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CHAPITRE XII Le coap d'Etat grrec de Saionique

A peine la Grèce était-elle remise de la secousse de juin, que l'entrée générale en Macédoine orientale des f«rc"s birtgares allait à nouveau susciter un orage. L'entente avait cependant baissé complètement le ton.

Je n'en donnerai pour preuve qu'une simple petite histoire.

Des officiers grecs ayant assailli un jo:irnaliste plis ou moins à notre solde, j'avais fini par me les îaifo livrer, à la suite de démarches difticiles, je "me presque menaçantes. Je les avais déférés il de guerre, ne retenant que le délit de vi'jation de domicile et de coups et blessures, ce qui élL.i patent. Au moment où le conseil allait s'assembler, le Quai d'Orsay me donnait ordre de les remettre ?^'r a :t )rités militaires grecques, qui statueraient, 'me désavouer pour le passé, m'amoindrir, pou nt, me désarmer pour l'avenir.

A. lanière presque forte, nous en revenions

aux raitements lénitifs, et cependant, j'étais averti r-^c ^= Grecs désarmaient leurs forts d'arrêt (1" août),

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qu'ils devaient les laisser « au premier qui se présentera » (6 août). Je savais qu'à Cavalla tout était arrangé pour se livrer aux Bulgares pieds et poings liés.

Le 10 août, lorsque je déclenchais une attaque sur Doiran, le commandant de la division grecque à Serrés m'informait toutefois qu'il résisterait aux Bulgares et même qu'il combattrait si besoin à nos côtés.

Par contre M. Zaïmis, le président du conseil grec, avait le front de me faire demander si devant les menaces bulgares il fallait qu'il désarmât les forts; il voulait me laisser l'odieux ou le ridicule de cette mesure : je ne répondis pas. Comme en juin, vu les nouvelles que je recevais de Grèce, j'avais été contraint d'envisager une intervention à Athènes. Sans ordre je concentrai une brigade, et l'embarquai.

Russes et Anglais intervenaient alors à Athènes, à Londres, à Paris.

La brigade restait sur rade. Je la fis débarquer, le 4 septembre. Tout doit avoir une fin.

Et depuis le 17 août l'ennemi attaquait, et depuis le 20 l'ennemi était vers Ostrovo.

Au reste le 30 août, comme réponse à l'invasbn par les Bulgares de la Macédoine orientale, un vé'itablo coup d'Etat s'était produit à Salonique.

En mai, après Rujtrl, j'avais été averti — je lai signalé dans un chapilr»î précédent — que Vénizeos voulait tenter un mouvement séparatiste ; l'amiral de Uobeck n'était pas hostile au transport à Salonifue dos partisans de Vénizelos; si mes renseignemmls étaient exacts, à Paris mémo il n'y avait pas une hostilité complète, et Vénizelos, ami de ronl^tc, aurait pu être installé à Salonique avec le concouil des

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AHiés, en lace d*on roi violant la constitution ; c'était une révolution légale, admise, favorisée par kîs puissances protectrices de la Grèce. L'Angleterre avait mis son veto. Gonslanlin n'était-il pas à la fois le be.'iu-frore du Kaiser, et le c lusin du roi d'Angleterre?

Ce qu'an ex-ministre, ex-ré vol utioDiiaire, transformé en homme de gouvernement, n'avait pas osé faire seul, ses partisans le tentèrent. J'on rendis compte en ces termes : « Un comité nalui public s'est formé à Salojûque^et a lancé ^^ ion pmtr Macé-

doine à côte entente. Colonel z //ri et Mazarald

ont pris possession services grecs appuyés par toute ia gendarmeine Salonique et artilletne. Préfet a déclaré ne pas se mettre en opposition avec comité. Calme complet jusqu'à présent. y> Le Préfet qui se ralliait ainsi,, sans se ralîior. était le propre neveu et héritier, paraît-il, de Tex-président du conseil, Skonloudis.

Toutefois, le 31 août, une réaction royaliste» «...; + lieu.

J';nr\i> autre chose à faire qu'à tolérer le désordre à Sal nnijue. Je profitai d'ailleurs de la circonstance pour trancher une question jamais solutionnée: l'exode des forces grecques de Salonique. En juin, dès la proclamation de l'état de siège, j'aurais pu l'exiger, comme je l'avais déjà fait pressentir le d4/2 dans un télégramme; mais j'avais préféré tolérer encore le statu quo pour adoucir les angles.

La présence dans la ville de ces troupes au loya-lisme douteux ou même inexistant pouvait cependaiït, au point de vue militaire, constituer un véritable danger pour les Alliés.

A un autre point de vue, leur existence, leur maintien à Salonique ne matérialisaient-ils pas, quoi qu'il pût arriver, la possession de Salonique par les Grecs? Il ne m'appartient pas d'insister sur les inconvénients diplomatiques de prendre ainsi, longtemps avant la

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fin des hostilités, position dans ce véritable problème : < A qui Saloniqiie? »

Le compte rendu du 31 août précisait ainsi les événements survenus : « Colonel Tricoupis chef étatmajov 3" corps grec a lente cette nuit s opposer à mouvement révolutionnaire signalé hier; 3 morts, 5 blessés. Cerné par révolutionnaires et averti par moi que ordre devait régner à Salonique a traitéavec nous et non avec comité révolutionnaire. Tous officiers avec armes et soldats désarmés sont entre nos mains. Officiers et soldats qui veulent marcher avec Entente iront grossir nos contingents grecs. Autres sont, actuellement, soldats dans camps dépôts intermédiaires, officiers sur bateau rade d'où ils seront samedi, sauf ordre contraire, dirigés sur le Pirée. Division grecque Saloni^iœ n'existe plus ^ »

Fidèle à la ligne de conduite que je ...^ -^.-

jours imposée, je continuai à laisser dans leurs affaires intérieures les Grecs évoluera leur guise.

Le général Zymbrakaki, arrivé peu après les événements des 30 et 31 août, prenait la lèlo du mouvement. J'étais heureux de retrouver l'ancien commandant de la !!• division hellénique dont j'avais pu apprécier les sentiments francophiles et les connaissances militaires. Enlin Vénizelos m'était annoncé comme devant arriver le 9/9.

Il y avait là, au point de vue grec, un véritable coup de maître. En venant à Salonique, en se plaçant à nos côtés, que faisait Vénizelos? Salonique, t la ville convoitée », devait rester toujours grecque, quel que fut le vainqueur.

Constantin jouait sur l'Allemagne ; Vénizelos, sur l'Entente. /

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