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MON CARNET DE CHASSE. Fr 170
ai coupé la tête, net... Une oïe superbe qui pesait quinze kilos. » Et l'Anglais, tranquillement : « Aoh! vraiment ? Une oiïe, à trois cents mètres, à balle?... Et vous avez visé le tête et vous l'avez coupé, net! Et cette oiïe pesait quinze kilos. Aoh? vraiment?.. Et.
tête?... »
., Sans le
Pendant ce temps, Albert parle pêche et raconte que
l'an dernier, il a pris au filet, en une seule après-midi,
vingt-sept tanches et un lièvre... Oui, un lièvre que chassaient les fameux chiens de Couloudou et qui était venu se jeter à l’eau, juste devant le filet.
— C'est égal, concluait Albert, c'est une de mes plus jolies pêches : vingt-sept tanches et un lièvre!
A l’autre bout de la table on discute sur l'intelligence des animaux. Puis, de fil en aiguille, on en vient à parler d'animaux invalides, de chirurgie ornithologique; et Marius, ayant dit à Tartarinet :
— N'était-ce pas un lapin que nous avons tué un jour, qui n'avait que trois pattes?
Tartarinet, qui aime la contradiction, hausse les épaules et lâche cette magistrale réponse :
— Eh! non! c'était un bécasson!
Sur quoi Achille se mit immédiatement à dessiner sur son carnet un échassier n'ayant plus que trois pattes, avec cette légende :
Scolopax rusticola. — Bécassine ordinaire. — Famille
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des longirostres à trois pattes. — Sous-famille des Tartarinettes. | La dispute, à peine
éclose, étouffa dans la buée
lossal de cèpes fortement
aillacés... L'ail possède,
entre autres vertus ignorées du profane, celle d’exciter la verve anecdotique
d'Albert... et, comme on
mettait aux voix la supériorité des champignons frais sur les champignons conservés :
— Te rappelles-tu, s’écria-t-il, apostrophant Couloudou, te rappelles-tu notre chasse aux champignons?
— Laisse-moi donc tranquille! |
Mais Albert tenait bon :
— Messieurs, reprit-il, écoutez-bien, cette histoire est un enseignement... Un jour, à Sanilhac, avec mon ami Couloudou, nous ramassâmes chacun une pleine filoche de champignons. Quand je rentrai chez moi, ma femme me dit qu'elle ne voulait pas qu'on les mangeât, parce que, pour sûr, 1ls étaient vénéneux; et elle les renvoyait à Couloudou. Seulement, la bonne qui les portait s’est croisée à mi-chemin avec la bonne de Couloudou qui me ren-
voyait ses champignons pour le même motif!
qui montait d’un plat co-
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On rit, et Télémaque, du fond de la salle, conclut flegmatiquement par ces mots :
— Et dire quil y a vingt siècles que le christianisme travaille pour en arriver là!
Cette boutade fut le point de départ d’une discussion philosophique et morale : Devait-on faire le bien pour luimême ou pour la récompense espérée ?.…
Albert fut le principal orateur. Il était pour la récom-
pense, et les exemples à l'appui se succédaient, drus - comme grêle.
ie — I] faut une récompense, disait-1l. Aussi,
vous savez que la pie est l’ennemie du per- dreau. Moi, au printemps, quand il y a des pies, je dis aux gens de la ferme que je leur paie une régalade s'ils me détruisent les nichées.
C’est un travail pénible; il faut monter aux arbres, risquer sa culotte et même sa peau. Eh bien!
grâce à la récompense promise, ils me détruisent les nichées et je leur paie la régalade… Inutile de dire que ce sont les jeunes pies qui fournissent le fond de la régalade.… En salmis, ça n'est pas mauvais...
— .. C’est comme pour mon fils, reprend Albert dominant les rumeurs désapprobatrices; mon fils, vous savez,
qui a toutes les années Le prix d'excellence. Croyez-vous
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