APRES LA DÉMISSION
de fer, une inquiétude exaspérée parmi les politiciens pourris à la suite des récentes enquêtes, déjà avortées du reste, et Ton constate surtout la poussée du groupe socialiste, que nous verrons à l'œuvre un de ces jours et qui montrera peutêtre alors s'il a dans le ventre autre chose que des phrases.
En attendant, chacun se demande, avec anxiété et sans rien espérer de bon, ce qui va sortir, demain, du Congrès tumultueux, du coassement des grenouilles de Versailles, Elles n'osent pas demander un roi, comme celles de la fable; mais je crois bien que, tout bas, elles désirent un chef. Car jamais le pays n'a été plus écœuré de l'impuissance et des mensonges des politiciens. Jamais le grossier simplisme du suffrage universel et la tyrannie d'un pouvoir anonyme et irresponsable n'ont inspiré tant de dégoût et de méfiance aux bons citoyens.
Il y a maintenant — - oui, j'en connais — beaucoup de républicains définitivement déçus, de Jacobins ayant renoncé à leurs chimères, qui demeurent attristés et silencieux dans le scandaleux vacarme des Assemblées, mais qui diraient :
a Ouf! » dans le secret de leur âme, quand ils entendraient les crosses de fusil tomber, avec un
bruit lourd, sur le plancher du Parlement. Et s'ils oianifestentaujourd'bui cancd'indignadon contre le déparc en coup de tête de M. Casimir Perier. s'ils l'accusent avec colère d'avoir manqué de patience et de courage, qui sait? c'est sans doute qu'ils l'attendaient de lui, le geste de commandement qui fait signe aux grenadiers de Brumaire de balayer les écuries politiques.
17 janvier j8^s-
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Lendemain
: VOUEZ qu'il serait très élégant de ma part de faire semblant d'ignorer qu'on a joué pour la première fois, samedi dernier, à l'Odéon, un certain drame intitulé Tour la Couronne, et de vous parler de tout autre chose.
De quoi, voyons ?
Du nouveau Président de la République ?
Je le pourrais. J'ai eu l'honneur de célébrer, en sa compagnie, au Havre, le centenaire de Casimir Delavigne. Lui député, moi délégué de l'Académie, nous figurions, en qualité de a grosses lé-
gumes », dans ces fêtes, et je parierais tout ce que vous voudrez qu'une feuille locale a dû imprimer que nous en rehaussions l'éclat. C'était exact, seulement pour M. Félix Faure, qui est un bel homme et porte bien la toilette.
Je me rappelle que, la veille même de nocre arrivée au Havre, un ministère — personne maintenant ne sait plus lequel — avait été renversé. Au banquet officiel qu'on nous offrit à THôtel de Ville, les discours sévirent, comme vous pensez bien. Le nom de l'auteur des SMesséniennes y fut à peine prononcé, et tout de suite on parla polidque. M. Félix Faure prit la parole et nous entretint de concentration républicaine ou de quelque chose dans ce goût-là. Il s'en acquitta sans doute très bien; mais je n'écoutais pas, je l'avoue, préoccupé que j'étais moi-même d'improviser quelques phrases en l'honneur du poète, à qui personne ne pensait plus.
M. Félix Faure, que j'avais eu, d'ailleurs, le plaisir de rencontrer quelquefois avant ce voyage au Havre, m'a laissé le souvenir d'un fort galant homme, et je ne lui reproche pas du tout d'avoir lâché, dans cette circonstance, le pauvre Delavigne. M. Faure se trouvait en présence de ses électeurs ; il leur devait leur picodn de clichés,