OPÉRATIONS A ENVISAGER .'.VEC UNE ARMÉE
Sou 'lue ifS Serbes marchent seuls, soit que les Grecs se joignent à eux et que la Roumanie sorte de son isolement pour nous et pour les Alliés, le but immédiat est de mettre la Bulgarie hors de cause.
Ce résultat atteint, alors seulement pourrait être envisagée une action combinée des Alliés soit sur Constantinople par les territoires bulgares, soit sur l'Autriche-IIongrie par la frontière serboroutuaine.
Du sort de la Bulgarie dépendra en effet celui des Balkans.
La Bulgarie à terre, la Roumanie oubliera qu'elle a laissé passer des munitions pour les Turcs et ne se rappellera que le traité qui la lie a la Quadruple Entente; la Bulgarie réduite, pour les Turcs plus de munitions, plus de cadres, plus de matériel allemand, et par suite les résultats recherchés et non encore atteints dans l'opération des Dardanelles, sont, sans nouveaux efforts de ce côté, automatiquement atteints.
Comment abattre la Bulgarie?
Je ne sais rien du plan serbe; hier il semblait iju lis voulaient attaquer, aujourd'hui se défendre: j'ignore tout du plan grec; en ont-ils un? .
Il me parait cependant logique de pense^ que les Grecs feront tout au moins respecter leurs frontières aux débouchés des vallées de la Slrouma, de la Mesta et assureront l'inviolabilité de la voie ferrée Salonique à la frontière actuelle serbe.
De leur côté, les Serbes semblent vouloir laisser un minimum de forces devant les Austro-Allemands et avoir leur gros concentre dans la région de Xisch, Kniajevatz, Pirot. Leskovatz pour marcher sur Sofia. S'ils craignent un gros effort germain, ils renverseront les données du problème : gros de leurs forces vers le Danube contre l'Allemagne, minimum face a la Bulgarie, dans
la rcRion susindiquée avec un rôle défansif Jasqa'an moment de l'entrée eu lijrne des Français.
Quelle que soit riiypothose. l'action française semble donc devoir se produire sur le front Pirot-Uskub-Keupnilu-Mirovca. Quelles que soient les circonstances il faut : !•) envoyer au plus vite dans la zone choisie le maximnra de forces au fur et à mesure des dôbarquemenls. Si l'olTensiv- "» peut se faire qu'après la concentration, ces forces dès leur ar se retrancheront : elles garderont, elles assureront jusqu'aumou. .:.i Toulu l'immunité du territoire serbe.
î*) passer le plus rapidement a l'offensive: direction Sofla.
Pour atteindre ces résultats, la ligne ferrée Salonique-Msch doit donner à plein et parallèlement les troupes devront être acheminées soit en auto soit même à pied.
En même temps, dune part pour étayer les Grecs, de l'autre pour se lier a l'action sur Sofia, des forces suffisantes devraient remonter la vallée de la Strouma et par Djuma, Dubritza s'élever en se flanc-gardant vers Nevrekop.
Elles coopéreront ainsi a l'opération tout en couvrant indirectement Salonique et la ligne de communication de l'armée.
La nature du pays rendra sans doute la liaison assez délicate; il me paraft par suite rationnel de confier ce rôle à un corps expéditionnaire fourni par r.\nglelerre, mais resla.nt fttbordonn^ au commandant de l'armée française afin d'assurer I- • • -. dance des elTorts. II se concentrerait vers Demir-Hissar, > lipne de transport indépendante (Salonique-Sérés) ; 30. i pourraient avoir cette lâche. Ce corps pour les opérât la Struma serait appuyé par les forces françaises «n . -
ti Mir.vca qui prendraient pour objectif Slroumica. A droite, si les Grecs veulent marcher, ils progresseraiejit parailèleuient aux Anglais en prenant pour direction de leur aile gauche Névrokop.
Heste à déterminer l'effectif des forces françaises.
Pour le di-tachomont do Mirovea une brigade en couverture, puis une division semblent suffisantes.
Une autre division parait ncce«.«iAire pour, de Keuprulu, Istib. tenir d'abord la plaine d'Ovitch puis progresser au nord des monts PlachkavttJta.
Pour percer vers KustendJI, il faut &u moins on corps d'armée à concentrer vers Kunianovo.
Pour faciliter cette percée d'abord, puis appuyer le corps précèdent, un nouveau corps d'armée a réunir a mi-chemin entre Kumanovo et l.eskovatz paraît également indispensable.
SI nous sommes api>elés a opérer oJTensiveinent vers Pirot, il faut un corps d'armée supplcaicntalre.
Trois a quatre corps d'armée, tel doit donc être l'efTectir mi-
ANNEXES m
mtîmdes forces françaises si nous voulons faire quelqne ciMse
MX.
> le ctis, où pour des raisons diplomatiques ou nrilKaires il
aurajt nécessité d'adopter une attitude défensive, l'armée par
système de couverture et de concentration précédemment exposé
rait en mesure de couvrir la voie ferrée dont l'existence est une
lestion \itale pour la Serbie et la Russie ; en même temps elle
ait ausol, comme le fout actuellement les Autrichiens
Italiens; mais même dans cette hypothèse il ne faut
■> uuiJiRT que, vu l'étendue du terrain à couvrir et à défendre,
'is corps d'armée sont au moins nécessaires.
'" '::t à l'organisation même de cette armée, elle devrait être
revue par le tableau annexé à ma lettre N' 1/3 du 21 sep-
Toulefois, il y aurait lieu d'y ajouter pour le service de Santé?
2 sections automobiles par C. A.
Pour le génie : une compagnie de sapeurs de chemin de fer.
Pour les convois :
l«) par corps d'armée : une compagnie du trainde250 arabas et i sections de convoi automobile (un groupe/.
2») pour l'armée : 4 groupes de 4 sections de convoi automobile pour transport de matériel.
Pour le* service des étapes, 2 bataillons pour les routes.
J'ajouterai que, vu le terrain montagneux, il y aurait Heu de ne pas oublier que les corps d'armée à designer rendront des services plus eftlcaces sils sont composés avec des hommes habitués à la nonlarme.
Il ne peut enfin vous échapper que, quelle que soit la marcho
s opérations, il faut compter sur une campagne dure par le
iimat, les difficultés des communications, les qualités de l'enne-
1 il (■«Ht donc que \«'< tr, >...,..< dc.signées ne soient p^< ''•• '^''-ie. Il est il, .' que l'elTecUf et l'o
elsquejeli- .les ne subissent pas de :.^L ..
10 le plus rapidement possible tout soit à pied d'œuvre. Il est toute importance que les peuples balkaniques ne puissent être
.us dans leurs espérances comme dans la conûance qu'ils oiit
^us les troupes de la France.
N^ 3. — Tdcjramme 5732 — ." 41,3 octobre *""*-
Apres enlenUavec le G. Q. G. serbe il a été décidé que les Pranais opérft&t eo $«rM« «traitât «onceatrés à Niscb. Encoa^équence
prenez dispositions pour diriger par voie ferrée sur NIsch détaclienients au fur et à mesure débarquement Salonlauo Etat major général serbe donne ordres dos maintenant pour i>:''pa ration du transport. 11 serait désirable que vous alliez preair< contact aussitôt que possible avec élat-major.
— Télégramme 5856 — 9/11, 7 octobre.
En allend.int la brigade qui quitte France maintenez vos forcer (1. barquées dans Salonique.
N" o — Télégramme du 8 octobre. (Reçu par T. ir
la Provence qui transportait le Q. G. de l'armée d'Oritot
Ord;e a éto donné au général Bailloud de maint v. d 'barquées dans région Salonique jusqu'à votre arrivesi après liaison avec état-major serbe il conçoit an pour seciirilé voie ferrée dans région Stroumilia il prcudiu ;. sures indispensables pour l'assurer sans se considérer comme .. a la réciion immédiate de Salonique.
No C. — Télégramme 5987 — OU, 10 octobre.
Suivant décisions du gouvernement ne transportez aucune force on Serbie cl ne franchissez pas la frontière serbe avant d'avi rc.-u de nouvelles instructions de moi. Siçrné : Millbrand.
N« 7. — Télégramme 6039 — " / /, /3 octobre.
A la suite d une décision du gouvernement. J'ai adresse le IS o tobre au général Bailloud les imtructious suivantes ; « Les ci r
constances diplomatiques s'étant modiflées, tons êtes autorisé à franchir la frontière serbe. Votre première occupation dort être (Je ne laisser couper en aucun cas vos communications avec Salonique. Sous cette réserve, vous couvrirez la voie de commuiiication entre Salonique et Serbie contre toutes tentatives bulgares, daccord avec G. Q. G. serbe » Vous aurez à vous conformer à > directives dès Tolre prise de commandement deTannée d'Orient.
No 8. — Réponse à télégramme 6354 du 23 octobre.
Actuellement général 156« avec toute infanterie de sa division, un groupe d'artillerie 75, unebatteriemontagne, 2 escadronsassure protection secteur GuerguéliàDemir-Kapou. Depuis dernier combat, il occupedernièrelocalilé face à frontière bulgare. Une batterie montagne non réorganisée et un groupe 75 non encore utilisé, le précèdent ayant du être mis en position par bufOes, sont à Salonique.
H4* brigade, 2 batteries montagne, une de 75 sont àKrivolak,Négotin. Un bataillon il 3* brigade est à Denoir-Kapou et va ôtre rejoint par 3 autros bataillons et deu.x escadrons. Restent a Salonique 1 bataillons jusqu'à arrivée de 122» division, et s batteries artillerie 57» division, dont 6 non encore complètement débarquées et S qui vont être transportées.
Gros armée serbe me parait actuellement près d'être encerclé ; marine ayant fait publier qu'elle mettait mines sur côte bulgare, forces bulgares de cette région comme celles face, à la Roumanie renforceront vraisemblablement armée bulgare. Avec nos forces actuelles, je tiendrais toutefois zone actuellement occupée; mais au point de vue serbe en général, cette occupation ne donnera aucun résultat militaire. Je ne puis m'eloigner encore davantage de Salonique, pour intervenir vers Vêlez et Uskub. Pour soulager Serbes puisqu'iinpossible aller vers Tskub, opération sor Strumica me paraît nécessaire. Par offensive, j'attirerai sur mol renforts de Dédeagatch, ou quelques forces engagées vers Uskub. Celte action ne peut toutefois se faire qu'après arrivée 122* division.
Opération à plus large envergure dépend d'cfTectifs forces anglaises, de leur arrivée, de la possibilité de s'engager que donnera gouvernement anglais. Elles pourraient s engager d'abord derrière nous ou à coté, dans Ta lée Strumica puis menacer de remonter Struma. Cette action permettrait a forces françai.es de pousser sur Vêlez, Istib, et agir sur flanc des Bulgares qui se di-
ri-eront vraisemblablement sous peu sur Dskub, Prilep ou Monastir.
Ine action plus étendue sur les forces bulgares qui Ter» Kraluanovo encerclent Serbes n'est possible que si je dispose d une armée de 4 corps comme je lai demandé. J'ajouterai, toute perle de temps dans exécution plan opérations compromettrait résultats à espérer, et peut-être arrate serbe dont situation est vraiment sérieuse et moral presque chancelant.
iV 0. — Lettre du 22 octobre 4945 du ministre delà Marine,
Mon cher* Président,
Le conseil' des ministres s'est séparé hier, sans avoir pris une décision ferme en ce qui concerne l'augmentation des effectifs à envoyer à Salonique. Je vous demande, instamment, qu'au conseil de demain samedi, la question soit nettement posée et nette> mont résolue. Il n'est pas possible que le gouvernement donne plus longtemps le spectacle de son impuissance dans l'exécution, de son hésitation de la décision. Nous avons ' ' - \pé-
dition dans les Balkans, nous devons la pou: ,on-
ditions perjnettant den assurer sinon le su,.v... .i.a.o tuai au moins la sécurité pour les troupes qui y participent.
.\ucune de ces conditions ne serait réalisée si les forces enga> gées n'étaient pas considérablement accrues. Le commandant en chef du corps expéditionnaire d'Orient reclame niitro rorps d'armée : il faut les lui donner. La défaillance erre
n'excuserait pas, aux yeux de la France, un d nos
troupes et la disparition de l'armée serbe. Je n'ai pas besoin de vous démontrer qu'une défaite serbo-française entraînerait la déforlion dellnilive de la Roumanie et de la Grèce, et ne leur permettrait pas d'attendre, pour se joindre à nous, le moment où le concours russe interviendra.
Le tout est donc de savoir si nous pouvons eoToyer dans les Halkans les corps d'ami. ' ! le «énéral Sarrail.
Et alors se pose la qu iisabilitcs à prendre par nous, c'est-à-dire la qao>ti"n ' .t du commandement militaire. Pou ime
la rj'sponsabilile d'enlever de.s .»,.,.■., u. ri.unt", . ^ néi rs.saires aux Ualkans, convaincu que notre défons :ice, n»* sera pas compromise par I t».-!!/-.- .lo joo ou !.' nés. SI d'ailleurs, n'opérant pas le 1 it, nous lai unp libre à r.Vllema;:no vers Coi. maut J. ... co
MTont 400.000 Anglais qui quitteront notre sol pour l'Egypte et la Syrie. Qu'aurons-nous gagné à ne pas avoir accepté, à temps, un sacrifice moindre?
Je TOUS demande donc que, demain, dès l'ouverture du conseil, Il délibération soit ouverte sur ce sujet. Quelle qu'en soit la concision, je m'inclinerai : mais ma conviction est si forte que j'ai tenu à vous l'affirmer par écrit, ne voulant pas que le gouvernemeût auquel j'apj)artiens passe devant une affaire aussi grave sans que j'aie, par tous les moyens, insisté sur l'étendue des responsabililés que nous encourions en hésitant à accepter les respousabilitos évidentes et nécessaires.
Avec mes meilleurs sentiments,
Sii/né : Victor Augagxeub.
No 10. — Lettre n" 169/3 du 7 novembre 4915.
Conrormément aux instructions envoyées, j'ai l'honneur de profiter du départ pour Paris du colonel Bousquier pour vous mettre au courant, plus facilement que je ne pourrais le faire par télégramme, de la situation de l'armée d'Orient.
Je ne puis que me louer de la courtoisie grecque, lorsque je suis en rapport direct avec les autorités civiles ou militaires. Mais comme j'en ai rendu compte à diverses reprises, il n'est pas de Jour sans incidents et sournoisement, par une foule de détails secondaires, des entraves sont mises à notre action. Pour en donner un exemple, aujourd'hui je viens de recevoir une note de la municipalité de Salonique demandant l'envoi d'un officier pour fixer les impositions à payer en vertu des lois helléniques pour les locations faites à Salonique ou les baraques édifiées ou construites au ramp français ; inutile de vous dire que je n'ai pas répondu ae voulant pas être en liaison avec une municipalité inopérante légalement vu l'état de siège ; le service du port avait demandé 80 vvagons pour écouler les marchandises arrivées par les récents paquebots ; à la suite d'une série de pourparlers, la direction des chemins de fer a déclaré qu'elle ne pouvait en envoyer que 13 ^etil y a 300 wagons qui ne font rien sous prétexte de concentration de l'armée grecque) — ce matin au lieu de 15 il en a été envoyé 5 — et les marchandises s'amoncellent encombrant les quais, ce qui rend les débarquements pénibles jusqu'au moment où ils
:\[j MON COMMANDEMENT EN ORIENT
pourraient devenir Impossibles. L'autorité militaire grecque a fait appeler les journalistes francophiles et sous -n.-nn. /..i.. c,,v...., ci.^n leur a défendu de publier to.ule information s
AIIjos: la vue de nos débarquements impr o . >.
population qui croyait que nous ne voulions rien t«nter.
D'aucuns protendent que ces vexations, ces coups d'ërin;.'le : ne parle que de la question voies de communication q taie), sont le fait non du gouvernement grec, mais de s.; s qui veulent faire du zèle pour plaire au roi; le fait est p«ut-cire exact. D'autres voient là une manœuvre, simple lever de rideau précédant l'entrée en ligne de la Grèce à côte de l'Allemagne. La chose n'est pas impossible après ce qui s'est passé avec la Bulga rie et malgré les assertions rationnellement etayces sur l'ambiance morale et matérielle de la Grèce qui semble lui interdire toute alliance avec l'Allemagne. Quoi qu'il en soit, pour parer à toute éventualité, j'ai fait constituer à Guevgueli, Krivolak, Stroumica de sérieux dépôts de munitions; j'ai rais en Serbie une série de centres hospitaliers, j'ai prescrit la constitution d'une forte reserve de vivres dans les postes précités, et ces mesures donr;-^ ■' ■ • •" temps de parer aux diflicultes de ravitaillement qui surgir. D'autre part, l'amiral de Robeck m'a fait conu aurait toujours une division de cuirassés eç rade; dépôts intermédiaires, quelques troupes d'étapes, les a l'intention de laisser au moins une brigade: tout : xénophobe pourrait par suite avoir chance d'être élu . semble d'ailleurs nécessaire, tout en continuant à ne pas oniicr la susceptibilité grecque, de ne plus hésiter à passer outre aux prétentions qu ils ne formulent d ailleurs jamais par écrit; dans cet ordre d'idée, j'ai fait avant-hier monter un post« de lelégr*phie sans (H au milieu du camp français et demain j'enverrai une compagnie du train par terre à Guevgueli; devant le fait acquis les Grecs ne diront vraisembl : car il faut l'aTouer nous les mettons souvent en ro en demandant des permissions qtie leur virluelh i. ' ' conseiller d'admettre. Par contre comnei. s i des chemins de fer, commeils << ■■• ■ «' ^>.-> ..^u. ' -.[
encore prouve il y a d« at sur la
l:l llL-l
Guevgueli un train qui d ran — Je demande instammr: .^^ < > ; ù
ont été étatisés par une loi u s ■ ■ ui re ais
par l'État en nos mains, sc^ de continuer a payer les
tarifs actuels quelque exorbn )> soient. Il y ta ds l'exis-
tence même de notre ligne de couimunication.
Je terminerai cet aperçu sur nos rapports avec les Grecs en rappelant i* que Salonique est une Tille plutôt tu ment antivénizellste et dans laquelle par suilo t
paavent être facilement créées, à moins qu'on ne paie cher, — V que l'armée grecque est uniquement commandée par des éléments qui nous sont hostiles et que tout ou presque tout le corps desofliciers a une unité de doctrine : ne plus faire la guerre. Il ne peut m'app&rtcnir de pousser plus loin dans le sens de la diplomatie en développant les avantages qu'il y aurait pour nous si môme, au lieu d'une neutralité bienveillante, il y avait une démobilisation.