L'ÉGALE DE L'HOMME
Toujours le Code fut coupable
Et saugrenu.
La femme de tout est capable ;
C'était connu I
Ses droits aux nôtres sont semblables.
Place aux nounous !
Puisqu'elles sont contribuables
Autant que nous !
Je ne suis pas de ceux qu'on vexe
Quand Legouvé Ecrit : « Tombe aux pieds de ce sexe
Bien conservé ! »
J'applaudis, malgré qu'on en rie.
N'ai-je pas un Ancien fonds de galanterie,
Comme Lauzun ?
GAIETES PARISIENNES I97
La femme est Tégale de Thomme;
Soit, cher lecteur.
Je trouve que c'est pour la gom me
Bien trop flatteur.
Plus haut que tous ces vains mélanges,
Chez les élus Je la plaçais avec les anges
N'en parlons plus
Et faisons taire mon orchestre,
Puisqu'à présent Elle réclame un rang terrestre
Moins séduisant.
Osons lui rendre ses franchises ;
Emancipons Tant d'intelligences exquises
En blancs jupons 1
Couronnons leurs têtes amies
De doctorats ; Ouvrons-leur les académies
Et les sénats.
Ramenons la fîère amazone
Tirant de Tare, La fable et l'histoire, Bellone
Et Jeanne Darc.
rgS
MON DERKIER*KE
Convions-les à la tribune.
Et, SOT nos bancs Asseyons la blonde et la bmne.
Aux gais rubans.
Laissons-les « entrer aux affaires >,
Ces rossignols.
Et vers de moins étroites sphères
Prendre leurs vols !
Pourtant, tout d*abord, je l'avoue,
Ce changement A quelque chose qui déjoue
L'entendement.
Sous le balcon Tamoureux chante
Dès le matin.
Va te promener! Sa charmante
Est au scrutin.
Dans l'herbe où rit la violette.
S'il veut rester :
I Pas de ça 1 » répond la coquette
« Allons voter ! »
L'ardente valse les appelle
Jusques au jour.
a Puis-je espérer, mademoiselle,
« Le prochain tour ? »
GAIETES PARISIENNES I99
Mais relevant sous la dentelle
Son œil divin :
« Il est vraiment très fort ! * dit-elle.
M — Qui donc ? — Darwin. «
Nous en verrons encor bien d^autres ;
Mais^ pour cela, N'empêchons pas ces doux apôtres
En falbala.
Tout est possible dans Fespèce.
Par conséquent, Je redemande une papesse
Au Vatican !