CHAPITRE XVI
La bonclc de la Cerna.
(20 octobre-15 novembre lOlC.)
Le général Leblois prenait le commandement provisoire de l'armée d'Orient. J'étais depuis longtemps lié avec lui par une solide amitié; j'avais su hautement l'apprécier au point de vue militaire dans le repli de Serbie. Je l'ongapeais immédiatement à tout di.-^poser pour faire oflurt par les hauteurs qui surplombent la plaine Kcnali, Monastir.
D'autre part, les Serbes m'avaient prouvé qu'ils savaient et vouloir et attaquer; pour essayer d'avoir une solution, au moins partielle, la plaine de Kcnali étant d'ailleurs sous l'eau, je mis directement sous l«'s ordres du voïvode Michich tout ce que jo pouvais prélever sur les contingents français. J'invitais d'autre part le général Leblois à renouer avec les Serbes l(îs rapports de camaraderie qui avaient cessé avec le :,'t'iu'ral Cordonnier. Le général iJoyovitch avait donné ordre à un moment, d'arrMer toute attaque, ne comptant plus, disait-il, sur aucune aide française.
Le 22 octobre, dans mon compte rendu, je pouvais rendre compte qno n'Jr<» •n!*,!!. i-;,^ lourde avait coo-
l.A BOUCLE DE LA CERNA 171
pciv » ...., ^jntre-ûtlaque faite par la division \io rawa; le '■23^ que jo retirais pour les faire opérer versla Coma trois régiments français ot uqo nombreuse artillerie; le 27, que l'attaque dans la boucle de la.
•ma commençait.
Le 28, Gardilovo tombait entre les mains de nos
loniaux, mais ces derniers ne pouvaient se main-
îiir à Kenali qui avait été attaqué d'ailleurs uni- , lement pour faciliter la progression serbe dans la boucle de la Cerna; la lutte continuait âpro, mais sens résultat tangible. 11 fallait l'intensifier, ou tout ao moins avoir de quoi combler les pertes subies au feu. Après de longs pourparlers, je relevais la dernière brigade française qui se trouvait encore sur la% rive gauche du Vardar ; les Anglais- prenaient le secteur du Vardar au lac Doiran, les Italiens étaient encadrés entre les forces britanniques de cette zone, et '«lies qui bordaient laStruma; je laissais provisoi—
lient un régiment français en réserve jtalo-an^glaise, l'autre régiment de la brigade allant sur la rive droite du Vardar pour libérer les Serbes qui opéraient vers Nonte et pouvaient ainsi rallier la. boucle de la C»^rna. J'obtenais d'autre part des An-
lis qu'ils arrêtassent l'exode bulgare vers la Cernai VA attaquant vers Barakli-Dzuma qu'ils enlevaient. (31 octobre.)
Le temps de plus en plus mauvais augmentait au.
-le toutes les difficultés inhérentes à une opération
Iconque.
i.es Serbes donnaient des signes d'une fatigue bien
iipréhensible. Pour essayer quand même quelque ciiuS'% je rameutais encore une brigade italienne que je remplaçais dans le secteur du Krusa-Dalkan par une autre fraichcment débarquée et que j'envoyais, vu ses aptilu lo< "i'">»-'î"i'rdes, à la gauche du dispositif français.
Ces relèves, évidcmmoni longues, étaient néces-
172 MON COMMAPmEMENT EN ORIENT
saircs pour mettre chacun à sa place, en tenant compte des desiderata italiens et britanniques, qu'il fallait satisfaire, pour qu'au lieu d'un échange de vues, il y eût des actes.
Le 10 novembre, un nouveau succès serbe s'affirmait : Polok était enlevé; 10 canons tombaient entre les mains de la division Danube; le il, la division Morawa, étayée par le 2* bis de zouaves, faisait plus de 1.000 prisonniers; le 12, 16 canons bulgares étaient pris, au cours d'une nouvelle profijression, dans laquelle Iven était occupé. Le 13, j'envoyais aux Serbes un nouveau régiment français pour augmenter ou exploiter leur avance, et notre artillerie, de la Cernn aux hauteurs enserrant à l'ouest la plaine de Kenali no cessait d'intervenir.
Le 14, les forces françaises qui formaient la gauch*^ serbe tlans la boucle de la Corna attaquaient sans in terruption, et le 2* bis do zouaves, -^^'^-^ ^'^'^ ^"-^^^^ faisait 4(X) prisonniers allemands.
Devant cotte pression générale, 1 ennemi seiUail qu'il allait être pris à revers s'il s'obstinait à tenir le^ lignes fortifiées do Kenali. Profilant de la pluie et de la neige, il prononçait, pendant la nnî» <{it \\ nu 15 novembre, un nouveau retrait.
Pour la troisième fois, les Serbes, ayani ceiie lois avec eux des Français, avaient produit un événement.