‹ Mon commandement en OrientChapitre 7 sur 91 · LE REPLI DE SERDIE · texte numérisé non relu

LE REPLI DE SERDIE

L« 24 novembre, Btusîiica est occapé poor amor-

<rr, sur la rire ga«che du Vardar, la tête de pont

ous la protection de laquelle les 57* et 122® divisions

ont se replier sur Demir-Kapon. Une attaque de

luit sur ce point est repoussée. Le l" décembre,

►ut le matériel est évacué de Krivolak. J'active le re

;ili des troupes « rendu difficile par température >'i

'lemins invraisemblables )>. Le thermomètre desce -

{ait à — 45°. Le 2 décembre, Karasouli et Gumendjé

' occupés pour préparer «les pistes et en môme

s jalonner par des points d'appui la ligne de

repli. Le 3, les Bulgares nous latent sur nos ailes, i

Koslurino, an kilométra 113, ainsi que sur la Cerna

>ù ils tentent deui passages de vive force : partout

ils sont repoussés. Us ne peuvent s'apercevoir du

commen-^ement de notre repli; il s'effectue ainsi :

A l'est du Vardar, dans la tète de pont de Krivolak la 114" brigade de la 57* division forme une arrièregarde, tandis que l'autre brigade le la 57% la llo^ va s'installer à Demir-Kapou, pour faire une nouvelle tète de pont. A l'ouest du Vardar, la 8' brigade de la 122* division garde le contact sur la tête do pont de Krivolak, tandis que la 243° bri«rade de la môme division va jusqu'à Gradée pour organiser une troisième tète de pont.

Pendant la nuit du 3 au 4, les deux arrière-gariies sans accrochages se repli;^nt au sud «le la tête de pont de Damir-Kipou. Toute la région Ccrna-Krivo- 'rusnica .si évacuée, et, à l'aube, la gare do Kri- . ik est détruite; la 113* Brigade, avec 9 batteries lient à ctieval snr le Vardar la tète de pont de Demir- Kap')U. Le 5, le régiment qui est à la gauche de ce <lispositif est attaqué; il résiste. Les Bulgares tentent t it, le 6, une pression vers Dubjani; ils ne

1 ni pas. Pendant la nuit du 6, la 57* division

évacur» la tète de pont de Demir-Kapou; le tunnel de Q,. ,, .. 1.^ r. .M» ,1m i.;i >fnètr'* 1!'^ -^ ■"♦ i.Wr-Mit^ i^

243« brigade de la 122» r^^ste alors au contact vers Gradée; l'autre brigade fait face à l'ouest de Mirovca à Petrovo où a lieu un vif engagement. Sous leur protection, la 57" division se concentre vers Stroumilza. Le 7, les Bulgares essaient de pou-ser vers Ormanli, Kosturino, Gradée : ils ne prennent qu'un piton aux Anglais vers Ormanli.

Le 8, des actions se développent sur tout le front ; il e t clair que les Bulgares cherchent à nous encercler. La question de l'évacuation totale de la Serbie de Gradée à la frontière grecque se pose une dernière fois.

Si, dans l'avenir, une offensive versja Bulgarie ou vers la Serbie était à envisager, il fallait réfléchir sur l'opportunité des destructions; il y a plus : la manière même de défondre les avancés de Salonique devait être envisagée. J'avais exposé le problème (voir annexe); il ne m'avait pas été répondu.

Je décidai donc l'évacuation de la tête de pont de Gradée et de Stroumitza-station. Pendant la nuit, elle avait lieu sans combat, tandis que le pont du Vardar sautait. Le 9, la 8' brigade do la 122« formait notre gauche sur la Petroska, la 15G« division notre centre, sur la rive sud de la Bojimia, la droite était tenue par 1 s Anglais, de Dedeli à Doiran. La 243' brigade de la 122' et la 57" divii>ion s'étendaient en 2* ligne de Negorci à Cerniste.

Le iO décembre, les Anglais n'étaient pas attaqués; notre gauche t- uait; au centre la 156' avait un léger recul vers Balince; la 243* brigade de la 122* vers Negorci parait à un mouvement enveloppant à Gurincet.

Je ne puis taire que, ce jour-là, arrivaient à Salonique les ambulances alpines que j'avais réclamées à cor et à cris : elles étaient faites pour la guerre de mouvement en montagne ; elles débarquaient pour la guerre de siège à S.iloiu(]ue.

LE r.EPLI DE SEflBlE f 5

Dans la nuit du 10 au 11, un dernier repli nous amenait sans combat sur la ligne Kara-Oglu!ar, Gerniste, Furka, Smokvica. Sur tout le front, dans la journée du 11, les Bulgares faisaient des attaques. Ils ne progressaient pas. Lo 1:2, un brouillard épais s'abattait sur toute la région oii nous étions. Le repli prescrit pour la nuit s*v fîectuait par suite en plein jour : la fatigue des troupes était ainsi amoindrie, et les difficultés d'évacuation diminuées. Il ne restait p!us en Serbie qu'un régiment de la 156* division qui s'était disloquée en trois tronçons, son c!ief, le général Bailloud, n'ayant nullement commandé, et la :243"- brigade de la 1:22* qui tenait une dernière tête de pont à Guevguéli; derrière elle à Smol, en Grèce, se trouvait l'autre brigade de la 122*.

Dans ces conditions je donnai des ordres pour réunir à nouveau la 156« derrière la 122^, tandis que la 57' restait au sud de Doiran et couvrait les 4 brigades anglaises, venues en Serbie, puis repliées en Grèce et dont deux s'embarquaient ce jour-là en chemin de fer pour Salonique.

Le 13, je pouvais signaler dans mon compte rendu que la 156* avait laissé un canon et 14 caissons embourbés, mais que, sauf cet incident regrettable, tout le repli s'était passé nor ralement, et que, par un dernier bond, toutes les troupes franco-britanniques, étaient rentrées en Grèce.

La tenaille dans laquelle les Bulgares auraient voulu nous prendre s'était fermée dans le vide.

Nous étions sortis de la Serbie.

Le 14, derrière la brigade de la 122' restée en arrière à Smol en Grèce s'échelolinait le reste de la 122* et toute la 1.56*'; derrière la 57« au sud de Doiran s'échelonnait également jusqu'à Kukus, 2 brigades anglaises.

J'aurais voulu que ma cavalerie reprît le conta, en s'élevant à l'est du lac de Doiran par Pataros ; les

tri)uj)(îs grccquos do cello région s'opposèrent au passai^o «le nos cha*sS0ur8 d'Afrique.

Le 15, la i'/i" et la 150* devaient continuer leur marche vers Salooique, couvertes à Karasouli par ua r<3giment et un groupe de la 122*. La 57* se repliait au sud de Kilindir, couverte par la brigade de cavalerie vers Kihudir.

Malgré le temps qui devenait épouvantable, le mouvomont se continuait les jours suivants. Tous les Britanniques envoyés en Serbie avaient, le 18, rallié Salunique ; le 19, je pouvais mettre dans mon compte rendu : « J'occupe actuellement avec mes trois divisions la zone que je dois fortifie)' de Karaoglu à Daudli; deux détachements mixtes à Karasouli et Kukus^ avec antenues à Gumendjé et Kilindir^ couvi'eni nos posiiions,^

L'ensemble de ces mouvements s'était développé tel que je l'avais fixé le 23 novembre et le 3 décembre. Seule la 15G' (^vision n'avait exécuté qu'en partie mes instructions, en se scindant en trois tronçons, mais elle avait été vite rameutée. Nos pertes étaient rclativemcnf h-L'-ri»»;- un millif.r .l'i.MinmAc hors de coml>at.

L'ennemi n'avait jamais pu omraver notre iiiK-rLc d'action; toutes ses tentatives pour nous gagner de vitesse, déi)order nos deux ailes, couper noir, de coiumuniralion sur Doiran rt fiiicN •'ii(^Ii. u avorté.

La canipautir uo ^rimi,' fiaii >aiis doiiu' icri: :

nous n'avions pas eu un échec, jo dirai plus : » mnlrriel, y compris celui drs m.'ué sur Salonique; quant à IIintactes, et dans d'exctdlentes conditions morales.

Mais qu'étaient devenus les rôvos vers S •"*' >iir (^unslanliuopie? Où sont les rùves d'antan.'

CUAPITRE m

Intrig^ues et politique i^recques en Tau iî)lî>.

Les comptes rendus jouTDaliers signalaient les faits les plus saillants de nos rapports avec les Grecs, mais il est indispensable de les condenser pour esquisser qikelles étaient nos relations et d'avoir à ce sujet une vue d'ensemble, si l'on veut se rendre compte des difficultés sans cesse renaissantes, qui rendaient précaires la sécurité et la marche même de nos opérations militaires.

Au moment de notre arrivée, Vénizelos avait été •envoyé par le roi, bien que les élections lui eussent (onné une majorité incontestable : il fallait marcher tans l'orbite allemande. La politique du nouveau jrésident du Conseil, M. Zaimis, se résumait ofiicielhment en deux mots : neutralité bienveillante. Mais, ei sous-main, le mot d'ordre inspiré ou donné, non pojt-être par Zaïmis mais par ses sous-verges, était de faire tout pour nous entraver en conservant la plis grande courtoisie.

le général Moschopoulos, qui commandait le

56 MUN CUM31A.NULM1::M L>i UlllLM

S^corps d'armée grec à Salonique, était l'homme voulu pour la situation. Les guerres balkaniques lui avaient donné une certaine réputation militaire; il affichait des sentiments ententistes; il était en outre profondément dévoué au roi, tout en ne négligeant pas de flirter avec les vénizelistes. Par contre, ses sousordres étaient nettement germanophiles. Parmi eux, émergeait le directeur de l'arrière, le colonel Mesqui sous les apparences de la courtoisie la plus ri née, ne poursuivait qu'un but : nous tendre des embûches et retarder tous nos mouvements.

Les Grecs étaient évidemment maîtres du télégraphe. Quand il y avait une dépêche importante, nos télégrammes restaient quatre à cinq heures, avant d'être expédiés.

Lors de notre repli de Serbie, ils se relayaient dans les bureaux, pour que du soir au matin tous les ûls fussent occupés par leurs conversations.

Sous le prétexte sans cesse évoqué de la souveraineté grecque, c'était Messala qui nous avait défendu l'installation de la télégraphie sans (il : je tournais la difficulté au bout de quelques jours en installant en plein camp, notre télégraphie sans fîl;il y eut une protestation. Je passai outre, ne voulant pas que mes télégrammes restassent en souffrance. J'avais été forcé de demander l'autorisation d'établir des lils supplémentaires militaires sur les poteaux helléniques, pour me relier avec les contingents opérant en Serbie; lors de notre repli, il y avait une foule dç dérivations faites parles Grecs pour écouter et rendra compte à Athènes.

Pouvant disposer d'appareils Hughe, jo donnai ordre d'en étî*blir un à Karasouli : lo secret do a corrcâpondance serait ainsi gardé : il fallait quafe ou cinq heures de pourparlers avec un officier grec— et le repli s'exécutait — pour que l'autorisation àc placer cet appareil fût accordée. A peine était-i|en

0 V ^rvdinç /

•Kûritza

Ka^to,

•Kouai

INTRIGUES ET POLITIQUE GRECQUES EX L'AN lOiri r,i

tnnction, que les hughisles s'apercevaient qu'un 11 1^ lie grec était interposé et cherchait le synchronisme.

A Salonique môme, c'était Messala qui avait fixé les emplacements à occuper par nos troupes ; il nous avait relégués à Zeitenlik, c'est-à-dire sur des terrains réputés fiévreux, et sous le canon du régiment d'artillerie grecque caserne non loin. Se basant sur les nécessités de la mobilisation, puis de la concentration, c'était encore Mossala qui faisait interdire i tout habitant de louer chambre, bureau, magasin;

s contrevenants étaient poursuivis; plus tard, devant mon insistance et mes comptes rendus au ministre de France à Athènes, l'interdiction était levée; mais il y avait lieu, me faisait-on connaître, !o faire une répartition équitable des locaux, entre

recs et Français : on gagnait ainsi du temps.

Nous avions besoin de voitures pour les transports du port au camp, ainsi que pour nos installations; les gens, qui avaient traité avec nous, étaient aussitôt réquisitionnés par les Grecs. Nous voulions avoir les quelques denrées qui se trouvaient à Salonique, notamment le foin; des sentinelles grecques étaient mises dans les magasins, et nous ne pouvions sans conflit prendre livraison des marchandises même lorsqu'elles avaient été payées.

Les détachements grecs qui arrivaient étaient, comme par hasard, campés dans les endroits où il nous fallait passer pour dégager le port. Tout autour de Salonique, il y avait des postes grecs qui, à 5 ou 6 kilomètres, empêchaient toute circulation française ou anglaise.

J'avais besoin d'établissements hospitaliers; il existait un très bel hôpital hellénique, où il y avait juste 5 malades; il m'était refusé.

La police grecque, renforcée, passait le plus clair de son temps à surveiller les alliés ; j'apprenais que

2^)0 Allomandfi, on jeunes ffenn t leurs études

en Allemagno, y avaient été in(

Je désirais qu'à Athènes la presse sût ce que les alliés faisaient : mes communiqués étaient -"♦■./s ou classés par la censure hellénique.

Quand des officiers allemands étaient signalés à Salonique, qui allait les attendre, les piloter? Toujours le colonel Massala!

Sur les voies ferrées, chez les Grecs, même ligne de conduite. Le charbon et le matériel de chemin de fer étaient envoyés de Salonique à Drama, pour les soustraire à nos besoins. Les ordres étaient donnés directement par M. I^olitis, directeur des chemins de fer, sans prévenir la direction française de la compagnie. En décembre, 1.000 lonnes de charbon étaient ainsi expédiées; 150 wagons à vide les suivaient : direction Serrés et au delà; ordre avait Mé donné de conserver tous ces wagons. Tout le ma' serbe était concentré à Florina, hors de notre p< : Pendant notre repli de Serbie, il nous fallait surtout dos trucs; les rames^étaient formées pr-^ ^

exclusivement de wagons fermés. Les wagons . gés étaient par principe intercalés entre une série do wagons vides, pour quintupler lo temps de manri'uvre dans chaque slatiun. H en résultait que pour all«T do Guevguéli à Salonique, pour couvrir 80 ' ■' mètres environ, on mettait dix ou douze heure-

A Salonique même, on demandait pour I' " du port 80 wagons par exrmpb»; il en él 10, parfois moins. Au moment où nous non-

lie Krivolak, comme par hasard, un »lé: ...

obstruait la voie; pas do blessés, pas de morts, mais la circulation était interrompue; l'ennemi aurait pu nuus accrocher. Quand nous rentrions m (in»eo. n\i même endroit que cîans la demi

nique, un nouveau déraillement se [

pour le premier, aucune victime, mais la ligne deve-

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