M. LOUIS-JOSEPH TARTE ET LA PRISE DE SCUTARI
La Patrie a publié mercredi un courageux article. Elle a pris nettement position contre les Turcs et pour les Monténégrins. Soucieuse avant tout de voir régner la justice, forte de sa conviction, elle n'a pas craint de dire aux puissances qu'' elles devraient avoir honte de s'acharner plus longtemps sur le vaillant petit peuple des Balkans. — Les grandes puissances deviennent ridicules avec leur démonstration navale. . . Les grandes puissances ont démontré qu elles étaient incapables de faire ceci, qu'elles étaient incapables de faire cela. . . Etc, etc.
Nous nous faisons un plaisir tout particulier de signaler à nos lecteurs cette fîère protestation, où se trahit à cent indices divers, sous la phraséologie originale de M. Antoine Gauthier dit Larouche, la pensée profonde de M. Louis- Joseph Tarte en personne. Depuis la fameuse lettre de M. le notaire Coutlée au gouvernement français, il ne nous souvient pas d'avoir jamais rien vu de plus beau dans le genre.
(1) Action, 26 avril 1913.
Le directeur de la Pairie n'hésite pas à le dire, l'attitude du roi d'Angleterre et de l'empereur allemand, sur cette question de Scutari, lui paraît injustifiable, pour ne pas dire plus. Il le leur déclare cartément, sans jactance ni faiblesse.
Ce qui dans la situation balkanique révolte surtout M. Louis- Joseph Tarte — il nous le dit en toutes lettres, — c'est la non-exécution " des clauses du traité de Berlin".
Ce point préoccupe extrêmement le directeur de la Patrie.
Il ne sera soulagé, il ne pourra dormir en paix, que lorsque l'on aura fait observer enfin par la Turquie, de gré ou de force, " les clauses du traité de Berlin". Cela seul ne suffirait-il pas à nous expliquer son indignation, comm.e à justifier, aux yeux de tout homme de bonne foi, cette nouvelle intervention de sa part dans les affaires européennes ?
M. Louis-Joseph Tarte ajoute que sa sympathie entière, dans la lutte actuelle, est acquise aux Monténégrins. Il vante leur magnifique esprit militaire et national, leur courage en face de l'ennemi, leur mépris de la mort et leur héroïsme\^ tranquille, — surtout leur virile attitude en face des puissances lorsque, abandonnés de tout le'monde, ils montaient seuls à l'assaut de Scutari, malgré tout le monde, sous la gueule des canons de l'Europe. .