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dilection, occupée et recommandée de père en fils, place qui finit par porter son nom dans le Cercle des Chasseurs et qu'il considère un peu comme sa propriété. Il aime à y retrouver de petits perfectionnements invisibles à d’autres yeux et imaginés dans les moments d’ennui et de vaine attente. C'est un assemblage de pierres ou de gazon pour s asseoir; C'est une branche fourchue pour appuyer son fusil et le préserver de la rosée de l'herbe; c'est une pierre
g Y plate où il dispose ses mu- (4 ASS S à —
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RE Tout lui rappelle ses habi-
tudes et ses plaisirs; et
nitions pour le « tir de vitesse ». Là est la place du
sac, ici celle du gibier.
pour déjouer les usurpateurs il devance l’aube et il attend, les regards dirigés vers l'Orient comme un musulman en prière... Enfin il verra l’astre du jour darder un premier rayon qui remplit l’espace et rougir à l’horizon comme un immense obus enflammé, lancé par une force inconnue...
Joyeuse du réveil de la nature, l’alouette s’élève au ciel,
chantant son hymne d'amour à ce soleil qui sera cause de
Fr:
LA
sa mort. Ce chant a inspiré à un de nos vieux poètes des
vers d’une réelle harmonie imitative :
La gentille alouette avec son tirelire,
Tirelire, relire et tirelirant tire
Vers la voûte du ciel, puis son vol en ce lieu Vire et semble nous dire : Adieu, adieu, adieu.
Mais le chasseur trouve son sifflet d'alouette plus imitatif encore; il le place au-devant de la bouche et ne le quitte plus que pour déjeuner. Ses paroles, ses SOUpIrS, Sa | respiration même empruntenttouJours quelque chose au chant de l’alouette. Ce sifflet est en argent et retenu à la
boutonnière par un fil de
soie, double précaution
que j ai comprise le jour où un chasseur a prêté le sien avec la recommandation suivante : « Prenez garde de avaler... d'ailleurs, il passe très bien, je l'ai avalé cinq ou six fois. »
Cependant le miroir a reçu l’impulsion et dans ses mouvements alternatifs et rapides brille de tous ses diamants. Du plus loin que l’alouette l’aperçoit, elle arrive à tire d’aile. C’est le moment choisi par le novice impatient pour la
manquer. Le chasseur plus expérimenté la laisse appro-
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Go MON CARNET DE CHASSE.
cher du miroir, sachant bien que son éclat la retiendra quelque temps, fascinée au point de se laisser envoyer plusieurs coups de fusil. Puis, il aime voir l’alouette arriver avec vivacité ou se laissant choir de haut comme une pierre qui tombe, ne reprendre que près de terre son vol irrégulier et gracieux, s'éloigner pour revenir encore, décrire mille évolutions charmantes, se soutenir dans un vol immobile au-dessus de la glace perfide qu’elle interroge d’un œil étonné, en déployant ses ailes empourprées par le soleil et en jetant à la brise ses accents joyeux. L'instinct du chasseur prend enfin le dessus; 1l ajuste le pauvre oiseau qui tombe en chantant sous le plomb meurtrier.
Cette chasse a ses détracteurs qui lui reprochent son but mesquin, son succès facile et son tir d’hésitations où l’on s’habitue trop à laisser passer le moment favorable qui va revenir et qui dans les autres chasses ne revient pas. Elle enseigne pourtant aux débutants à charger un fusil, à le manier avec sang-froid. à maïîtriser l'émotion, cause principale des accidents. Elle a, de plus, le mérite de sauver la vie à quelques pièces de gros gibier. Enfin elle réunit dans un divertissement commun les deux âges extrêmes de la vie : le jeune homme qui fait ses premières armes et le vétéran las et courbé que ses jambes ne portent plus.
On a cherché le mobile qui amenait l’alouette au mi-
roir; on n a rien trouvé de concluant. La puissance bizarre
d'attraction et de fascination de l'oiseau de proie, du serpent, du chien d'arrêt, pourrait s'expliquer par la supposition d'un fluide magnétique, mais l'hypothèse est bien
ébranlée en présence de la matière inorganique d'un mi-
à WA. 2 8, ut NAME -Ÿ ne A ? n: , roir, ou même d'un aimant... Newton a découvert sans
les expliquer les attractions planétaires et, de même, il est probable que ces autres attractions resteront longtemps constatées et sans explication.
Lorsque, à la fin de la saison, les alouettes ont appris à se méfier du miroir, l’heureux possesseur d’une chouette s’attire bien des regards envieux. Il arpente la plaine, ce qui lui donne déjà l’air d’un grand chasseur, et il jette en l’air sa chouette dont une pelotte de chiffons
fixée aux pattes modère le vol et le désir de liberté. A
la vue de l'oiseau détesté, les alouettes arrivent sans être intimidées par la présence du chasseur, tant 1l est vrai que la haine est aveugle. Et le fusil venge bientôt la chouette de ses persécuteurs.
Aussi quels soins le chasseur n'a-t-il pas pour cet oiseau qui inspire généralement peu de sympathie! Il veille lui-même à sa nourriture, chose aisée, car la chouette fait partie du groupe que
Michelet appelle les épurateurs ;
il nettoie avec résignation sa cage | désagréablement odorante ; 1l lui confectionne une prison commode pour l’emmener à la chasse; 1l la caresse comme une jeune fille caresse sa tourterelle; 1l ne croit pas à son chant de malheur. Aussi bien, parmi les chasseurs d’alouettes, la chouette n'est regardée comme un oiseau immonde et de mauvais auœure que par celui qui possède un épervier, car, sachez-le bien, on emploie également l'épervier.
Autrefois, le noble faucon était amené à la chasse sur le riche gantelet d'une jeune châtelaine qui le flattait doucement; puis lorsque les chiens avaient fait envoler des roseaux du marécage un héron aux grandes ailes et au bec redoutable, elle lui rendait la vue et lui mon-
trait du doigt son ennemi; il s’élançait alors, les plumes
triomphait dans les plaines de l'air, maintenant fixé à
hérissées de colère, et engageait bientôt dans les airs un combat sans merci: la châtelaine intrépide suivait la lutte en chevauchant à travers les obstacles et en encou-
rageant de la voix son faucon jusqu’à ce qu’il obtint la
victoire. Il revenait alors, docile, chercher aux mains de
la chasseresse la récompense d’une caresse ou d’une friandise. |
Aujourd’hui, hélas ! le noble oiseau est ignominieusement attaché par les pattes sur une palette de bois; lui qui terre, sans passion ni désir, n’est plus qu’un appeau inerte que des alouettes viennent insulter. Oh! décadence de la Fauconnerie.
. Devons-nous parler maintenant de ces chasses nocturnes, justement prohibées? De la chasse à la lanterne où la palette meurtrière s'abat sur l'oiseau ébloui? De la écrasse, immense filet qui exigeait l'effort de six porteurs, pouvant dévaster en une nuit toute une commune, et avec lequel je me souviens d'avoir pris un cheval échappé et: couché dans un sainfoin ?.…
Oh! non! Que la nuit, souvent perfide aux hommes, demeure la grande protectrice du gibier! On me pardonnera pourtant mes affûts au marais dans les crépuscules rougeoyants d'automne. Car la chasse est un défi, presque un duel: Or, à l'affût, les armes sont égales. L'oiseau
passe, rapide, à peine entrevu, fantôme ou rêve, et nos
sd . .
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pauvres sens humains sont souvent en défaut. Mais c'est la seule chasse de nuit que je me permette... Chassons À loyalement, mes amis, au grand soleil, sous le beau soleil
de mon Languedoc!
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