‹ Mon commandement en OrientChapitre 73 sur 91 · DIMINUTION DES FORCES BRITANNIQUES · texte numérisé non relu

DIMINUTION DES FORCES BRITANNIQUES

en Orient non pour édifier l'après-guerre, mais pour arriver par la guerre à un résultat de guerre. Néanmoins, je tenais à faire savoir que je n'étais pas l'éternelle dupe, et, dans ma dépêche précitée du 9 août, je terminais ainsi :

c J'ajoute que fax intercepté télégramme d'Athènes, signé Politis, prescrivant pour me faire changer avis de ne pas oublier que gouveimement grec pouvait appuyer la suggestion de me remplacer en Orient. Hier tous les j-'Uniaux grecs ont en effet publié nomination général 0 ^ '.iui et aujourd'hui plusieurs télégrammes de presse annoncent que gouveimement français voulant donner plus (f activité au front balkanique a choisi général précité vu sa jeunesse. Je nai pas à discuter ma personnalité, mais je n aime pas le chantage, >

Peu après je rendais compte que les Grecs voulaient avoir le blé de Thessalie dont nous nous occupions, qu'ils n'étaient pas susceptibles de l'avoir, étant incapables d'assurer les transports sur la ligne ferrée Larissa-Athènes, et que j'allais être obligé, pour assurer ma base d'Itéa, de faire cesser une ox|)!oitation f^rrr-viaire hellène qui n'était que chaotique. II était née 'ssairo quVn France on ne fondât point sur le.s Grecs des espoirs sans lendemain.

Je recevais également, à la suite' He rincen.i. 4 a» dévora le tiers de Salonique, le nouveau roi de Grèce. J«^ crus do mon devoir (compte rendu du -2^) de déclarer « Abstention de la population au départ^ indifférence à Varrivée ». Je ne lis d'ailleurs aucune allusion à l'impression qu'il m'avait produite. Il sentait qu'à Salonique il était non chez lui, mais chez les Alliés, que je commandais.

Avec la duplicité levantine, Famour immodéré de l'intrigue et des affaires qu'on' les Hellènes, pour que la Grèce marchât véritablement dans le conflit européen, elle devait être et rester en lisière f hors ^'■^ '•• iî n'y avai* ;■• ■ : ' ■■' ; ^.

Ces divers incidents ne retardaient d'ailleurs pas los opérations qui m'avaient été demandées.

Il s'agissait, comme en mai, de retenir tous les contingents ennemis de Macédoine pour dégager indirectement la Roumanie.

J'envoyais le ±0 août sous le n" 2498/3 (voir aux annexes) le plan de ce qui pouvait être fait: des coups de poings ou des actions d'artillerie de tous côtés sur l'ensemble du front, une véritable action vers l'ouest, sur la région de Pogradec, au moyen d'une division formée par la fusion des 156" et 57' appauvries par les permissions. 11 n'était possible de manœuvrer que sur les ailes et pour plus tard, il pouvait être espéré que nous atteindrions ainsi une région où l'ennemi n'avait pas encore établi de solides fortifications.

Au commencement d'aoïit (3, 4, 18 et 19;, j'avais déjà fait exécuter, par des détachements de Korilza, deux pt'tites colonnes pour prendre l'air à l'ouest et au nord jusque vers le Dévoli. Le 47, les opérations prévues par mon télégramme du ±0 commencent à se développer. Les Anglais manifestent surtout leur action par leur artillerie. Les Italiens et les Serbes font quelcjucs attaques locales. L'ennemi réagit sur les Russes et du côté du Vardar en attaquant surtout sur les Grecs. Le 7 septembre, l'ennemi étant fixé à peu près sur tout le front par cette série d'engagements, le général Jacquomot, h la tète de la division provisoire, prononce l'olTensivo que je désire pousser jusqu'à Pogradec. Il réussit, cl Unit le il par uc mouvement enveloppant qui le rend maître de celte ville.

Pour ne pas laisser Pogradec 80u« le feu de l'ennemi, dans la même situation que jadis Monaslir, je donne nrdr»^ «It» poussor de l'avant.

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Nos troapfts amncsnt jusque noa loin de Lin. Il n\l — ' de réserve, d'aller plus loin.

C'éi . I succès, dans lequel ïe ^éné-

fal (irossQtti avait été pour beaucoup en actionnant tout les premiers jours, et en dirigeant ensuite avec tact et bon sens; et dans lequel le général Jacquemot, comme exécutant, avait montré de b'iies et de réelles qualités tactiques.

Dès le 11, j'avais télégraphié à Paris : « no 2589/3. Aii7itenlion limiter mes offensives à dégagement Pogradec^ attendu que^ par le mouvement offensif dans cette région, j'ai appelé attention ennemie de ce côté et que je crois avoir re Le mi sur tout mon front tous les contingents ennemis devant moi, cormme je le désirais d après vos instructions, afin dégager front roumain. »

Mon flanc était désormais nettement appuyé. Je pouvais songer pour plus tard à manœuvrer la droite bulgare ainsi que la gaucho autrichienne et h m'interposer entre elles deux.

J'arais pensé an moment où j'attaquais sur P trra-i'M:. qu'il était bon que le général Ferrero, qui cjm:iiaudaiteB Albanie, connût mes intentions et pût éventuellement greffer sur mon opération une action quelconque pour stabiliser et renforc»" '^ ^if... i;,>r^ de ses propres troupes.

Le 7 ~ 're, sous le n"* 562/3 je lui tùlcgra-

phiaisi-. : € Commence demain opération ayant

pour but aiier phus au Nord que région OpaH, et consistant à forcer Devoli. Serais heureux si pouviez attaquer simultanément. Opération durera vraisemblablement quatre à cinq jours, if Je recevais avis que les troupes itafiennes marcheraient.

Les bruits les plus teuilancicux étaient même mis en circulati3n; on parlait de 30.000 Italiens qui

allaient débouler. Au fond tout allait se résumer en une démonstration minuscule, qui dura vingt-quatre lii^uros et fut faite par un détachement mixte où l'infanterie, si mes renseignements sont exacts, était nprésentée par un seul bataillon.

Le 4 septembre, j'avais fait ramener les derniers Sénégalais qui se trouvaient en Epire. J'avais fait évacuer la zone neutre et laissé seulement un détachement dans deux villages (Vrbjacci et Dousico) que réclamaient les Grecs et les Italiens. En un mot, la Grèce avait réoccupé tout son territoire sauf l'Epire, et les Italiens ne voulaient pas abandonner ce qu'ils avaient occupé. (Voir à ce sujet télégramme n* Gi41/2 du ii9 août.) Comme d'autre part, il y avait eu de nombreuses frictions entre les Italiens et le colonel François, chef de la mission d'Epir sujj^t de la route de Santi-Quaranta, que cA ol supérieur, d'ailleurs, avait été rappelé à l'ordre pour montrer parfois une initiative déplacée dans des questions hors de sa compétence, puisqu'il était uniquement chargé de la route, et qu'il étuit ordres, je décidai d'aller jusqu'à Santi-», alin de voir par moi-môme la situation et de pousser jusqu'à Premeti pour avoir une entrevue avec le général Ferrero.

Je voulais également >i passible solutionner une nouvelle question : transfert réclamé des Italiens de la C«'rna aux lieu et place des Russes à mon ext gauche, entre les lacs et Pogradec, ce qui a donné cette zone à l'Italie par une simple répartition des forces alliées et aurait permis de faire un tout dos Italiens du général Ferrero et de ceux du général Mombclli. Pour ne pas heurter ce dernier, je lui avais déjà proposé une solution moyenne : le

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