CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
A. Forces adverses. — Sur les douze divisions bulgares, dix sont actuellement concentrées non loin de la Grèce; il faut par suite compter sur une rencontre avec 300.000 Bulgares. Deux divisions allemandes bordent la frontière grecque ; en y ajoutant une troisième qui se trouve dans les Balkans et les éléments indépendants, il n'est pas invraisemblable d'escompter avoir affaire à 50.000 Allemands; enfin actuellement, les Autrichiens ont dans les Balkans toute liberté de mouvements; rien ne les empêche de participer a la lutte et il n'est pas exagéré de croire qu'ils pourraient appuyer les Bulgares avec 80.000 homnres. Il y a donc à compter sur 400 à 130.000 ennemis,
B. Le teiruin. — La frontière, sauf vers le Vardar, est montagneuse; la zone serbe ou bulgare avoisinante est également formée par des collines enchevêtrées et très dures; il y a sans doute une série de cols frontières, mais la perméabilité de la chaîne frontière n'est qu'apparente vu les difficultés du terrain et l'absence de routes. D'autre part, sauf peut-être vers la Struma, une série de fortifications passagères ont été élevées en face de tous les passages, dans tous les couloirs. Enfin, il y a trois zones distinctes ne communiquant entre elles que parles chemins ou pistes que \iennent dé construire les Bulgares : zone de Monastir, secteur entre Vardar é|t chaîne bordant le bassin de la Struma, zone de la Struma.
C. Forme de Voffensive. — D'après les données précédentes, l'attaque se développera en pays de monla;;ne. Il y a donc lieu d'appliquer les principes de la guerre alpine. Attaquer partout pour empêcher les réserves adverses de passer d'un secteur à l'autre; dès qu'un point sera pris, se rabattre à droite ou à gauche pour faire successivement tomber par les derrières les parties adjacentes. Il est donc nécessaire d'avoir des troupes outillées pour la guerre de montagne, de disposer de canons de montagne (l'armée anglaise n'a que trois batteries de ce genre à Salonique). Il faut en outre avoir du canon lourd pour percer ou contre-battre les canons lourds adverses: chaque division devra donc avoir du 105, \îO et 155. Enfin si de Monastir à Pétrie noire offensive se dcclanrhe, Salcnique est couverte par celte simple marche en avant; il suffit de laisser le dctacbement anglais d'Ur-
fano et de relier notre droite .-i cette zont par un '.
de toutes armes. Il y a plus; si les elTectifs le perraoi
utiliser la dernière voie d invasion : route de D rama à Nevrokop:
alors le détachement d'Orfano c^i inutile, il nous suffit de nous
flanc-garder le long de la frontière orientale grecque.
D. Us Grecs. - Les l" et 2' corps sont déjà plus on moins en vieille Grèce, le 3* corps vis-à-vis le se: teur de Monastir laissera faire etse repliera vraisemblablement vers Larissa: les 4' et 5- corps en Macédoine orientale s'interi>oseront comme masque entre notre droite et la frontière orientale ou se replieront sans doute sur Cavalla pour être plus facilement ravitaillés et ne pas s'engager.