CHAPITRE XIX
Le g-ouveracmeat provisoire gr»*©© de Salonique et la zone neutre.
(De septembre à décembre -!9iC.)
Le 9 septembre, Vénizelos arrivait à Salonique. J'allais le saluer lorsqu'il était déjà débarqué. Je ne pouvais aller l'attendre : le gouvernement provisoire, dont il était le chef, n'était pas reconnu.
Toutefois, grâce à une fiction diplomatique, qui n'a pas été renouvelée en Russie, je devais le traiter € comme un gouvernement de fait. »
À cMé de Vénizelos, se trouvaient pour composer ce gouvernement, le général Danglis, homme fin, technicien connu, et l'amiral Goudouriotis, qui réunissait tous les suffrages de ceux qui le connaissaient et pouvaient cautier avec lui ; car malheureusement il ne parlait que grec.
Sous ce triumvirat se constituait un ministère, et le 2i septembre, un premier bataillon grec était en-
voyé 8ur la Struma, dans un détachement français qui opérait sous les ordres des Anglais.
Le 14 novembre, deux nouveaux bataillons rejoignaient le premier pour former un régiment. Les volontaires qui le constituaient, les officiers qui s'étaient ralliés à Vénizelos, ne pouvaient que donner satisfaction. Ils étaient malheureusement peu nombreux. Or le gouvernement vénizelisle voulait le nombre, et les appels de réservistes, la mobilisation décrétée sur le territoire marchant avec le gouvernement provisoire, c'est-à-dire, sur la Macédoine, oi l'idée de patrie n'existait que virtuellement, ne pouvaient donner les résultats que d'aucuns escomptaient. Vénizelos et ses partisans ne se rebutaient néanmoins pas et je recevais même des travaux, et non sans valeur, pour la reprise de la Macédoine orientale, sous la poussée des troupes helléniques. Ce ne pouvait être qu'un rêve !
Le gouvernement provisoire s'asseyait cependant petit à petit.
Quant à moi, je refusais d'intervenir dans tout ce qui touchait ses discussions avec Constantin ; pas de difficultés internationales ; j'en avais assr- '^ -mûrement militaires.
Les affaires grecques s'embrouillaient eu ollot de plus en plus. Je laisse de côté les interventions cependant répétées de ceux qui cherchaient encore et toujours un rapprochement entre Vénizelos et le roi; je ne reviens pas sur ce que j'ai déjà sommairement relaté : le roman de Constantin retirant toutes ses troup<'s do Thessalie, et nous vendant, canons, flotte et tout le matériel do guerre hellénique. Mais la presse grecque agitait le spectre do troubles agraires, dans la Thessalie ; à Ekatcrini, une légère secousse