ACTE I, SCÈNE VIII
DIDIER-MOREL
C'est prodigieux! Je le disais à ma femme quand vous êtes entrée!
MADELEINE
A peu de chose près.
VERDIER
Tout ce que vous venez de dire, madame, est très exact. Vous connaissez admirablement le petit peuple de France.
MADAME ROUCHER
Comment! si je le connais... mais j'en suis... j'ai été moi-même institutrice... je ne rougis pas de mes origines, c'est ma qualité. Je dirai plus : cela fut ma force. Quand j'étais à la présidence, le pays était heureux de sentir qu'il y avait enfin à l'Elysée une femme qui ne faisait pas de manières et qui avait de l'instruction. Oh! je vous jure bien que, si je revenais au pouvoir, je ne changerais pas d'un iota ma manière de faire. (Brusquement à Madeleine.) Chère amie, je prendrais bien une tasse de thé.
MADELEINE
Mais, certainement... Vous devez avoir soif...
fO MON AMI TEDDY
avec cette chaleur... Vous permettez que j'appelle les jeunes filles?
MADAME ROUCHER
Ah! vous avez des jeunes filles?
Oui, des amies de Francine... Elles sont dans le jardin. (A Verdier, bas.) Tu vois ce que je t'avais dit : elle est chez elle.
VERDIER
Moi, mon petit, je file à l'anglaise. A demain!
MADELEINE
A demain!... Oh! ce qu'elle m'agace!
(Elle sort.)
MADAME ROUCHER, à Verdier, surprenant son mouvement de retraite.
Vous ne partez pas, monsieur Verdier?
VERDIER
Je vous demande pardon, madame.,, mais on m'attend à mon cercle.
MADAME ROUCHER
Je suis désolée que vous partiez si vite... Vous m'êtes si sympathique!