‹ Mon franc parler (volume 2)Chapitre 35 sur 66 · A L EXPOSITION DB BORDEAUX 20I · texte numérisé non relu

A L EXPOSITION DB BORDEAUX 20I

fêtes du travail :», comme disent les disbours officiels, sont une terrible corvée pour le Parisien.

Deux ou trois ans à l'avance, on lui bouleverse sa ville et on Tenlaidit de quelques ridicules mo* numents en ferraille et en papier mâché; puis, pendant la durée du fléau, c'est-à-dire tant que r Exposition reste ouverte, Paris devient absolument inhabitable, et le malheureux indigène doit renoncer à trouver un fiacre ou une table au restaurant. Ceux qui peuvent prendre la fuite s'empressent alors de le faire. En 1889, pendant que nos hôtes du monde entier s'écrasaient réciproquement les cors dans la rue du Caire, j'étais au bord du Loing et je regardais les libellules d'azur se poser sur les roseaux. Si Dieu me prête vie jusqu'en 1900, je me réfugierai, de nouveau, dans quelque asile champêtre. Mais, pour fuir le mal, on n'en évite pas toutes les conséquences, et je prévois, au retour, mainte surprise déplorable. A coup sûr, le beurre sera hors de prix, et l'absurde Tour Eiffel aura peut-être un pendant.

Ne m'opposez pas, s'il vous plaît, l'ancienne rengaine : a II faut de l'ouvrage pour les ouvriers. 3» Car on pourrait, on devrait leur en donner tout de suite et leur faire exécuter des travaux utiles et durables. Paris est la seule grande capitale qui ne soit pas pénétrée par ses lignes de chemin de fer. La Ville-Lumière manque d'eau et exhale une odeur infecte tous les étés. Qu'on y songe, avant

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de leoooscnnre le kiosque en carcoo de la Belle

Je sois, oo le YOtc, sans enrhonsiasme pour les czposînons; mais je me résigiie. Je les considère comme quelque chose dlnénuble et de péiiodique, dans le genre du cfaolénu Que les décentialisaceuis ne se ftssenc pas d'illusions. Ils n'empédievont point Paris de dore le siède par une feife géante. D'ailleurs, pourquoi ne pas dire le fin mot? La vénubk raison d'être des expositions, c'est que tout le monde veut du ruban rouge. En 1889, on a décoré un épider, et l'année dernière, à Lyon, on a donné l'étoile des braves à un déménageur. Croyez-moL Jamais nous ne renoncerons à d'aussi solennelles manifèsutions de nos mœurs démocradques et de notre amour de l'égalité.

Donc» pour tuer une après-midi, pendant mon séjour à EÎordeaux, je suis allé £ûre un tour sur la puce des Quinconces, maintenant encombrée par toutes sortes d'édifices provisoires sur qui flottent des centaines de drapeaux et de banderoles; et, à ma grande surprise, malgré mon peu de goût pour ce genre de spectacles, j'ai passé là quelques heures charmées.

Je vous assure que je n'éprouve pas, en parlant ainsi, cette indulgence sottement dédaigneuse, qui est un des travers du Parisien hors de chez lui et qu'exprime si joliment l'alexandrin fameux :

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