‹ Mon franc-parlerChapitre 32 sur 56 · CHOSES PARLEMENTAIRES ICI · texte numérisé non relu

CHOSES PARLEMENTAIRES ICI

Pour ma parc, j'approuve absolument, — je ne vous le cache pas, — car je suis pour le clocher au milieu du village, et le « péril clérical » m'est toujours apparu comme une blague électorale. Il faut être bien nigaud pour se laisser persuader qu'aucun gouvernement — même celui de feu Henri V — eût été capable de ramener la société moderne au régime des billets de confession. Mais, chose énorme, on était parvenu à le faire croire aux électeurs, et cela dans des paroisses où il n'y avait pas dix bonnes femmes à la messe, le dimanche, et où les enfants ne remettaient pas les pieds à l'église après leur première communion. Manger du prêtre est aujourd'hui, presque partout, l'unique moyen d'entrer dans la carrière politique, et, comme il répugne aux délicats, nous tenons ici la cause de ce que j'appellerai, en empruntant le mot de Gustave Flaubert, le triomphe du « panmuflisme ».

Or, si j'en crois le discours de M. Spuller et le vote qui l'a suivi, tout cela devrait changer. Quoi ? Plus de dénonciations, plus de sycophantes ! Quoi? Le percepteur pourrait, sans compromettre son avancement, accompagner sa femme aux vêpres, et le receveur de l'enregistrement ne

serai: plus suspect pour avoir confié l'éducation de sa petite fille aux dames du Sacré-Cœur? Je n'ose y croire, et m'adressant à M. le ministre de l'instruction publique, — qu'il m'excuse de le tutoyer, — je lui déclame ce distique, extrait des Faux zMénages, d'Edouard Pailleron :

Non! C'est trop beau! Cela ne peut pas arriver! Ne me fais pas rêver! Ne me fais pas rêver!

Effet imprévu des bombes anarchistes ! Les fonctionnaires enverront désormais, sans trembler, leurs enfants au catéchisme, et de pauvres curés de campagne, en punition de quelques paroles imprudentes, ne seront plus privés de leur mirobolant et somptueux traitement de trois cents écus, — un peu inférieur à celui d'un garçon de bureau.

Certes, il faut nous féliciter, avec tous les gens raisonnables, de cette tendance vers l'apaisement, vers la tolérance. Encore une fois, tous nos compliments à M. Spuller, qui a le renom d'un excellent et très honnête homme. Du reste, les radicaux hurlent comme des brûlés. C'est bon signe.

Cependant, qu'il me soit permis d'admirer, en

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