‹ Mon franc parler (volume 3)Chapitre 12 sur 60 · LES BELGES · texte numérisé non relu

LES BELGES

esc un malheur dans les villes, est un bienfait, que dis-je? est le salut pour nos campagnes.

c Le travail manque, d gémit-on de toutes parts. Dans les grands centres, malades de plé» diore, c'est possible; mais non pas dans ces plaines dorées, où sans les durs tâcherons de Flandre on ne pourrait pas moissonner. Et il en va de même, m'affirme^t-on, dans tout le Nord de la France. Demanderon&>nous aussi qu'on les chasse, ces braves gens qui vont tout à l'heure engranger notre blé, assurer notre pain ?

L'abandon des travaux des champs a toujours été considéré, chez tous les peuples, et avec raison, comme un très grave symptôme de dé cadence. Hélas I dans nos villages désertés, le groupe scolaire, tout battant neuf, se dresse en face de l'église en ruine. Où sont, aujourd'hui, tant d'écoliers à qui l'on serinait, naguère, le Stfanuel de morale civique ? Dans les grandes villes, dans les malsains et grouillants faubourgs. Ils sont allés là, comme moucherons à la chandelle, attirés par l'espoir du gain, de la fortune possible, et, presque toujours, ils n'y ont trouvé que l'encombrement de tous les métiers, la vie coûteuse et difficile, les chômages fréquents, la mi* sère. Beaucoup d'entre eux ont glissé dans le

vice, sont devenus des paresseux et des ivrognes. Tous ont vu le luxe, connu Fenvie, et, grossissant la foule des aigris et des mécontents, ils souffrent, inquiets du lendemain, n'osant pas songer à la vieillesse.

Et, pendant ce temps-là, au pays abandonné, au pays qu'ils regrettent, — car on y est à peu près sûr de ne pas mourir de faim, — il faut faire venir de loin, de très loin, au temps de la moisson, des étrangers qui ont encore nos rustiques vertus d'autrefois, l'endurance au travail, l'extrême sobriété, le goût de l'épargne.

Bah! ce n'est qu'une crise, me dit un rêveur. L'avenir est radieux. Bientôt la Science rendra inutiles ou, du moins, réduira au minimum les abrutissants travaux, et les hommes, plus intelligents et plus libres, jouiront en paix des biens de la terre, récoltés sans efforts et mieux répartis.

Soit, je veux bien rêver. Mais accordez-moi que, pour le moment, les espérances delà société moderne s'écroulent, que ses doctrines les plus chères font banqueroute. Tandis que, pour combattre des crimes nouveaux, notre République emprunte des lois de fer à l'arsenal des vieilles tyrannies, là-bas, en Amérique, — dans ces États- Unis toujours cités comme modèles par les ad-

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mirateurs du progrès matériel, — voici qu'éda* tenc des émeutes sauvages auxquelles on ne trouve à opposer que la Cour martiale et les coups de fiisil. Je veux bien rêver d'un Chanaan social; je l'appelle de tous mes vœux. Mais nous ne le verrons pas ; et, à l'heure qu'il est, nous avons tous le pressentiment d'un cataclysme effroyable, d'une explosion des appétits, et, quels que soient les vainqueurs momentanés^ d'un recul vers la barbarie.

Non, nos cités monstrueuses et toutes trépidantes d'électricité ne m'éblouissent plus, quand je pense que nos blés pourriraient peut-être sur pied sans ces pauvres moissonneurs belges qui viennent d'arriver dans mon village.

Hier soir encore, j'en ai vu quelques-uns, assis sur le vieux banc de pierre, à la porte de la ferme. Le couteau ouvert, ils mangeaient un peu de lard sur un chanteau de pain bis, par grosses bouchées, avec cette lenteur solennelle, presque religieuse, des gens de la campagne, pour qui le pain est chose sacrée. Tout, dans leur humble et robuste aspect, exprimait les antiques et précieux insdncts, les simples et immortelles traditions de la race humaine. Ils m'ont fait éprouver une émodon étrange, où il y avait du respect, et aussi

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de la tristesse. Est-ce que, vraiment, nous n'en aurions plus, en France, des paysans comme ceux-là?

Et, songeant à nos villes pleines de désespérés, à nos campagnes menacées d'abandon, à l'avenir si sombre, j'ai murmuré le mot de la belle prière :

a Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien. 9

12 jmUd 1894.

L'Impôt sur le Revenu

i 'impôt progressif et propomonnel sur le revenu vient récemment d'être repoussé par la Chambre des députés.

La majorité n'a pas été forte, d'accord, et même, pris d'une pudeur inaccoutumée, les parlementaires ont institué une commission chargée d'étudier de nouveau la quesdon. Mais nous savons ce que cela veut dire. Le projet de loi est mort et enterré; il est allé rejoindre les retraites d'ouvriers et toutes les autres belles promesses faites par la mauvaise foi des politiciens à la niaiserie des électeurs. Ce qui ne nous empêchera

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pas» au prochain renouvellement des pouvoirs législatifs, d'entendre réclamer, dans tous les programmes, les éternelles c réformes attendues par la démocratie » sous l'orme du suffrage universel.

Cependant, jamais la nécessité d'un large sacrifice de la part des riches, en faveur des pauvres, n'a été plus évidente qu'aujourd'hui. Cette idée est dans tous les esprits, même les plus dmides, et, en l'exprimant une fois de plus, je ne suis pas, en ce moment, plus révolutionnaire que notre Saint-Père le Pape. Or, pour faire un pas en avant dans ce sens, imagine-t-on rien de plus équitable qu'un impôt direct qui, sans accabler ceux qui possèdent ou gagnent plus que le nécessaire, soulagerait, si peu que cela fût, les charges fiscales des nécessiteux? Moi, cela me paraît clair comme le soleil. Qu'on me prenne le dixième de mon revenu. Évidemment, je ferai la grimace; mais je n'en mourrai pas. Tandis qu'U est odieux de faire payer deux sous à un pauvre diable une boîte d'allumettes qui ne vaut pas plus de deux ou trois centimes.

c Vous n'y entendez rieni me crient des voix solennelles. Vous n'êtes pas économiste. »

C'est vrai. Je ne suis pas économiste, et, en

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un certain sens, je le regrette. Car j'ai remarqué que les économistes étaient presque tous millionnaires, ce qui m'arrangerait joliment pour le quart d'heure, mon jardinier venant de me déclarer que si je yeux avoir des géraniums Tannée prochaine, U faudra reconstruire ma petite serre, qui tombe en putréfaction. D'un autre côté, je suis bien aise de n'être pas économiste; car tous ceux que j'ai rencontrés étaient des messieurs très cossus, d'un âge mûr, vêtus de belles redingotes bien noires, comme dans les portraits de Bonnat, mais qui n'avaient pas l'air tendre du tout.

Comme de juste, ces gros bonnets ont de la philanthropie plein la bouche; cependant, si vous leur parlez de la misère, avec un peu de véhémence, tout de suite ils branlent la tête, prennent un air entendu et vous prouvent, avec un tas de statistiques et de tableaux à accolades, qu'il y a bien moins de misérables qu'on ne croit, et que s'il y en a encore un si grand nombre, c'est certainement de leur faute.

Oh I parbleu ! Je sais bien qu'il ne suffit pas de pleurnicher pour éteindre le paupérisme, et qu'on n'équilibre pas un budget avec de la sensibilité. Pourtant, essayez d'insinuer aux professionnels de la chose qu'U y a vraiment trop de jouissances

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en haut et trop de privations en bas, et qu*il faudrait peut-être ôter un peu à Pierre pour remettre à Paul; et vous entendrez les cris de paon. Pour eux, il n'existe pas de mauvais riches, et le luxe le plus égoïste et le plus scandaleux est encore un bienfait, puisque l'industrie et le commerce en profitent. Que dis-je? L'avarice elle-même, au point de vue nadonal, leur apparaît comme une vertu. Cet aigent-là, selon eux, c'est un filon de mine qu'on exploitera [dus tard, c'est une pré^ deuse réserve.

Et puis — qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? — on sent que ces gens-là n'aiment pas les pauvres. Ils en parlent toujours un peu comme de coupables. La charité leur déplaît, l'aumône leur semble un danger. Si vous mettez la main à la poche, vous allez tout gâter. Ils prétendent qu'on les laisse faire. N'y a-t-il pas leur Assistance publique? N'y.a-t-il pas leurs bons de pain, leurs cantines, leurs asiles, leurs hôpitaux?

Eh Uenl oui. Il y a de tout cela. J'ajouterai même qu'il n'y en a pas assez.

Depuis plusieurs mois, je sollicite l'admission dans un hospice d'un vieil ouvrier, désormais hors d'état de gagner sa vie. C'est un honnête homme, très recommandable; mais, comme tout

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est plein, comme l'âge exigé par les règlements esc celui de soixante-dix ans, et comme mon protégé n'en a que soixante-huit, — voyez-vous, le blanc-bec I — il faut attendre. Quelqu'un Tempêche de mourir de faim, à l'aide d'une pièce de cent sous hebdomadaire, qui déplairait fort aux économistes, a Point de dons en argent, exterminons la mendicité. 3» Mais enfin, n'est-il pas monstrueux qu'on laisse si longtemps sans pain et sans refuge ce malheureux vieillard? Et celuilà a un académicien dans sa manche I Zuie un peu des autres, comme dit le Marseillais.

Ne fut-ce que pour recueillir ces tristes épaves de la société, je trouverais tout naturel, je l'avoue, que F État rognât, d'autorité, quelque chose sur mon bien-être, à moi qui vis de bon travail, et très légitime aussi qu'il fut encore plus exigeant pour ceux à qui le seul produit de leur capital procure l'aisance et permet l'oisiveté. Mettons que je sois un affreux socialiste; mais qu'il y ait des mioches et des vieux sans ressources, cela me paraît indigne d'une nation chrétienne et civilisée.

Par exemple, il faudrait que l'argent fut bien employé et que, lorsqu'on aurait deux millions pour fonder un établissement quelconque, on ne

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commençât pas, ainsi que les choses se passent trop souvent, par manger la moitié de la somme en bâtisse. Voilà le m^eur. Il rode toujours par là un architeae, un prix de Rome, qui s'est promené dans les ruines de Pœstum et qui rêve du monumental. Il a son idée. C'est un artiste. Il ne comprend les enfants scrofuleux que dans du dorique, et, pour les vieilles femmes paralysées, il lui faut absolument du corinthien. Or, vous savez, cela coûte les yeux de la tête, les volutes et les feuilles d'acanthe. Méfiez-vous des architectes. Beaucoup de lits dans les dortoirs et de beurre dans le rata; mais moins de festons et d'astragales, s'il vous plaît.

Dans les cités de misères, — traitez-moi de calotin, maintenant, si cela peut vous faire plaisir, — je rétablirais les Sœurs. Je sais qu'il est révoltant de conseiller à un vieux malade de se désennuyer en égrenant un chapelet, et qu'il est abominable d'apprendre à un orpHelin qu'il a un Père dans les cieux. Mais, au risque de perdre toute chance de finir mes jours au Conseil municipal, avec un petit traitement et quelque potde-vin par-ci par-là, — tant pis, — je suis pour les cornettes. Par économie, d'abord; et puis, malgré la Franc-Maçonnerie et M. Homais, les

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servantes du Seigneur m'inspirent plus de con* fiance que toutes ces petites bobonnes, souvent gentilles, ma foi» et portant coquettement le bonnet d'uniforme, que j'ai vues trottiner dans les hôpitaux. Je ne leur fais pas un crime de se laisser, de temps en temps, prendre mesure d'un corset, dans les corridors, par le garçon du laboratoire ou par l'interne en pharmacie. Mais il y en a, paraît-il, qui réclament un pourboire à un agonisant avant de lui donner sa tisane. Alors, ma foi, j'aime mieux les Sœurs.

L'assistance des pauvres, si développée qu'elle pût être, n'absorberait, cela va sans dire, qu'une partie de l'argent produit par l'impôt sur le revenu, et son principal avantage serait, comme on sait, d'alléger, pour les classes laborieuses, le poids si lourd des contributions indirectes.

Or, savourez-moi, je vous prie, cet argument supercoquentieux, que les adversaires du projet de loi ont eu l'aplomb d'invoquer contre lui. Ils ont prétendu que les prolétaires seraient humiliés de ne plus participer, ainsi que les capitalistes, aux dépenses de l'État, que la loi les atteignait dans leur dignité démocratique et qu'on risquait de creuser encore plus profondément le fossé entre les diverses classes de citoyens.

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Non. Voyez-vous dld ce pauvre père de famille, qui a quatre enfants à nourrir et qui tient absolument à payer le gîte à la noix seize sous la livre, — pas un sou de moins, — pour se bien prouver à lui-même qu'il n'a pas cessé d'être r^al de M. de Rothschild? Imaginez-vous ce fumeur qui, chaque fois qu'il bourrerait sa pipe avec du tabac pas cher, se croirait repoussé dans le plus lointain moyen-àge et se considérerait comme le vassal de son propriétaire et le vavassal de son portier? O législateurs, chassez vos craintes chimériques! Rendez-nous, sans scrupules, le vin à quatre sous. Aucun pochard, soyezen certains, ne protestera au nom des immortek principes.

Je ne me rappelle plus le nom de l'orateur qui a soutenu ce paradoxe; mais, s'il l'a fait — ' comme je me plais à le croire — pour se moquer du monde, ce garçon-là vient d'inventer une mystification firoide, un comique amer, d'un genre tout à fait nouveau. Je lui conseille d'aborder le théâtre. La scène où il nous montrerait le peuple assemblé dans ses comices, à qui l'on propose la vie à bon marché et qui répond :

c Plutôt mourir de faiml » réjouirait les mânes d'Aristophane.

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Je dois constater qu'on a fait valoir, contre le projet de loi, des objections moins fantaisistes, et je reconnais, de bonne foi, que la réparation de l'impôt sur le revenu ne serait pas commode. Mais qu'est-ce qui est commode?

Quoi qu'il en soit, rafTaire est classée. Au moment où les crimes anarchistes l'obligent à voter des lois draconiennes, le Parlement n'a pas jugé opportun de faire, par compensation, un effort vers une moins injuste distribution des charges sodales. Le chœur des financiers et des économistes l'approuve et le félicite. Vive l'immobilité, et à bas la politique sentimentale! Ainsi soit-iL Mais puissions-nous, dans les heures graves que nous traversons, n'avoir pas bientôt a déplorer l'impuissance, l'aveuglement et la dureté de cœur de nos maîtres, et à reconnaître crop tard qu'ils ont fait une grande imprudence et commis une lourde faute.

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Leconte de Lisle

î A douloureuse nouvelle de la mort de Leconte de Lisle me parvient dans un village perdu, sur les confins du Péri* gord et du Quercy, où je viens d'arriver pour prendre des eaux qui préviennent, m'assure-t-on, les douleurs hépatiques- Car, Thiver dernier, j'ai senti mon foie dévoré par un invisible vautour, et il me serait fort agréable de ne plus jouer les Prométhées. La prochaine fois, je vous parlerai d'Alvignac et des eaux de Miers. Mais, aujourd'hui, toutes mes pensées sont pour le grand poète qui n'est plus.

LECONTE DE LISLE 6l

Sachant que sa maladie s'aggravait, — - depuis un an, il déclinait à vue d'oeil, — je l'étais allé voir tout récemment, et j'avais emporté un navrant souvenir de cette visite. Haletant, émadé, marqué par la mort, il m'avait adressé, du fond de son fauteuil d'agonisant, de mélancoliques paroles d'adieu. Nous avions parlé des sinistres événements du jour, de l'assassinat de Carnot, des lois de répression qu'on préparait; et le vieux pessimiste laissa couler son amertume. Un éclair d'ironie brilla dans les yeux éteints du moribond, et sa voix, un instant, redevint mordante pour me dire: oc Nous allons imiter les Jacobins et jeter un voile sur l'image de la Liberté. » Puis, comme je lui annonçais mon départ pour le Sud-Ouest, il murmura : oc Mon ami, vous ne me reverrez plus. :»

Et, comme je m'efforçais, le cœur serré, de lui donner les encouragements qui trompent les malades, lui conseillant le changement d'air, le séjour à la campagne, il me dit que des amis lui offraient l'hospitalité, à Louveciennes. Quelques lignes télégraphiques, lues dans la Défiche de Toulouse, le seul journal qui pénètre jusqu'ici, m'ont appris que c'est là qu'il est more, subite* ment, d'une hémorragie.

... Et voici que les plus belles heures de ma jeunesse surgissent dans ma mémoire.

C'est au quatrième étage d'une maison du boulevard des Invalides que loge l'auteur des Toimes barbares. Nous gravissons l'escalier, le samedi soir, Catulle Mendès, Albert Glatigny, Villiers de Tlsle- Adam, Léon Dierx, Louis-Xavier de Ricard, Paul Verlaine, Georges Lafenestre, moi-même, d'autres encore. Souvent Sully Prudhomme nous accompagne, Sully, dont je revois le jeune et doux visage, la barbe soyeuse, et les beaux et calmes yeux de lion au repos. Toujours, dans le gai bavardage de nos voix juvéniles, retentit le timbre d'airain de José-Maria de Heredia. Ce sont les disciples du Maître, ceux que, demain, on appellera les Parnassiens, par dérision, mais qui se pareront de l'injure comme d'un titre d'honneur et fonderont une école qui marquera tout de même une étape dans la marche de la poésie française.

Ils grimpent les marches lestement, avec des rires de gamins, les étudiants en rimes. Cependant leur cœur est plein d'une émotion respectueuse. Ils songent que si le grand artiste à qui ils vont rendre hommage demeure si haut, c'est parce qu'il est pauvre et qu'il a consacré sa vie

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