LA VIE SIMPLE
besoins factices et parasites que nous nous sommes crées, des sacrifices que nous faisons tous à la vanité et à Famour-propre.
Nous sommes, en effet, les victimes du « paroistre s> dont parle Montaigne, et, si nous nous trouvons malheureux, c'est que nous ne savons pas nous résigner à vivre selon nos moyens et conditions. A cet égard, tous sont frappés de la même démence; et, pour prendre un exemple, la belle M"« X... qui, donnant une soirée, veut avoir dans son salon les mille francs d'azalées qu'il y avait, l'autre jour, chez M*^* Z..., est aussi folle que l'ouvrier qui, le samedi de quinzaine, ne veut pas payer une tournée de moins que les camarades, et se pocharde par respect humain. C'est à qui veut jouir et briller. Personne ne le peutautantqu'il voudrait, et chacun est mécontent, et tout mécontent s'enfonce fatalement dans la tristesse et dans l'égoïsme.
M. Wagner — si j'ai bien compris sa pensée — n'attache pas grand prix au bien-être. C'est un spiritualiste pour de bon. Il est persuadé que le bonheur est tout intérieur, tout intime, et que le plus pauvre — je ne dis pas, l)ien entendu, l'indigent — peut très bien supporter la vie s'il a su garder dans son cœur un peu de joie et de bonté. Il lui suffit pour cela de n'être point envieux, et, sans doute, c'est difiicile, devant le luxe insolent qu'étalent certains riches. L'homme mal aisé devrait se rappeler cependant que le plus opulent
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it très vite, par la force de rhabir màt^ tomt à ùix mseimble an laffinemencs les plus dâicacs, et que fcs le milKaidaiie Jay Gould nepouraîcpas» après cooc, manger crois côtelectes à soo déjdmer. Maïs bien peo de gens se font ce rmooiiemcotenfânrin,L^viie de Crésnsqm passe les comble de jalonsir, et ils perdent la bonnehu* meor, qui esc pourtant une fâmmse confiture à étaler sur le pain sec
Tout marcherait donc mieux si les ridies étaient moins £utneux et plus charitables, les misérables moins tentés et mieux secourus, et surtout si la grande nujofité, c*est-ardire ceux qui gagnent leur vie en traraillant, se contentaient de leur médiocre sort.
Cet idéal — relatif, — M. Wagner est persuadé qu*on l'atteindrait par un retour àla c vie simple », et le programme qu'il en trace est excellent.
Croire en Dieu, avoir confiance, accepter la douleur, faire autour de soi le plus de bien possible par l'action, par la parole et par l'exemple, ne demander pour soi-même qu'un minimum de satisfactions matérielles, se juger humblement, respecter autrui, garder fidèlement les bonnes traditions et ne s'opposer à aucun progrès, être prêt à mourir pour sa patrie et chérir l'humanité, aimer sa famÛle et ne pas s'emmurer dans Tégoïsme familial, travailler sans esprit mercenaire, ne considérer l'argent que comme une force