ACTE m, SCÈNE V
MADAME ROUCHER, continuant.
Il faut absolument démentir... et le seul moyen, je vous le répète...
MADELEINE
C'est que je consente à reprendre mon mari.
MADAME ROUCHER
Voilà, je n'hésite pas, je me sacrifie...
MADELEINE
Eh bien! madame, mais c'est un très beau geste, et je vois bien que dans toute cette affaire vous ne pensez pas à vous une seule minute... Mais moi, que voulez-vous, je ne me sens pas capable d'un si noble désintéressement... Je maintiens ma résolution, et, comme je vous le disais au début de cet entrerien, j'ai rendezvous, à trois heures, avec mon avoué.
MADAME ROUCHER
Voyons, réfléchissez, comprenez-moi...
MADELEINE
Mais je vous comprends très bien, madame!
MADAME ROUCHER
Non seulement pour votre mari, mais pour vous-même...
Que voulez-vous dire?
MADAME ROUCHER
Vous n'avez pas le droit de gâcher votre existence! Un être aussi charmant, aussi fin que vous!... Vous ne pouvez pourtant pas épouser ce petit secrétaire d'ambassade!
MADELEINE
Ah! là-dessus, madame, permettez!
MADAME ROUCHER
Voyons, c'est impossible, c'est insensé! Je ne peux pas vous laisser faire ça!