POUR LE DÉCLANCHEMENT DE LA ROUMANIE
bouquet de certains, il valait mieux, pour ne pas être à la merci d'un inciilent, no pas les laisser à une aiK», c'est-à-dire à un point fatalement exposé.
Le général Milne me le demandait cependant. Je ne voulais pas engager une polémique à ce sujet, et le priais dans les quarante- huit heures de prendre le front de laStruma. Lorsqu'on se jette dans l'inconnu, il vaut mieux ne pas trop refléchir.
En rendant compte, je terminais ainsi : c Ce contretemps malgré ses graves inconvénients, ne m'empêchera pas d'attaquer avec tes seules forces serbes et françaises de Poroj à Florina. »
L'idée d'une offensive sur le front macédonien, basée sur des considérations extra-militaires, allait cep»^ndant être reprise.
L'armée d'Orient devait servir à faire entrer la Roumanie dans le sillage des Alliés.
Le lijuin 1916, le rôle de cette armée pouvait être condensé dans cette formule : « Aucun acte offensif. Concentration à proximité de la frontière, pour priver ainsi Vennemi de sa liberté de mouvement » (voir télégramme 2i:i65/M et 261 de M. Briand). En d'autres termes : « Ne rien faire, tout en faisant quelque chose, '' ' 't'terre ne veut pas marcher. >
. dès le 25 juin, j'étais invité à faire un plan daltaqu', avec les seuls Serbes et Français pour entraîner la Roumanie (voir télégramme n" 'MlîS aux annexes).
Je répondis qu'à mon avis il fallait uhk^u ment prendre pied sur la frontière mais sur un front agrèssif aussi étendu que possible ; l'attaque principale aurait lieu sur la rive droite du Vardar; des attaques secondaires dans la plaine au pied du Belès ; les Serbes (leur matérir»' "*^* nt pas encore complète-
ment arrivé) s'engageraient vers l'Ouest, direction Vodcna, Monastir (dépêche du 27 juin, n*" 1098/3). Le G. Q. G. faisait immédiatement une série d'objections du genre Ecole de guerre. Je lui télégraphiai le 6/7 que j'avais envoyé des reconnaissances et que je répondrais à leur retour.
Sans attendre d'instruction, averti par l'expérience, jugr:ant que quoi qu'il pût arriver, ou ôtre suggéré ou ordonné, il était nécessaire de se préparer, je faisais construire des routes, des emplacements de batteries sur le front face à Ljumnica, Huma, je commençais, bien que les Serbes ne relevassent que de Chantilly, de les actionner et de les pousser en avant. Je mettais enfin tout le mon<le au repos; cette mesure, la décroissance de la chaleur, l'arrivée de légumes verts, arrêtaient la morbidité qui commençait à devenir inquiétante
Un plan d'action m'était demandé le 15 juillet avec cette directive générale : c Accrocher les forces bulgares pour qu elles n aillent pas sur la Roumanie. » (n*» 4977/M annexes).
Sous le n° 5204 (voir annexes) il m'était même réclamé un plan plus étendu, avec la coopération britannique, et le but n'était plus d'accrocher, mais de détruire les forces ennemies. Le 19 j'envoyais mes propositions (n** IIG 2/3 au^ annexes), elles étaient api^roiivées le 23 : « Armée serbe attaquera à l'ouest du Vardar. Armée française attaquera dans la direction que vous juijerez préférable soit dans valiée Y^ardar^ soit dans zone lac Doiran. Armée anglaise attaquera dans zone que vous lui réservez et ne se bornera pas à opération défensive ou démonstration qui ne saurait obtenir résultats visés par mission initiale, c (5655 du •/f î'iMol 1910).
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Celte dernière indication était claire. Or à la même date, le général Robertson câblait au général Milno :
c Hemarquez : f" que les in.structions données au ijénéral Sarrail vous laissent toute latitude sur i étendue de votre coopération bien quelle doive être aussi grande que possible ;
2'* Que le premier but des Alliés est simplement de retenir les Bulgares. Il ne peut être question d'essayer de prendre les positions ennemies jusquà ce que vous soyez suffisamment fourni d'artillerie et que d'autres conditions permettent un espoir raisonnable de succès.
Sous ces réserves vous pouvez immédiatement faire ce que demande le général Sarrail dans les limites de la possibilité, tout en vous souvenant que le gouvernement de Sa Majesté britannique n approuve pas qu on prenne l'offensive jusqu'à Ventrée en campagne définitive de la Roumanie. Je doute encore quelle entre en jeu, et même, si elle entre en jeu, une offensive sérieuse ne paraîtrait ni nécessaire ni possible pour vous pendant les trois ou quatre semaines prochaines. »
Il y a plus : par le télégramme 5204 précité du n juillet, Jes dates de mes attaques m'étaient imposées, sans se soucier d'ailleurs des possibilités.
L'armée d'Orient attaquera le 1/8, la Roumanie le 8/8.
Mais, le 29 juillet, sous le n*» 6121, un nouveau télégramme me prévenait de m'engager seulement le 4/8 ; la Roumanie ne devant marcher que le 14/8.
Le 3 août à seize heures, je recevais un télégramme G4o9/M aux annexes), m'informant que « la date du début des opérations ne peut être précisée j. Dès le 'M juillet, le général Milne m'avait confirmé que la Roumanie élevait des objections et que rien au point de vue militaire n'était encore fait.
Le 6/8, j'étais avisé par la même voie que la Roumanie ne déclarait la guorro qu'à l'Autriche. Un télégramme n'» 6681 /M du 6 août me confirmait l'évé-
no mont. La Roumanie voulait rester sur la défensiye
face à la Bulgarie.
Par suite a pas d'action combinée de vos forces^ avec les forces russo-roumaines, > Unique mission : c Har^
celer forces bvUjares à la frontière grecque '^^ — '*''■chômer leur liberté d'action. >
J'avais fait fournir à loiis -les elTorts répétés pour être prêt à temps : il n'était plus question de date et avant il m'en avait été cependant impose plusieurs. J'estimai par suite qu'il fallait au moin., amorcer une opération pour que les exécutants sentissent qu'ils n'avaient pas travaillé en vain, et sorf.^.it n .nr voir un peu clair dans le jeu de l'ennemi
Lo général Milne avait reçu l'avis oflici'i 411»' la Roumanie ne marcherait pas contre la Bul^'arie ; l'armée britannique ne devait dune pas marcher. Il m'assurait cependant que si je progressais, il no m. laisserait pas un flanc découvert et en l'air.
Dans ces conditions, sans attendre d*- uuuxiks instructions, je donnai l'ordre d'attaquer, en commençant dans la zone où je ^ v<tsions. La 17»division colonial an (Compte rendu lii4G/3 du 10 août.)
Les deux ouvrages ennemis t La 1\/. nic^ i w iv * ni Couronné » devenaient après la prise de la gare de Doiran les "s. Les Anglais à notre
gauche escj! ivement en avant, tandis
que la ■61'^ division allait occuper les villages au pied <lu béiès. (Compte rendu du 13 août.)
Le 16, nous étions maîtres de la Tortue.
Mais une nouvelle directive ferme arrivait, c Attaquer trois jours après la ,vi',»tj/f/"r^ <ft^ l'accord aoec la Itoumanit\)t Getaccor le l7aoAt Jede-
vais par siiile alli n ii'c 1 -.-. r à laliaijuo
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principale, qui avait été montée sur Huma, et commencer les opérations que devaient entreprendre les Serbes plus à l'Ouest. J'avais pris sur moi dVngager la diversion vers Doiran ; je n'avais pas cru pouvoir brusquer l'offensive générale qui dans moin- '' " mois avait été reculée, puis ajournée sine die.
L'ennemi qui avait été ainsi libéré provisoiremeut profitait du répit donné par Chantilly et allait attaquer.
Tandis que ces opérations commençaient à se dérouler, l'organisation même de l'armée était modifiée.
Les forces françaises étaient mises sous les ordres d'un commandantspécial.Adéfaut du général Leblois, qui était sur place, j'avais désiré avoir le général Hallouin, dont je connaissais lacompréhension des nécessités stratégiques, et que j'avais apprécié tactiquement à la tête du 5^ corps d'armée. Le G. Q.G. me proposait les généraux Berlhelot, Cordonnier, Guillauniat. Je ne pouvais demander le général Berthelot qui, malgré ses très réelles qualités, n'avait jamais vu depuis le début de la campagne le succès couronner ses conceptions stratégiques ou tactiques. Je connaissais trop le général Guillaumat, pour ne pas craindre que le climat de l'Orient n'exacerbât en lui la souplesse de ses convictions et n'endormit encore ses désirs parfois latents de travail intensif. Je préférais agréer le général Cordonnier, que je connaissais depuis longtemps, que j'avais un peu poussé contre vents et marées et qui avait montré sur le front français une iiK Mil stable bravoure. Le 11/8, il prenait son commaii'l ment. Il ne devait avoir que le titre de commandant de corps d'armée. J'obtenais pour lui celui de commandant <!'.'irTn(',» n ri (\\\"\] ne fûf j)as en état
Ue MON COMMANDEMENT EN ORIENT
d'infériorité par rapport au commandant britannique.
Faut-il ajouter que, le ,31 juillet, j ...... .^ ....^ un
télégramme officieux m'informant que je pouvais choisir le général que je désirais. C':antilly avait eu lo dernier mot.
En face du gouvernemrnt, que devait être le G. Q. G. ? Rien. Qu'était-il ? Tout.