‹ Mon commandement en OrientChapitre 62 sur 91 · LA FIN D'UN RKG.\E · texte numérisé non relu

LA FIN D'UN RKG.\E

soucier du pas^é, 1 s arrestations, tan-

tôt des laits incriminés, etc.. Je ne pouvais rester désarmé devaot de pareils procédés, devant les appels à toutes les nationalités, à toutes les législations, y compris celles des capitulations; il n'était pas {w>s^il)le de me laisser ail r à ces discussions d'un autre â-ge, dans les conditions périlleuses où se trouvait l'arnfiée. Je ne pouvais suivre les cas particuliers qui étaient soulevés par Paris. J« ne voulais pas du procédé coercitif des peines corporelles, cher aux Grecs, Turcs ou Allemands; je voulais encore moins des exécutions pour des faits non prouvés Jétralrment. Je décidai en conséquence la création à Mythiiène d'un camp de concentration avec envoi par

nre administrative. Pendant quelque temps, j'eus

i paix et tranquillité.

Tandis que ces embûches politiques ou diplomatiques se succédaient, les bandes organisées cheri violer notr»* zone neutre (compte rendu du i passer vers Koritza où j'étais engagé. (22/2.) Vers l'ouest de la dite zone, une patrouille de douze Sénégalais éUit même surprise; les douze Sénégalais qui la composaient étaient^massacrés^t mutilés. C .mpte rendu du 23/2.) Je répondis immétliate- 111. Ml à cet acte (môme compte rendu) : « Ai donné ordre de passer par les armes tout eomitadji pris les nriîies à la main. »

Devant cette poussée de bandes vers la zone neutre, lis lancé sur Kozani, avec antennes sur Grevena, \ régiments de chasseurs d'Afrique; j'y formais itre une colonne légère de deux bataillons colo- IX et d'une balt<'rie de montagne. Le 23, je jetais ette colonne de Kosani à Grevena et je rendais

compte dans un télégramme du 4/3 de mes intentions : t Je vais faire raid sur Kipurgos au sud zone neutre pour me débarrasser des bandes qui me harcèlent à V ouest Grevena par des incursions dans zone neutre. »

Ne voulant pas mettre le gouvernement en mauvaise posture vis-à-vis de l'Angleterre, j'attendis encore quelques jours, mais le 16/3, je terminai ainsi mon cumpte rendu journalier : f Les bandes s'approchent de plus en plus de la zone neutre, et craignant infiltration, j'ai donné ordre d'aller les cerner en poussant jusqu'à Kipurgos ». Le 19/3 et le 21/3 j'annonçai dans mon compte rendu journalier, qu'il y avait eu des engagements, que j'avais trouvé des fusils, des cartouches, que j'avais fait passer par l^s armes vingt comitadjis. Ce raid faisant tout rentrer dans l'ordre, je rappelai la colonne dans la zono neutre.

Mais les Grecs d'Athènes étaient furieux de hi ...^ parition des bandes, de la constatation de l'existf nc<' d'armes cachées sous le couvert des autorités ht " ques. M. Guillemin était forcé de se faire l'écho d. campagne de presse dans laquelle tout ce que nous avions fait était travesti, tout ce qui allait être fait était inventé, pour le besoin de la cause. J'étais contraint de tout remettre au point en prenant carrément la responsabiyté du passé, comme le montre b> télégramme ci-dessous : c Les six habitants de D... fusillés sont des comitadjis. Il ny a aucun doute à leur sujet. Pour les huit autres^ il y a encore doute. S'il est prouvé qu'ils sont dans le même cas, ils seront fusillés. Les deux hommes fusillés à L... ont été passés par les armes parce qu'ils étaient des >■ tadjis avérés. Les deux autres dont les maisons au été brûlées sont des comitadjis. Ils auraient été fi

s'ils n'avaient pas été absents et le seront s'ils sont ;

Si une église a été brûlée, c'est quelle avait été trans-

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formée en " . Si de l'orge a été enlevée, elle

a été payé f < nnée. Le ious-préfet de Kijmr-

gos et le directeur de la police de la même localité gont lei auleurs d^une série de nouvelles fausses et diffamatoires sur la zone nentre, ont organisé el ravitaillé des bartd'W de comitadjis. Quant aux deujc gendarmes signnirs, ils ont tiré contre nos trovpes et Cun d'etix a été aiuiltu. r autre aurait dû être fusillé. J'ai fait des obnervaiions à ce sujet.

En résumé, le gouvernement grec a organisé des bandes et les entretient. La sécurité de Varmée d'Orient exige leur suppression.

J'ai N ordres pour faire passer par les armes

tous les ^ >r>ru Ces ordres ont été txécutés.Jls con- Hnueronl à l'être. »

Dans la même période, à Corfou, où commandait le général Baumann, les histoires alternaient avec les histoires. Féroce partisan de Constantin, ^ndarme mâtiiM^ de li'vanlin, il faisait sans ordres de ma part ni de Paris, une politique toute spéciale, qui indbposait les ItalieDS j'en ressentais les contrecoups à Salonique) et suscitait les rancœurs des Vénizelistes. Trente jours d'arrêts ne pouvaient le remoltpe dans la voie droite. Ses appuis en France aitnirnt imposer quelque temps eacore sa pré.sence ui'ta>ir' a Cirlnu, et me forcer à le remplacer plus tard, pour remettre tout en état, par un commandement p» ul-être trop amorphe.

La que^^tion grecque eJle-mème ne Éaisait pas nn pas à Athènes; il me fallait chaque jour me rappeler que Pénélope était une hellène.

'lit une nouvelle levée de boucliers, j'étais par

lo forcé de donner au gt-néral fii-aquet et au

contre-«miral resté à Salamine, des ordres formels

pour une action énergique (voir annexes, télégramme du 9 avril à l'amiral commandant à Salamine et l'ordre du 4 au général Braquet). L'amiral s'effrayait du bombardement éventuel prescrit. Je maintenais mon ordre (voir annexes n° 1731/3 du 16/4). A la suite d'une série de télégrammes d'explications à l'amiral, je finissais par comprendre que la marine française d'Athènes était sous mes ordres,' mais à condition de ne rien lui commander. Elle faisait concurrence à certains de nos alliés dans les Balkans.

De Paris arrivait cependant l'ordre de me tenir prêt à aller en Thessalie pour prendre les récoltes ; mais j'avais reçu un autre ordre, celui de passer à l'offensive contre les Bulgares pour le 25/4. Je répondais donc par le télégramme 1682/3 du 9 avril et 1684 du même jour montrant la difficulté de l'opération, mais en exposant cependant les possibilités. (Télégrammes aux annexes). Et j'ai été accusé de ne penser qu'à renverser un Roi au lieu de songer aux Bulgares! Le 14 avril, je recevais d'ailleurs l'ordre do ne plus m'occuper provisoirement que des Germano- Bulgares.

Toutes mes troupes étaient déroutées de ce côté. Mais, à la fin d'avril, je recevais une nouvelle directive. Il fallait aller en Thessalie. Mon télégramme du 28 avril 1790/3 (copie aux annexes) situait la question. Avant mon offt^nsive, je no pouvais aller qu'à Elassona avec delà cavalerie et des bataillons d'étapes. Après, vers le 15 ou 20 mai, je pourrais songer à la Thessalie.il n'y avait évidemment pas d'autre solution. Pour brusquer l'opération, ce qui était rationnel, il aurait fallu que depuis longtemps, et à l'avance, Londres et Paris fussent d'accord.

Quoi qu'il en soit, cette occupation de la Thessalie,

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