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TRAVAIL PRATIQUE

Il y a avantage à commencer l'étude du chant par des sons portés. Une certaine préparation est faite sur a, mélangé d'où et o. L'envie de bâiller fait prendre une position où la langue est correctement placée.

Pour ne pas trop fatiguer les voix jeunes, mieux vaut commencer dans la région moyenne, aller chromatiquement vers le haut, puis du son de départ vers le bas. Tous les autres exercices commencent dans le grave et montent vers l'aigu.

Il faut avoir obtenu un son isolé qui soit bon et reconnu correct, avant de pouvoir lui en adjoindre un second. On peut en outre faire des exercices sur syllabes détachées ou mots d'une syllabe.

Surveiller à la glace la position de la bouche et de la langue. La voyelle a doit être mélangée d'o et ou, le souffle poussé avec force contre la poitrine où l'on sent son attaque en même temps qu'au palais. Chanter d'abord piano, puis decrescendo, puis lentement crescendo, pour terminer peu à peu en un piano bien contrôlé.

Au moment même où je pose un son sur son extrême pointe au palais, je laisse au dessus du palais planer les harmoniques, les deux choses n'en faisant qu'une en ma pensée. Ce n'est que dans le plus grave que je laisse jusqu'à un certain point se perdre les harmoniques supérieures et dans le suraigu les inférieures (résonance des cavités de la tête et résonance du palais).

Chez moi le cou (la gorge) n'entre pas en ligne de compte; je n'en sens absolument rien: tout au plus le doux écoulement du souffle à l'arrière. Ne jamais forcer un son, jamais presser le souffle sur la paroi de résonance, mais uniquement contre la poitrine et ne jamais le retenir dans l'abdomen. L'abdomen doit être toujours assoupli et détendu, spécialement dans un rapide changement de parole. Ne point tendre convulsivement ses organes, mais les laisser fonctionner avec élasticité. Que nulle contraction musculaire ne dépasse la capacité de détente: un son doit pouvoir être chanté, soit forte, soit piano, avec aisance et maîtrise de tous les moyens. Enfin, par dessus tout, chanter avec préoccupation de la hauteur.

Ainsi l'on réserve à l'oreille le contrôle de la hauteur, de la force et de la tenue du son, des forces dont on dispose, — et des faiblesses aussi, dont on a l'obligation, souvent, de se faire une puissance. Bref, il faut savoir discerner et produire un son parfait.

Dans tous les exercices on va aussi bas et aussi haut que la voix le permet sans effort; entre les exercices on fait toujours de petites pauses, même sans être fatigué, de façon à être plus dispos pour le suivant. Avec quelque aptitude et de la bonne volonté, la voix prend de l'étendue et acquiert les attitudes correctes, conformes à la nature. L'élève s'aperçoit, à l'occasion, de l'étendue que peut gagner sa

voix. Pour les amateurs cela n'importe guère, mais quiconque prétend à la carrière d'artiste, est obligé d'y travailler.

Comme second exercice, on lie ensemble, lentement, deux demi-tons sur une ou deux voyelles, en se faisant un pont de voyelles auxiliaires et d'y, soutien de la langue; etc.

Chaque son doit bénéficier du jeu de tous les organes, et réunir force, éclat et souplesse, afin de pouvoir, avant de quitter une note, créer déjà son moule de transplantation vers le haut ou vers le bas, pour assurer la note suivante.

Ne quitter aucun exercice avant que chaque vibration de chaque note ait été reconnue parfaite, aussi bien pour l'oreille du professeur que pour celle de l'élève.

Il faut du temps pour acquérir la science du son. Ce n'est que longtemps après avoir franchi les lèvres et s'être répandu dans l'espace, qu'il parvient à retentir dans la conscience de l'auditeur aussi bien que du chanteur lui-même. Par conséquent travailler lentement, écouter lentement.

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