‹ Mon art du chantChapitre 28 sur 52 · STACCATO (SONS PIQUÉS · texte numérisé non relu

STACCATO (SONS PIQUÉS

Le staccato peut être produit, — pour mieux dire: ressenti, — de diverses manières, la position du moule s'y prêtant plus ou moins selon les personnes ou les habitudes. Il y faut avant tout le moule libre — disons: le moule creux — de ou, que l'on peut se figurer très en avant, ou parfois, suivant les individus, très en arrière. Nez et palais composent une selle, un ensellement fermement tendu en haut, sur lequel convergent tous les effets du travail musculaire des différents organes. Cette selle fait opposition au diaphragme, et leur ensemble constitue le moule de cloche. Le battant, c'est à dire le larynx, vient, — sitôt le moule établi, la bouche ouverte, — avec sa forte tension e et l'action correspondante des muscles de la poitrine, battre l'intérieur de ce moule creux de ou, et atteint son but comme une balle atteint le noir d'une cible. Le diaphragme doit étayer, et cette fois sans négligence, ces attaques du larynx, car il importe qu'il maintienne en dessous la fermeté du moule. Comme lors de l'impulsion du souffle, le moule demeure immobilisé avec le souffle, tant qu'il se fait des staccati. La bouche reste ouverte, sans se refermer même dans les pauses entre les battements de notes, car ce ne sont que pauses silencieuses entre des sons successifs sans paroles et il n'est point repris de souffle: Impulsion du souffle — pause

— battement — pause — battement — pause, etc.

En tout cas le nez doit être doucement gonflé très en avant sur ou, afin de constituer le moule de cloche par sa liaison avec le voile. Le moule demeure creux jusqu'à ce que le battant le frappe en dedans avec l'attaque e, en se servant tout spécialement pour cela des muscles de la poitrine dans la prononciation, c'est à dire à chacune des attaques successives. Celui qui, en cette position du voile nécessaire au moule, peut en toute souplesse fermer la gorge vers l'arrière au moyen de la langue, peut sans pro= nonciation, par la seule inflexion de sa pensée vers i ou vers ou, produire d'excellents sons de flageolet (flûtes, harmoniques) et de tête suraiguë.

Dans le staccato l'action du diaphragme est très forte, pour déterminer le battement et rétablir aussitôt l'état d'impulsion du souffle.

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