L'OFFENSIVE CONTRE LES GERMANO-BULGARES
fronts » était accepté, que je devais déclencher mon offensive vers le 15 avril, pour retenir au profit des Russes et des Roumains les forces qui m'étaient opposctv. Télégramme 9/3 dont copie aux annexes.) Mai> .le l.i Conception à l'exécution, il y avait encore loin. Après les Anglais, c'étaient les Serbes qui hésitaient, fortement émotionnés par les événements russes qui se précipitaient; ils ne voulaient pas — et avec raison — voir tout échouer, comme en 1916, par l'inaction britannique, .le remlais compte le ±0/'6, sous le n® 1599/3. (Voir copie aux annexes.) Je ne disais pas que les Serbes regardaient autant du côté grec que du côté bulgare, que les questions de personnes agitaient leur armée, que j'avais été forcé de faire intervenir le Prince pour régler une simple relève de batterie lourde française, que Tétat-major serbe, pour montrer son pouvoir, avait voulu conserver ou échanger contre douze batteries que j'avais au repos.
A cette obstruction tantôt britannique, tantôt serbe, s'ajoutaient et les difficultés causées par le temps, et les lenteurs inhérentes à l'action des troupes françaises qui venaient d'être engagées en partie au nord de Monastir, et devaient faire leur principal effort dans la boucle de la Cerna.
Toutefuu o — ^ ia pression des événements wc l'Asie Mineure, le général Milne, qui avait Uni par être prêt, voulait attaquer : il s'agissait de dé^M le front asiatique, et d'après les ordres du War-Oi . . il semblait y avoir urgence. ProUtant do cette circonstance, je lixais ainsi qu'il suit la marche de l'offensive. Les contingents britanniques s'engageront d'abord, puis les français, enfin les serbes chargés de produire la décision; resteraient pour moisson-
ner si possible, la 122* division et les Grecs qui étaient sur le Vardar.
Le 22 avril, les Anglais commencent la préparation d'artillerie, malgré un temps affreux; le 25, ils passent à l'attaque d'infanterie; deux divisions accolées s'engagent dans un combat de nuit; le résultat, sans être négatif, n'est pas un succès; 1.500 yards de tranchées tombent simplement entre les mains des Britanniques. Le 26, les contre-attaques bulgares sont repoussées; le 28, une nouvelle préparation d'artillerie commence; l'ennemi réagit par des contreattaques.
Cette opération ne pouvait du reste avoir aucune influence sur le développement qui devait être donné à notre action ; les contingents britanniques n'étaient au fond chargés que d'une diversion, pour faciliter l'acte tlnal qui devait se jouer entre Monaslir et Huma.
Mais Londres se plaçait à l'unique point de vue national, se cabrait et demandait à son général des explications. Le 2 mai, sous le n" 1807/3 (annexe), le ministre de la Guerre était mis au courant de celte situation; je le prévenais des demandes que le général Milne avait reçues, des réponses données et lui indiquais que devant le mauvais temps j'avais dû changer plusieurs fois les dates primitivement fixées pour attaquer. (Télégramme 1807/3 aux annexes.)
Ce retard m'avait d'autre part contraint à engager en partie les forces du Vardar, que primitivement j'aurais voulu conserver pour exploiter le succès. Dans ce nouveau rôle, ne pouvaient-elles pas d'ailleurs faire crain<lre à l'ennemi une poussée centrale? Des comptes rendus journaliers, il résulte que la physionomie des opérations peut se présenter ainsi : Dès le 5 mai, la 122" <li vision et deux régiments grecs tfttent l'ennemi, et progressent; les avancées ennemies enlevées, il est procédé à une vigoureuse
préparation d^artillerie, qui permet le 10 d'enlever le Serka di Logen; les contro-attaqoeg ennemies succèdent à nos attaques partielles. Le général Ref^nault qui commande, montre à la fois ses qualités de tacticien, d'artilleur et de véritable chef. Ses actions métliodiques réussissent, sauf v.^rs Huma, où l'avance est restreinte.
Les Grecs, de leur côté, prouvent qu'ils savent être courageux; ils attaqutmt très bieu, mais ils ne sont pas habitués à recevoir les contre-attaques, ni à subir sans broncher un bombardement; ce sont, cependant, les meilleurs d'entre les Grecs, puisqu'ils sont bien encadrés, et qu'il y a* de uomijreux volontaires; à mon avis il serait encore dangereux, sans les étayer, de leur confier un secteur isulé. Il pourrait y «.voir de durs réveils, à moins peut-être de les mettre en profondeur.
Le 5 mai également, la préparation d'artillerie commence dans la boucle de la Cerna, Le 9 mai, l'infanterie passe à l'attaque, tandis qu'à l'ouest «le la Cerna, vers Monastir, la préparation d'artillerie a^intensiiie. Nous ne pouvons cependant le 10 nous maintenir; seule, la brigade russe Dietrich conserve les gains faits la veille.
Le 11, de ' "les partielles sur deux positions
permettant i ipter une avance, échouent devant
des barrages. Le mauvais temps, la fatigue, ne permettent plus qu'une lutte d'artillerie
Les Anglais, que j'essaie d'entraîner par le succès de la 122* division, et auxquels, flnaleraent, j'envoie un ordre écrit d'attaquer, veulent bien renouveler leur tentative de percée dans la zone de Doiran. Ils la refont dans les mêmes conditions d'effectifs et de temps (attaque de nuit) que le 25 avril. Us obtiennent un résultat identique; le même insuccès- se répète. Us progressent toul^fois dans une zone latérale, où ils II s'étaient pas encore engagea, (Nuit du 8 au
250 MON CUMMAiMjh.>ib.>i r.:> ui\ii..m
9 mai.) Le 10 ils essaient un raid vers Serrés, [>u. se contentent d'une préparation d'artillerie ver Struma. Dans ces conditions, l'ennemi ne pouvait faire, comme en 1916, de transport de troupes du front britannique, sur le front Cerna. C'était peu, mais c'était quelque chose.
Restaient les Serbes. Ils n'avaient plus que deux armées, formées de trois divisions chacune ; la deuxième était en Serbie, la première en Grèce. J'avais mis derrière eux la 30* division pour exploiter leur succès, que j'escomptais. On ne prête qu'aux riches.
La 2» armée commence à s'engager le 9. Une de ses divisions progresse le 11, puis devant le temps qui devient affreux, une accalmie se produit. D'ailleurs, il m'est proposé par les Serbes, un changement de plan; je suis forcé de le discuter; il n est pas applicable. (Les Serbes auraient été mis en réserve, pour exploiter le succès qu'aurait cherché le général Lebouc, renforcé dans la boucle de la Cerna.)
Devant cette situation, et celle des armées de France, devant le péril grec, je reçois un tel» 1616 B. S. daté du 15 mai me laissant juge i les opérations, et de reconstituer mes forces pour faire face à la fois aux Bulgares et aux Grecs d'Athènes. (Copie aux annexes.) Je réponds immédiatement. (Dépèche n» 185 7/3 du 15 mai.)
( Réponse à 16 f 6 H. S. — Ai commencé attaque avec Anglais parce quil fallait enfin les faire marcher^ pour ne pas voir renouveler le passé oit plus de trente bataillons ennemis ont quitté leur front pour nous contreattaquer. Viens d'obtenir qu'ils agissent sttr Stn Espère par suite qu ennemi serq immobilisé sur l zone. Ne puis espérer davantage.