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LE CHEVROTEMENT

Les grandes voix, produites par de très puissants organes où le souffle peut se répandre largement et fortement, sont sujettes au chevrotement, parce que le flux du souffle, au lieu d'être poussé par la presse abdominale contre la poitrine, appareil de contrôle, et de là, par un détour, amené aux ligaments vocaux (cordes vocales), arrive contre eux trop directement, chassé au travers du larynx par la poussée du diaphragme. Si fortes que soient des cordes vocales, elles ne peuvent supporter une pression de souffle sans contrôle, c'est à dire un choc direct. 11 faut apprendre le jeu des différentes fonctions musculaires, pour les tendre et les ménager.

Dans la préparation, la poitrine ne doit être soulevée qu'un peu par l'impulsion du souffle: on aurait donc là un exercice d'élargissement de la poitrine à se proposer. La pression du souffle doit se maintenir, grâce à la prononciation de e, aussi longtemps qu'il est désirable de tenir un son ou chanter une phrase. Dès que cessent les tensions élastiques des organes de la prononciation contre la presse de l'abdomen et de la poitrine, c'est la fin pour le son comme pour le souffle. Ce n'est qu'à l'extrême fin du chant que la pression peut décroître graduellement, la poitrine s'abaisser à peine, alors que jusque par delà la fin doivent se maintenir le moule du chant et celui de la parole. Tandis que je chante, j'ai l'obligation de soutenir régulièrement la pression du souffle contre la poitrine, car c'est le seul moyen d'envoyer le souffle régulièrement aux cordes vocales, condition essentielle d'un son calme et d'un bon fonctionnement des cordes. Le contrôle du souffle ne doit jamais cesser. Ce n'est qu'au début du chant que la poitrine

— contre laquelle le souffle est poussé — commence lentement à se gonfler, pour atteindre sa plus grande dilatation quand la phrase de souffle arrive à sa fin. Alors la poitrine redescend lentement. Jamais le son ne devrait être trop fort ou trop faible pour rester contrôlable, mais toujours être produit par le souffle diminué: loi que le chanteur ne doit pas enfreindre.

Je fixe toute mon attention sur la pression contre la poitrine, porte du magasin du souffle, d'où j'envoie sans interruption, aux ligaments vocaux, seulement la quantité de souffle voulue. Je n'y mets ni avarice,

ni prodigalité. En plus du calme, la pression contre la poitrine (le contrôle) donne au son la force et la durée. Du bon contrôle et de la prononciation constante dépend la longueur du souffle qui sans interruption s'en va vers les résonances et, maintenu dans le moule élastique des instruments de résonance, est utilisé, par la prononciation, au service de notre volonté.

On voit bien maintenant le dommage que causerait aux ligaments vocaux un courant de souffle non contrôlé, lancé au travers en toute sa force. Il suffira de regarder un dessin des cordes vocales pour comprendre la folie d'exposer ces ligaments menus et délicats à de véritables explosions de souffle. On ne les ménagera jamais assez, mais aussi on ne les exercera jamais assez. Leur épargnant tout travail excessif, on le reportera sur l'appareil contrôleur des muscles de la poitrine et sur les tensions, qui à la longue apprennent à supporter un heurt raisonnable.

Le chevrotement peut encore provenir d'un défaut de position du larynx, qui n'est pas assez étroitement amené sous le nez et le menton, et n'est pas combiné avec les voyelles de placement i et e, de sorte qu'il vacille. Le seul remède est une énergique mise en position du larynx sur e, c'est à dire la coordination des forces de tension des muscles de la poitrine et du diaphragme, que la prononciation de la voyelle e devra renouveler sans relâche; il est probable en effet que le mal provient d'une inertie des muscles du diaphragme, qui n'effectuent pas de contre-travail, c'est à dire ne se combinent point avec les organes supérieurs: le professeur doit y veiller.

Même le vibrato, tendance commune aux fortes voix, devrait être combattu dès l'origine, car c'est de lui que vient peu à peu le chevrotement, et plus tard pis encore. Les mélanges de voyelles donnent de la vie au son: il n'y a donc aucun danger à y recourir. Le vibrato est un premier pas vers l'abîme, le trémolo ou chevrotement est le second, et au delà c'est l'état bien plus désespéré où l'on se met à chanter trop bas les sons supérieurs du médium. Au surmenage des ligaments vocaux vient s'ajouter la fatigue des muscles du cou, qui, pour avoir été serrés convulsivement, ont à la longue perdu leur pouvoir de contraction et détente élastiques, la hauteur et la force étant obtenues de manière incorrecte, en forçant. L'une et l'autre ne comportent point d'effort: la hauteur n'est atteinte qu'en planant au dessus de tout, la force ne résulte pas du serrement convulsif des muscles du cou, mais d'une libre circulation dans le moule du souffle et les cavités de résonance, lorsque tout est dirigé par l'appareil de contrôle, maître de l'écoulement du souffle.

LA MÉCONNAISSANCE DE LA VOIX DE TÊTE (harmoniques du son) A DE

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