LE CONGRÈS DES RELIGIONS
mais, tout en réservant leurs Credo, ils se sont inclinés devant un idéal commun, devant une religion universelle et suprême, celle où tous les hommes, enfin fraternels, ne reconnaîtraient plus qu'un seul Dieu et qu'un seul Père. Croyant — avec l'immense majorité — que Dieu existe, que la foi est naturelle à Thomme, qu'elle est pour lui la plus grande des forces et la plus efficace des consolations, ils se sont efforcés de concevoir et d'exprimer l'idée religieuse dans sa pureté absolue.
Cette religion élémentaire» si j'ose ainsi parler, cette religion des hommes s'aimant comme des firères afin de contenter un Père céleste, peut transformer, un jour, toute l'humanité en une seule famille, tendrement unie. Ce n'est qu'un rêve, dites-vous. En tout cas, c'est le plus sublime des rêves. Or, cette doctrine de la fraternité en Dieu a trouvé sa formule définitive dans l'Évangile. Les délégués du Congrès de Chicago l'ont reconnu à Vunanimité. Des brahmanes et des rabbins ont proclamé Jésus-Christ « le véritable unificateur de l'humanité », ec son Évangile c le centre final de toutes les religions du monde i>. J'appelle cela un résultat; et nous sommes loin, vous le voyez, des scandales du Concile de Bâle et de l'élection d'un antipape. En vérité, un souffle de paix passa sur les nobles esprits réunis à Chicago; un courant d'entente et de sympa-
aia MON FRANC PARLER
tliie les entraîna. Et ce fut un grand acte, quand k cardinal-président» devant une assemblée de huit mille personnes appartenant à des religions diverses, dit à haute voix, dans un silence imposant, la prière dirétienne du Tater, que tous avaient reconnue pour la c prière universelle ».
M. l'abbé Victor Charbonnel estime avec rai^ son qu'un tel spectacle est grandiose et salutaire ; il voudrait que le monde y assistât de nouveau et que la France fût, cette fois, le rendez-vous où se donnerait cette fête de la tolérance et de l'idéal. On ne peut que s'associer k ce souhait magnanime, et il n'est, du reste, pas impossible qu'il se réalise.
En effet, quand s'ouvrit le Congrès américain, beaucoup de voix, même à Rome, s'indignèrent et se plaignirent que des catholiques eussent consenri à y parridper, et l'on attendit un blâme venant de haut. Le blâme ne vint pas. Le Pape approuvait, ce Pape qui rêve, comme dit l'abbé Charbonnel, la réconciliation sociale dans la jusdce évangélique.
Depuis lors, un prélat du Nouveau-Monde, ce cardinal Gibbons, en qui semblent revivre l'ardeur et la libre audace des premiers apôtres, a vu Léon XI II, s'est expliqué avec lui sur ce grave sujet; et les impressions qu'il nous rapporte du Vatican seraient, paraît-il, favorables à une seconde réunion du Congrès des Religions. Le Pape