie, je sais que vous n'êtes pas heureuse.
MADELEINE
Quoi?
MADAME ROUCHER
Oh! ne m'interrompez pas. Vous pensez bien que pour vous parler comme je fais... il faut que j'aie longuement réfléchi; il y a des nuits que je