‹ Mon commandement en OrientChapitre 77 sur 91 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La raison en est simple. Depuis mon arrivée en

ient, je n'ai jamais varié dans ma ligne de con-

ituite, et j'ai eu une orientation bonne ou mauvaise,

— ce n'c'^t pas à moi à le discuter — mais elle a

' lit, et «levait fatalement produire ses fruits.

Hlle e<i simple : ne pas être à la solde tantôt d'une

issance, tantôt d'une autre; faire une politique eutentiste, uniquement ententiste et française, non nour l'après-guerre, mais pour la guerre même.

Au point de vue militaire, ne pas être l'esclave journalier des conférences qui se succèdent, où tout est agité, où rien n'est résolu, où tout le monde

rie, et où personne ne commande.

J'ai essayé de commander, et je suis arrivé à quelque chose, malgré les Anglais qui voulaient laisser Constantin à Athènes et évacuer Salonique ; malgré les Italiens qui ne sont venus que pour s'occuper de l'Albanie et avoir voix au chapitre au mom<Mit du traité de paix; malgré les Grecs qui ne voulaient souvent que le triompjie d'un parti et désiraient toujours le maximum dé bénéfices avec le minimum de risques et d'efforts; malgré certains Français de France qui ne voulaient aucun succès en Orient, parce queje n'appartenais pasà la chapelle du G. Q.G., et qui ne pouvaient me pardonner de n'avoir jamais eu, en Occident pas plus qu'en Orient, je ne (lis pas la moindre déroute, mais même une simple défaite, d'avoir cru, dit, télégraphié que du front oriental pouvait et devait venir l'événement final. (En 1796, l'armée du théâtre secondaire d'Italie n'a-t-elle pas imposé la paix au monde entier?)

Ce sont sûrement eux — mais peu m'importe — les auteurs ou les instigateurs du télégramme suivant que j'ai reçu le 10 décembre 1917 : € Tai l'honneur de voit^ faire connaître que le gouvernement se basant

aur des considérations d'ordre général a décidé votre rappel en France, »

Jo n'ai pas voulu répondre, en quittant la Macédoine, par un ordre du jour quelconque; j'aurais pu, cependant, résumer l'œuvre des soldats de Tarméo d'Orient sous mon commandement par les propres paroles de Bonapart.i aux soldats de l'arifiée tl'î^ « Vous n'avez jamais été battus; vous ne moi. .s

sans être vainqueurs. »

e avril 1918.

AiNrsEXES

Noie au sujet de la siitiaLion militaire en Orient.

Comme l'a deinaiide le général JofTre, daos sa lettre du 3 août, il semble indispensable de savoir « où ou va en Orient t., il est donc nécessaire d'examiner somuiaircraent les diverses solutions possibles alin de pouvoir préciser les directions à suivre.

Aj. — Si les deux, divisions actuellement dans la presqu'île de r.niiinnii V rp^t.uit il n'y a pas d'illusion à avoir. Elles sont con- ■ frontal, à la lutte de tranchées: elles ne >>er très lentement, devant la série de lignes de tUii.ascs turques,- c'est vraisomblableraent le statu quo pour loriç'tçinps; peut-être jusqu'à la ILn de la campafçne, avec les pertes journalières inutiles, avec toutes les diXiicultés déjà entrevues pour le ravitaillement, avec renchevôtrement perpétuel des forces aaglaises et la perspective d'un confiit depuis longtemps ^ l'état latent. Cette solution est donc à rejeter.

B). — Pour rendre moins précaire la situation dans la presqu'île de Gallipoli, pour nous assurer la progression le lon^ dot Dardanelles, ou peut se donner un but : la prise des batteries de la côte d'Asie Jusqu'à In-Tepe et Erenkeui. Les Turcs n'aoïraiiflat dans cette région que 7 à 8.000 hommes au plus, mais Us disposent d'une grosse artillerie et ont puissamment fait appel à la fortillcation jusque vers la baie de BesiLa. L'opération devrait donc être menée en [>arlant de Ténédos, en utilisant la baie de Youheri. au sud de Besika. Elle consisterait, après s'être établi dam une solide tète de pont sur la côte face a Ténédos, à pousser sur les Dardanelles. Elle nécessiterait l'emploi de deiu divisions au

moins. Par suite, les deux divisions acluellement dans la pr de Gailipoli sufUraient au début. Si l'opération n'est pas dlatement couronnée de succès, il faut s'attendre à être ima:. bilise dans cette zone, comme dans la presqu'île de Gailipoli. mais môme dans cette hypothèse, ,une partie des forces turques de Gailipoli serait passée en Asie, et, pour nous, en transportant notre base de ravitaillement de Lemnos à Mctelin, nous pourrons vivre la mauvaise saison dans des conditions au moins analogues a celles que nous aurions à Sebd-ul-Bahr. En résumé, l'opération est faisable avec des efTectifs assez restreints; elle peut sans doute être arrêtée par l'ennemi, l'objectif étant à près de vingt kilomètres du point de débarquement, mais, même dans ce cas, elle agrandit le front du contact. Elle n'est donc pas inadmissible: mais, limitée à l'unique destination des forts d'.\sie, elle n'aboutit qu'à un succès local, elle n'a pas de résultat immédiatement gros de conséquences. Ce n'est que le premier acte d'une pièce, et il ne peut être joué que jusqu'au 15 septembre.

C). — Il est indispensable de voir plus large : pour arriver à quelque chose, il faut mettre en ligne plus de monde. Or, d'après les termes de la lettre précitée, du 3 août, du général Joffre, les divisions retirées du front a destination de l'Orient ne pourraient embarquer que vers le îo septembre. D'autre part, la marine n'a actuellement les bateaux nécessaires que pour le transport simultané.d'une division; il faudrait par suite fa' • vient entre Marseille, Toulon et l'.Xsie, et It à piod-d'œuvre qu'aux dates approximatives >ui>>v..i, ■» t* tembre ; î« : 10 octobre; 3* : 21 octobre, i» • 3 novembre. S fait appel à une série existante de transports ltii''-"< n.^, grants, il pourrait être embarqué une division s'

qui réduirait les dolais d'arrivée, deux division^ .

peu près simultanément transportées. Dans la première thèse, une opération militaire peut s'engager vers le 5 no\ dans la deu.vlème, vers le 15 octobre.

Vu ces dates, une question se pose Immédiatement : il est admis que la mer est souvent démontée depuis lin septembre, dans les parages de Tènèdos. La même situation n'existe pas dans le golfe d'.Vdramytte. La surveillance contre les sous-marins est sans doute malaisée, mais il y a de nombreuses plages utilisables. Le*^ difllcultês à entrevoir résulteraient, par suite, non delà mer, mais de l'cloignement de l'objcotif a atteindre : la côte des Dardanelles.

La question do ravitaillement prendrait en elTet on caractère de véritable acuité et il n'y a pas à se dissimuler que, pour vrir les 80 à 90 kilomètres A parcourir dans un pays sans r il y aurait lieu de recourir aut arabas. aux équipages mui< >...>. de créer des dépdts avancés de vivres et de munitions, d'avoir

deux compagnies du train par étape au delà de la base et par

division, de procéder lentement à l'orpanisation de l'arriére, de

preruiro i^robablement Mételin comme base de ravitaillement, ce

rait un nouveau délai de dix à quinze jours pour ne

: à l'aventure. L'opération militaire même peut par

uile être reculée jusque vers le i" novembre, si deux divisions

>nt transportées simultanément ; s'il n'y a qu'une division simul-

méraent embarquée, elle n'est exécutable que vers le 15 no-

. ombre.

Dans ces conditions, les Turcs auraient évidemment le temps de riposter, de fortiller.il n'en est pas moins certain que Tchanak devant être l'objectif de l'opération, celle-ci prendrait une véritable importance et pourrait faire espérer le forcement des Dardanelles. La liberté de la mer de Marmara, ainsi donnée aux îL.ttes alliées, pourrait hâter la chute de Constantinople, et entraîner certaines puissances balkaniques. D'autre part, il est également sur que ladite opération est à une bien longue échéance, ce qui permet de dire que rationnellement, elle ne peut et doit être envisagée que si d'ici à cette époque rien ne devait être changé ilans la situation actuelle des belligérants de la presqu'île de Gaipoli.

D). — S'il est permis d'escompter pour cette date une avance des Alliés dans la presqu'île de Gallipoli, il y aurait lieu de donner aux divisions de renfort un autre objectif que Tchanak. Du golfe d'Adramytte à Balikcssir, il y a quatre étapes à couvrir et en ce point, se trouve la voie ferrée de Panderma. La question du ravitaillement prend, de ce chef, une autre tournure, et suivant la progression des Allies, l'opération peut être dirigée sur Tchardak ou. -i Panderma est ravitaillée par la flotte, avoir pour objectif ;; rousse.

En un mot, le débarquement à Adramytte effectué, puisqu'il est inexécutable vers Ttnedos en octobre, il est possible suivant les ircoHstances d'opérer sur Tchanak, Tchardak ou Drousse, mais, ;uoi qu'il en soit, il y a toujours à monter une opération de longue lialcine à rendement évidemment lointain, mais cependant appréciable.

E^ — Vu les conditions spéciales de temps exposées ci-dessus, s'il paraît nécessaire de faire plus tôt quelque chose au lieu de chercher à menacer ou gagner Constantinople, il pourrait être 'nté une opération plus restreinte, mais donnant touteTois des résultats tangibles : la prise de Smyrne. Ce serait une diversion, un nouveau théâtre d'opérations qui décongestionnerait Gallipoli. A l'heure actuelle, il ne semble pas qu'il y ait plus de 15. ooo Turcs dans cette région, et sans beaucoup d'artillerie. En menant rapidement l'action, en débarquant entre Vourla et Smyrne, il serait possible de prendre et de tenir Smyrne avant que le réseau ferré

n'ait permis aux Turcs de ramener des renforts de Constantlnopl»- Les deux divisions de la presqu'île de Galilpoli paraissent poavoir suffire pour ce coup de main, mais il faut s'attendre à être contreattaque; l'envol successif de divisions de renfort venues de France, permeUrait de s'asseoir, de tenir, puis de s'élargir. Smyrne resterait en outre un gage entre nos mains.

F). — Mieux qu'a Smyrna, une action analogue pourrait être effectuée à Alexandrelte.il n'y a pas plus de is.Oûo homme en Syrie. Dejmal Pacha, qui commande dans ces régions, est représente comme devenu hostile aux Jeunes-Turcs. La main-mise sur Alexandrelle permettrait d'isoler les éléments turcs et arabes: elle pour» rait être la première étape d'une progression ultérieure sur Alep, la Syrie. En tout état de cause, elle nou5 donnerait une possession en Orient jusqu'au moment où il faudrait causer de la paix. L'opération militaire ne paraît pas devoir offrir de grosses difficultés. Au fond du golfe d'Alexandrette, il est aisé de débarquer; à Alexandretto, il y a un port. Dans les environs, il y a un réseau ferré. Le premier objectif à atteindre est le nœud ferré de Topraklialé. De là, il est facile de rayonner jusqu'à Adana, et la chaîne du Taurus, comme celle qui encercle .Uexandrette, fait de cette région une excellente place d'armes.

L'oacupation de la région Alexandrette-Morslna, n'exigerait que deux divisions, doux divisions supplotuentaires paraissent devoir sufilre pour assurer l'occupation d'Alep, deux autres pour parer à toute éventualité ou progresser. \

11 y a là, en un mot. une conquête qui se présenta dans de bonnes conditions mllitairoset permet tout espoir.

• ''•• n vers Alexandrelle mérite '!•"'•" fr..>: c.;r;n.,^«,.,«j^t

•rverait l'avenir, nous lais.^ le

tl ^ !;,:hn, inciterait les .Vrabesà

mie, permettrait la progression des Angla;- -t

dos ll'isses dans la région du lac de Van. m mn ;^

ceptiblc que toute autre de battre le gros des forces turques, q m: ne s'aventureront pas au delà du Taurus. et de dissocier les ; ii sances balkaniques. — Sans doute, il s'a^'it actuelloinent d en Orient une rupture d'équilibre du front général des allii'os; mais si cotte rupture ne peut ôtre immcdiatemoul o.s comptée, faut-il négliger les (acteurs, les réalisations qui perroetiraiout, au traité d« paii. de d« pas arriver en Orient les moiai vides?

G). — Pour arriver à un évonoment on Orient, au lieu d'une op^, ration en Asie, Il pourrait y avoir uno intervention dans la S«rhl%«' * la suite d'un débarquein^ •

Il ne peut m'appart«nLr situation diplomatique

permet do débarquer en co y w .v.,,..i avec le gouvernement

grec. D'aucuns pensent cependooit q lo devant le fait acquis d'un

A.N.NlXlS 301

' ^ '^nt, la Grèce pourrait bien ne protester que pour la

qu'il en soit, Salonique. base d'opérations, permet

^lo et profitable action militaire. X 'est-il pas, en efTet,

>> d'arriver ainsi soit à un déclanchcraent en notre faveur - :ats balkaniques hésitants, soit, au moins au renforcement de l'armée serbe, qui pourrait ainsi, pour une action défensive comme pour un acte olTensif, recevoir aide et appui ?

Au point de vae militaire, le débarquement s'opérerait dans les mêmes conditions de temps qu'en Turquie d'Asie, mais avec plus ^ facilité, Salonique étant un port. En outre, il y a une voie ; rée Salonlque-Uskub-Nisch, qui permet le transport des troupes des ravitaillements. Sans doute il y a loin de la zone de narqucment à la zone de concentration (Nisch;, mais la distance :able à l'heure actuelle pouvoir être couverte en vin^^t-quaire ou ■ nte-six heures au plus. Le matériel de la voie ferr> vient dctre augmenté et restera entre nos mains, à moins 6 une alliance gréco-bulgare. Il est possible de compter sur dix trains dans chaque sens. En en réservant deux pour le trafic, huit seraient a utiliser pour les besoins militaires et assureraient au moins î.OOO tonnes de transport. L'appel aux automobiles augmenterait ce rendement, et le calcul semble pouvoir permettre d'affirmer qu'avec ces moyens de transport le ravitaillement de six divisions françaises, comme celui de l'armée serbe, ne péricliterait pas. Pour le transport même des troupes, en conservant une durée d'une semaine par division, et en réservant une semaine au moins pour le ravitaillement de précaution, on arrive à trouver que les six divisions françaises seraient prêtes à opérer vers le 20 novembre ; mais, les divisions arrivant successivement, rien n'empêcherait de les utiliser les unes après les autres, si c'était nécessaire, à partir du 10 oct(ft)re.

Tes deux dates sont sûrement lointaines, mais une opération à : ^'e envergure n'est possible à Salonique, comme en Turquie .sie. que vers la même époque, et l'action partant de Salonique aiguillée, suivant les circonstances, de Nisch vers le nord, l'est ou l'ouest, est, au point de vue général, susceptible de donner un Téritable rendement.

H). — Il importe de prendre une décision pour l'une de ces opé- Mons, ou tout autre analogue. Dos qu'elle aura été notifiée, .uà mesures de détail d'exécution devront être immédiatement étudiées, l'organisation générale de l'expédition immédiatement entreprise.

N^ 2. — Note n» i/3 du 3 octobre 4945 au sujet de Vintev' vention française dans les Balkans.

i».i..- . .iiii..i..a auquel vous m'avez fait rbonncv '^- •-- 'invoquer le 29 septembre, vous avez bien voulu m« <• -r balement que le gouvernement avait décidé l'envo. ..„ .-.„t n. Salonique dune division de la presqu'île de Gallipoli, à laquelle viendrait s'adjoindre une brigade mixte tirée de France.

Sur la demande que Je formulais du rôle auquel seront destinées CCS unités, vous m'avez fait connaître qu'il y aurait lieu tout d'abord de savoir comment j'envisagerai la question en me basant sur les directives suivantes -.

^'\ La Grèce laissera faire, mais ne marchera pas avec nous.

!•) La Serbie peu> attaquer la Bulgarie;

3») L'Angleterre enverra un contingent, mais l'effectif d. tiugent est encore inconnu;

4») lUen n'a été décida au sujet du com " :r.

pas plufi que sur la subordination ou 1. ,-es

fraacailci par rapport ai:x 'orces britanuniîies

s») Les forcer françaises serublent pouvoir avoir pour première mission la maîtrise de la voie ferrée.

Me basant sur ces données j'ai l'honneur de vous e\poser le^ di.Turentâ rôles qui peuvent incomber : i* aux trois brigades précitées ; 2* à l'armt^e d'Orient, si elle était constituée à trois corps d'armée au moins, comme il avait éto» prévu et oommo vous v avez vous-même fait allusion.

Tout d'abord se pose une question préalab'

F.iut-il rester aux Dardanelles ou les r r ?

A mon avis, sans aucune hésitation, il n t> répondu qu^

par la négative.

Au point de vue politique, l'abandon des Dardanelles créerait .; la France comme à l'Angleterre tme situation pénible, sinon dangereuse. Cette évaruation serait annouceo urbi et orbi par les Turcs et les AJleiuands, comme une grande victoire de l'Islam; elle serait cousiUcrec comme telle par les musulmans, qu'on U veuille ou non: il eu résulterait uno . . ,-

du nord, une source do dangers po

Tiinisio et même l'Algérie. Certains • * . ms u.iii> >

Sud luni.<i«'n ne peuvent que conllrmor ( • >n.

Au point de vue milItaire,Vop»^raUon c«si ....,..^^-.i>le ou alors i; faudrait se résoudre à abandonner tout ou partie du matériel et

à sacrifler ou laisser jeter à la mer les troupes chargées da courrir les derniers rembarquements.

D'un autre côté, l'évacuation complète des Dardanelles aurait pour résultat immédiat do libérer toutes les importantes forces turques qui sont actuellement concentrées dans la presqu'île. Où iraient-eiles? Sur quel théâtre d'opérations jetteraient-elles leurs épées dans la balance?

De toute nécessité il faut donc maintenir l'occupation de toutes les lignes actuellement tenues aux Dardanelles : devant Krithia comme a Gaba-Tépé ou SuTla; il y a plus, abandonner un point quelconque, sous couleur de rectitier le front, serait une faute ; c'est un recul, c'est s'avouer impuissant; c'est donc un échec»

Par qui et comment tenir ce que nous arons de la presqu'île?

Une division française est déjà désignée pour être retirée, il ne restera plus qu'une division composée pour moitié de troupes sené;,'alaises. Ces dernières devant être rappelées à l'hiver, il ne faut donc compter vers cette époque que sur six bataillons français. Cette force est éndemment ijisuffisante pour assurer la garde du front actuellement dévolue au corps expéditionnaire français.

Y a-t-il intérêt à laisser encore sur un front plus étroit ces témoins de nos lutiee? La nécessité n'en apparaît pas évidente.

J'estime qu'il y a lieu de laisser aux seules troupes anglaises la garde entière des positions de la presqu'île de Gallipoli. Au surplus, c'est l'Angleterre qui a décidé, dirigé, commandé cette expédition : c'est à elle qu'incombe le devoir d'en maintenir les résultats.

ACTION ÉVENTTJEtLE DBS TlOIS BRI«ADB8 DÉBAROtlÉBS ▲ SALONIQUB

Si l'effectif des troupes françaises dirigées sur les Balkans ne comportait que les trois brigades actuellement désignées (la division BailloudduC. E.O. et une brigade mixte de France), cet envoi ne pourrait pas avoir de véritable portée militair*.

Ces trois brigades n'ont pas en e;Tet la force suf lisante pour mener une action propre, même en liaison avec les troupes serbes.

Elles pourraient donc seulement :

!•) Soit être mises à la disposition de l'armée serbe auprès de laquelle elles Joueraient le rôle de simples renforts (c'est là on rôle qui ne saurait convenir aux forces françaises).

2«) Soit assurer la garde d'une section de la voie ferrée Salonique-Nisch (c'est là une mission défensive et des plus modestes peu en rapport avec l'importance du concours que les Serbes attendent de nous).

L'envoi de trois brigades à Salonique ne peut donc être considéré qne comme un geste. C'est le signal précurseur, le commandement d'avertissement avant de passer à l'exécution.

Serbes et (irers comprendront que nous sommes nettement avec eux et qu'à l'action dii)lomatique va succéder l'action militaire-— à moins que les Bulgares ne démobilisent complètement.

Mais môme dans ce cas, il conviendrait d'être fixé au préalable sur la région où notre action s'exercera ultérieurement D'après votre télégramme adressé le 28 septembre sous le n» 14601 au général Hailloud, la zone sur laquelle doit être dirijçée la division du C. E. 0. envoyée dans les Balivanssera indiquée par l'attaché militaire en Serbie. Sera-ce au sud ou au nord d Uskub? Il y a là un premier point à préciser, les conditions militaires du problème n'étant pas les mêmes dans l'un ou l'autre cas. J'estime persconellement qu'il ne saurait être question dans aucune circonstance, même si l'attaché peut avoir ce concept, de s'établir en cordon le long de la voie ferrée, attendant une agression qui percerait la où elle voudrait, si au lieu de coraltadjis il y avait une force régulière ennemie suffisante.

A mon avis il apparaît au contraire comme indispensable de prévenir toute attaque de ce genre en se portant franchement à lest de la voie ferrée avec le gros de nos forces. S'il s'agit, par exemple, de couvrir la section comprise entre la frontière et Gradsco (section particulièrement exposée en raison du saillant bulgare deSlroumitza) c'est vers la Stroumitza qu'il faudrait tout d'abord aller avec le maximum de forces; quelques détachements, si les Serbes ne l'ont pas fait, assureraient la garde de la voie ferrée elle-même contre les tentatives éventuelles des bandes insurrectionnelles delà Macédoine contestée.

Mais je le répète, il est de toute urgence de savoir le plus tOt possible où nos forces seront envoyées; la suite des operatioDS peut en dépendre.

Quant a moi j'estime que logiquement il faudrait acheminer vers la frontière serbo-bulgare successivement dès leur arrivée les forces débarquées, leur donner comme centre : pour la division Kumanovo, et pour la brigade mixte la zone où la voie ferrée esi le plus proche de la Bulgarie (Mirovca, Kacharka); ne jamais patrouiller qu'a un kilomètre de la frontière bulgare et faire garder la voie ferrée même par un système analogue à nos gardes des voies de communication. Il y aurait tout avantage A ce que ce dernier service soit fourni par les Busses qui pourraient gagner la Serbie au nombre de i.ooo à .'s.ooo, en remontant le Danube. De la sorte non seulement notre effectif de manœuvre ne serait pas affaibli mais encore la protection immédiate do notre ligne de communication serait garantie par des cléments envers lesquels les populations bulgares de la région auront toujours répugnance à faire acte d hostilité. — Je ne parle pas de liiifluence morale qu'aurait, en Bulgarie même, la nouvelle de l'apparition de troupes russes en Macédoine,

Quoi qu'il en soit, si les circonstances ne permettent pas l'envoi de nos troupes dans la zone ci- dessus ou si, en d'autres termes, les trois brigades remontaient francliemeut au nord dUskub, elles ne pourraient couvrir la voie ferrée: elles devraient Cire concentrées pour tenir defensiveraeul une des grandes artères d invasion soit vers Kumanovo, soit vers Leskovatz ou Pirot. Mais, quelle que soit l'hypothèse, tandis que nos troupes se concentreraient, les forces maritimes ne devraient pas rester inactives. A elles d'assurer l'inviolabilité du port de Salonique, a elles débloquer toutes les côtes bulgares dans la mer Noire comme dans la mer Ej,'ée : à elles enQn de croiser devant Dédcagalch et de faire, si c'était nécessaire, appel en ce point au canon.

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