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braconnier, sincèrement converti, sera souvent le plus sûr et le plus habile des gardes.
Moi-même, dans le Grand-Duché de Bade, où j'ai fait mainte fois l’ouverture aux perdreaux, j'ai connu un garde, un certain K... autrefois braconnier terrible, qui n'avait pas son pareil pour protéger les lièvres, nourrir en hiver les faisans par deux pieds de neige et sauver les nichées
de perdreaux compromises par les colères du ciel ou la
- faux des moissonneurs. Il veillait sur le gibier aussi pa-
ternellement qu'il l’avait jadis impitoyablement traqué. Le garde-chef de la chasse guettait depuis quelque temps déjà cet homme qu'il soupçonnait de braconnage.
Or, un après-midi, comme 1l inspectait de sa fenêtre à
laide d’une bonne lorgnette l'immense plaine cultivée,
il aperçut un paysan portant la hotte au dos et qui se dirigeait vers le bois...
La démarche de cet homme lui parut bizarre; l’une de ses jambes était raide et se mouvait tout d’une pièce.
Le garde-chef eût bientôt reconnu K.... Plus de doute ; dans la hotte le braconnier cachait la crosse de son fusil, dans la jambe gauche de son pantalon, le canon qui l’obligeait à marcher sans plier le genou. Aussitôt, armé d'une trique, le garde s’élance, poursuit et rejoint K...; puis, constatant au toucher, à travers l'étoile, le clandestin canon de fusil, sans autre discours il se met à taper dur
et longtemps... K... hurlait; il finit par crier : « Kamerad
zu mir ». À moi camarades! Cela lui valut trois ou quatre
mois de prison de plus, car
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