DE PARIS EN
Je comprends bien que les bibliothèques de Paris puissent être utiles aux lettres; mais, en vérité , telles que les a faites l'impéritie ou la négligence de l'Administration, je ne comprends pas à quoi elles servent, sinon à enfouir et à perdre à la fois le précieux dépôt des connaissances écrites : la bibliothèque du Roi, comme la plus importante par le nombre et le choix des livres et des manuscrits, est aussi la plus riche en désordre, en routine et en abus. Cependant la police matérielle de l'établissement fiiit honneur au concierge et aux porteurs de livrée; on dépose gratis les cannes et para^
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pluies à la porte; on est prié, par une inscription en langue vulgaire , d' essuyer ses pieds au paillasson y^X. des crachoirs, moins rares que les encriers ,< préservent de fréquens outrages le miroir du parquet ciré : là, Diogène n'eût pas été réduit à cracher au visage de quelqu'un.
Les bibliothèques publiques ne sont pas nouvelles dans notre âge d'inventions ; Asinius PoUio en ouvrit une à Rome dans le temps d'Auguste, et Louis IX, au retour des croisades, rassembla dans une salle de la Sainte- Chapelle de Paris une collection d'ouvrages de théologie que les docteurs avaient droit de venir consulter. Dès les premiers siècles du christianisme, les églises possédaient des bibliothèques, c'est-à-dire quelques bibles latines, décrétales des papes et missels, que les fidèles allaient lire à travers une grille de fer. On voit encore dans plusieurs endroits les chaînes et les cadenas qui attachaient le livre d'heures public; cette précaution contre les voleurs ne serait pas aujourd'hui un anachronisme, car les bibliothèques appartiennent certainement à FÉtat, et certains privilégiés s'en partagent à l'envi les lambeaux.