‹ Mon franc-parlerChapitre 10 sur 56 · SAINT FRANÇOIS DASSISE III · texte numérisé non relu

SAINT FRANÇOIS DASSISE III

ouverte de toutes parts, les hirondelles, qui y avaient fait leurs nids, troublaient par leurs cris le recueillement des fidèles. François, levant les yeux, leur dit alors : ce Hirondelles, mes sœurs, laissez-nous célébrer en paix l'office divin. » Aussitôt, elles se turent, et, lorsque la messe fut terminée, François s'adressa pour la deuxième fois aux oiseaux : « Hirondelles, mes sœurs, c'est à votre tour, maintenant, de célébrer la gloire de Dieu. »

« Fables ridicules ! Contes de ma Mère l'Oie! » s'écrie M. Homais, tout bouillant d'une colère voltairienne; et il ordonne à son petit garçon de lui réciter la table de Pythagore, et de lui affirmer énergiquement que deux et deux font quatre, qu'ils font même cinq, quelquefois, par exemple quand il s'agit de préparer la note d'un client.

Hélas! je ne crois pas aux miracles. J'ai cela de commun — et j'en rougis — avec l'odieux pharmacien. Mais je suis profondément désolé de mon scepticisme. Qu'importe, après tout, que saint François d'Assise ait été thaumaturge ou non ! S'il n'eut pas la marque des clous aux pieds et aux mains, ni, sous le sein gauche, la cicatrice du coup de lance, elle était toujours présente de-

vant sa pensée, l'image du Juste mis en croix. La bonté infinie, la pitié universelle inondaient son cœur; il brûlait de l'amour chrétien, le répandait sur toutes les créatures, même sur les animaux, nos humbles frères en souffrances, et il était toujours prêt aux supplices et à la mort, pour confesser sa foi.

Voilà le véritable miracle! Voilà celui que nous pourrions tous accomplir sur nous-mêmes! Mais non, les Stigmates sacrés n'apparaîtront pas sur nos cœurs desséchés par l'égoïsme, sur nos mains qui se ferment et se crispent pour garder un peu d'or, sur nos pieds si peu diligents à courir vers les œuvres de miséricorde! Non, nous ne ferons pas de miracles. Nous ne savons plus apaiser, par de tendres discours, ce loup plein de faim, la Misère, et, dans notre ciel bas et sombre, nous ne savons plus appeler, d'une voix inspirée, le peuple ailé qui plane et qui chante, les divins oiseaux de l'idéal!

Laissons là d'ailleurs le merveilleux.

Voici un excellent livre, la Vie de saint François d'oissise, par M. Paul Sabatier, livre d'érudit et de critique, puisé aux sources les plus certaines, bourré de documents authentiques, livre d'historien, de savant, sur lequel aucun évêque, aucun

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